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De Gaulle, le mystère de l’intelligence

Guy Konopnicki - Marianne | Mardi 17 Novembre 2009 à 17:01 | Lu 7208 fois

De Gaulle est revenu au pouvoir grâce aux partisans de l'Algérie Française, et 4 ans plus tard il proposait un référendum sur l'indépendance du pays. Ruse d'un homme? Ruse de l'histoire? Guy Konopnicki revient sur ce pan de l'histoire française à l'occasion de la sortie du livre de l'historien Benjamin Stora.



Revenu au pouvoir en mai 1958, à la faveur des émeutes provoquées par les partisans de l’Algérie Française, le général De Gaulle avait-il déjà l’intention de décoloniser intégralement l’Algérie, en flouant ceux qui scandaient son nom sur le forum d’Alger ?
Espérait-il, au contraire, rétablir l’ordre et maintenir la présence française en Afrique du Nord, avant de réaliser, au bout de quelques années de pouvoir, que la seule issue était la cessation des combats et l’indépendance ? Benjamin Stora tente de résoudre « le mystère De Gaulle », en retraçant l’histoire des quatre années qui séparent son retour au pouvoir de la signature des accords d’Évian.

On ne saurait résoudre un mystère, sans passer par le récit. L’historien est, d’abord, un conteur, la conclusion viendra en son temps. Benjamin Stora emmène donc le lecteur auprès des protagonistes de la guerre. On découvre le premier glissement de la politique gaullienne, en écoutant avec les dirigeants du FLN, réunis à Tunis, l’allocution prononcée par le Général le16 septembre 1959. Il n’est pas encore question de négocier, moins encore de reconnaître les insurgés comme des interlocuteurs, mais De Gaulle prononce ce jour-là un mot-clef. Il envisage l’autodétermination au peuple algérien. Les dirigeants algériens ne mesurent pas tout à fait l’importance de cette déclaration. À Alger, en revanche les leaders «européens » et une grande partie des cadres militaires commencent à s’inquiéter. La légende crédite le général de Gaulle d’une rancœur, à l’encontre des pieds-noirs et des officiers de l’Armée d’Afrique, qui l’avaient accueilli fraîchement en 1943.

Mais en septembre 1959, le président de la République ne pense pas à ces « pieds-noirs », qui approuvaient les lois de Vichy retirant la citoyenneté française aux juifs, ni à ces officiers attentistes, ralliés par force aux Alliés après le débarquement américain, et qui préféraient le général Giraud au chef de la France libre. En 1959, De Gaulle poursuit une guerre engagée par ses prédécesseurs. Il cherche l’issue, et s’il croit encore à la nécessité de vaincre militairement, il est convaincu que la solution est d’ordre politique.
En métropole, la guerre est vécue comme une insupportable contrainte, en ces temps de croissance et de course au bien être.
L’imaginaire colonial ne fait plus recette. Benjamin Stora fait passer les rêves d’une époque, celle de l’électroménager, de Brigitte Bardot, de la Dauphine Renault, du transistor et du camping. En dehors d’une poignée d’intellectuels, les Français n’éprouvent guère de sympathies pour les «rebelles » algériens. Mais ils ont d’autres préoccupations. De Gaulle, d’une certaine façon, leur ressemble. Le monde évolue, à l’aube des années 60. La guerre froide semble s’éloigner, la détente se dessine. La France doit se hisser au rang des grands et l’heure n’est plus aux puissances coloniales.
L’affaire algérienne est un boulet, qui vaut à la France d’être désavouée, non seulement par les Soviétiques, mais aussi par le grand allié américain.

Benjamin Stora suit l’évolution de la pensée gaulliste. Les discours successifs du Général n’en font pas un manipulateur machiavélique cherchant, depuis le premier jour, à se débarrasser de l’encombrante colonie . Les événements modifient sa pensée. Il se penche sur les projets de développement économique et de réformes administratives. Mais tous les plans élaborés dans les ministères parisiens sont inapplicables dans une Algérie déchirée par la violence. Nul ne comprend mieux que De Gaulle que les apparents succès militaires masquent une défaite politique. Et le Général sait, aussi que sa majorité de mai 1958 est une coalition hétérogène. Les mots auto-détermination et peuple algérien ne tardent pas à la faire exploser. Sur le terrain, il ne comptera bientôt que quelques fidèles. La guérilla a laminé les structures sur lesquelles la France s’appuyait pour encadrer les populations musulmanes. Le FLN liquide les partisans du chef nationaliste Messali Hadj et s’impose comme seul interlocuteur. À partir du discours de 1959, les représentants des Européens s’engagent à leur tour dans la sédition. Le député d’Alger Pierre Lagaillarde et le cafetier Joseph Ortiz mènent une première insurrection en janvier 1960. De Gaulle n’affronte plus une rébellion, mais deux.

