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Delanoë 1 – Royal 0

Anna Borrel | Jeudi 13 Mars 2008 à 07:07 | Lu 12098 fois

Entre les deux tours des municipales, les socialistes continuent de se positionner en vue du Congrès. Et le maire de Paris recolle à la roue de Ségolène Royal…



Côté socialiste, la petite phrase du jour est signée Benoît Hamon : «Le parti se donnera à la force», et la force, selon ce représentant du courant NPS (Nouveau Parti socialiste, avec Henri Emmanuelli), c’est Bertrand Delanoë. En quelques jours, le maire de Paris a marqué des points en vue du Congrès qui se déroulera à l’automne pour désigner le successeur de François Hollande. D’abord parce qu’il s’impose à Paris dès le premier tour. Ensuite parce que, contrairement à Ségolène Royal qui clamait au soir du scrutin qu’il fallait «des alliances partout avec le Modem», Bertrand Delanoë a répondu aux avances du centre parisien par une rebuffade polie.

Alors que, partout ailleurs, le Modem distribue ses reports de voix aux plus offrants, en fonction des alliances tactiques qui lui permettent de glaner un maximum de conseillers municipaux, le maire de la capitale se permet de luxe d’inverser les rôles. Et c’est lui qui consent à Marielle de Sarnez quelques «passerelles» et autres «commissions», sans plus. Henri Emmanuelli, qui a répété aujourd’hui qu’il ne «voit pas l’intérêt d’une alliance avec le Modem» car il juge que ce serait aider François Bayrou dans sa chasse aux voix socialistes, ne peut qu’y être sensible. Mais derrière cette cohérence sur la stratégie d’alliance du PS se cachent peut-être des raisons moins nobles qui pourraient pousser les éléphants du parti à rallier la bannière de Bertrand Delanoë.

Delanöe moins dangereux ?

Car contrairement à Ségolène Royal, le maire de Paris n’a toujours pas officialisé ses ambitions. Se cantonnant à sa campagne municipale, Delanoë ne se fait lyrique que pour évoquer les questions de «péage sur le périphérique», comme ce matin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. Il ne martèle du poing que pour vanter «l’extension du tramway». Lorsqu’il débat avec Françoise de Panafieu, sur Canal+, comme mercredi soir, pas un mot de politique nationale ne lui échappe. Il ne se fend même pas d’une pique bien sentie à son adversaire.
Bref, pour l’instant, il ne dérange personne. Et paraît bien moins dangereux aux ténors de la rue de Solférino que la madone aux 47%. Même si «Bertrand ne laisse pas sa part au chat» pour reprendre l’expression d’un prétendant au trône socialiste, en quatre ans, un Delanoë, ça se démonte, alors qu’une Royal, ça règne.



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