La communauté internationale s’impatiente. Le GPRA installé à Tunis engrange les reconnaissances. L’ONU demande des comptes à la France.
À Tunis, les dirigeants algériens ont quelque peine à comprendre le but poursuivi par le président de la République. En métropole, l’opposition de gauche, réduite aux communistes et à quelques groupes, accuse le chef de l’État de bluffer pour continuer la guerre. De Gaulle est seul contre tous. Il engage une politique sans être certain de l’aboutissement. Il peut encore croire que l’Algérie sera d’une manière ou d’une autre associée à la France. Et il espère conserver la maîtrise du Sahara, pour ses ressources pétrolières. Et c’est au Sahara que la France fait savoir au monde qu’elle est entrée dans le club fermé des puissances nucléaires.

Un De Gaulle cynique, déjà décidé à tout larguer, sans plus de considération pour les Français d’Algérie ? Benjamin Stora montre, au contraire, un homme d’État tentant de sauver tout ce qui peut l’être. Mais pour sortir du bourbier algérien, le sauveur plébiscité de 1958 est étrangement solitaire un an plus tard. Il n’est pas question de s’appuyer sur les opposants à la guerre d’Algérie. Nikita Krouchtchev a salué le principe d’autodétermination. Les communistes français font leur autocritique, reconnaissent les aspects positifs de la politique gaulliste. De Gaulle les tient à distance. Il continue d’interdire et de réprimer leurs manifestations, même quand elles défendent la légalité républicaine contre les factieux d’Alger. Les généraux se rebellent, la droite complote. Le Général conçoit sa politique algérienne avec un carré de fidèles, formé des anciens compagnons de Londres et d’Alger. Le moment venu, il s’adressera directement au peuple.

De l’esquisse d’une politique de décolonisation à l’indépendance totale et au départ massif des Français d’Algérie, De Gaulle n’a cessé de composer avec le réel. Il ne pensait pas, en 1959, que l’Algérie se définirait comme une république arabe musulmane et qu’elle serait dirigée par un parti unique. Mais en 1962, il ne restait plus grand chose à sauver en Algérie. Et De Gaulle, enfin soulagé du fardeau, songeait essentiellement à préserver la France, en accélérant sa modernisation et en cherchant à rétablir sa place en Europe et dans le monde.

Les passions d’Algérie devaient s’évanouir plus rapidement qu’on ne l’imaginait. Les ferments de radicalisation semés à gauche connurent un éphémère mûrissement en mai 1968. La vieille droite exprima sa rancœur d’Algérie en contribuant, par ses votes d’avril 1969, au départ du général De Gaulle. Le mystère De Gaulle est en fait celui de la France, de ses passions et de ses retournements.

Benjamin Stora
Le mystère De Gaulle.
Son choix pour l’Algérie.
Robert Laffont. 265 pages. 20€




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43.Posté par ksantina le 24/11/2009 10:51

Je rajoute:nous sommes des violations des droits de l'Homme ambulants..J'oubliais;qui avaient l'habitude de se faire servir.
"Francais" en exil dans ce qu'on nous a presentés comme notre pays.Ultime paradoxe.

42.Posté par ksantina le 24/11/2009 02:31

Ben voyons,nous sommes racistes.Donc,les juifs et les chretiens d'Algerie etaient racistes.Ce sont donc des delits ambulants..Que dire alors des propos de De Gaulle,à Peyrefitte,pour les habitants de l'Algerie.Bien sur en off..
Il y en a qui nous appelle des europeens.Ou sont les juifs sefarades?Nous ne sommes pas dignes d'etre appelés des Francais d'Algerie?
Ma mere a vu des appelés faire mine de se torcher le derriere avec le drapeau francai...

41.Posté par ARNAU le 19/11/2009 18:46

Stora qui ne vit que par la vente de ses livres! et de ce fait ne peut nous raconter la véritable histoire de notre pays. Il ne peut écrire ses livres que grâce à la consultation des archives de la France et de l'Algérie, autorisation de consultation qui peut lui être retiré à tout moment.

Si vous voulez connaitre la vraie Histoire de 1830 à 1962 consultez:

'-Histoire de la France en Algérie de Laffon
-L'Islamisme dans la guerre d'Algérie de D...
http://www.museesud.net

40.Posté par ARNAU le 19/11/2009 18:15

Vous citez Stora " l'homme à la main serve"
Je vais vous citer 3 livres:

39.Posté par GUGUS le 19/11/2009 09:05

A Lucien 93
Tout simplement parce qu'ils étaient racistes...ou à tout le moins se pensaient avoir une forme de supériorité sur les algériens d'origine.
Quant à bloup bloup, il n'est pas né celui qui me fera fermer ma gueule selon ses termes..son intolérance associée à l'insulte illustre parfaitement le pourquoi du départ des pieds noirs d'algérie...De plus qui se souvient des dires des rappelés d'algérie qui venaient nous raconter à leur retou...

38.Posté par Lucien93 le 18/11/2009 21:42

A bloupbloup et kasantina
Peuvent-ils nous expliquer pourquoi les européens d'Algérie ont systématiquement refusés les réformes donnant les mêmes droits qu'eux aux algériens musulmans. La dernière tentative (timide) étant celle de Guy Mollet qui s'est terminée sous les tomates et un enterrement de première classe en 1956 !

37.Posté par bloupbloup le 18/11/2009 17:52

@ GUGUS : ta gueule sac à merde va éponger la bibine qui te sort par les trous de la peau
qu'est ce que tu fous sur Marianne.fr ? tu ignores que Philippe Cohen est pied-noir, que je suis fille de pied-noir, petite-fille de pied-noir et arrière-petite-fille de pied-noir et même pas gauloise ce dont je suis fière à tout jamais quand je te lis étaler ta haine parfumée au pinard rance
tiens en passant Delanoë est pied-noir, Strauss-Kahn aussi et p...
http://corylus.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11/17/o-rage-o-desespoir-a-gauche.html#more

36.Posté par jack le 18/11/2009 16:10

à donas.Tout à fait d'accord.La décision d'autoriser le regroupement familial était du Chirac pur:démago et fait sans la moindre préparation.
Avant Giscard-Chirac les immigrés venaient travailler en France,envoyaient une partie de leurs économie dans leur pays et ouvraient une épicerie dans leur village d'origine à la fin de leur contrat de travail.
Le regroupement familial a transformé une immigration temporaire de travail en colonie de peupl...

35.Posté par Pandorane le 18/11/2009 15:15

20.Posté par ksantina
du calme petit, justement, il est un point sur lequel Benjamin Stora, qui je vous le rappelle quand même sillonne entre Alger et la France jusqu'à nos jours, met en avant combien l'histoire est perpétuellement enseignée de manière rétrograde... je vous rappelle que l'arabisation de l'Algérie semé la cacophonie dans les universités, les jeunes n'avaient plus de repères, que ce soit dans la langue que dans l'histoire qu'on ...

34.Posté par GUGUS le 18/11/2009 15:01

A 33 bloupbloup
Si vous parliez comme cela aux algériens, pas étonnant qu'ils vous ont prié de faire votre valise..., je persiste et signe vous n'avez toujours rien compris.
Quant à mon pédigree. Il remonte au moins à 1600 et des poussières en Bretagne...Les pieds noirs je ne les connais pas, sauf que figurez vous mes parents en ont accueilli pendant un mois gracieusement en notre domicile en 1962..Ils venaient d'Oran et ne savaient pas ou all...

33.Posté par bloupbloup le 18/11/2009 14:53

@ GUGUS
Pauvre débris, t'as plus de chez toi. T'es qui pour parler de chez toi, montre nous ton pedigree.
Bouffon, qu'est-ce que tu sais des pieds-noirs ? RIEN. T'es un pov' blaireau dégénéré consanguin. Que la lèpre te bouffe les couilles.
http://corylus.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11/17/o-rage-o-desespoir-a-gauche.html#more

32.Posté par GUGUS le 18/11/2009 14:53

A 31 Ksantina
Dans tout conflit ce sont toujours les"petits" qui paient la note....les autres avaient déjà rappatrié leurs capitaux et comptes bancaires préalablement à l'issue à venir...Ce qui est tragique c'est que les "petit" ont continué à défendre jusqu'au bout les exploiteurs à l'origine du désastre.
C'est cet esprit d'exploitation qui s'est imposé petit à petit dans le pays après 1962 et à la société d'économie myxte a substitué le modè...

31.Posté par ksantina le 18/11/2009 14:16

Ma mere exploitait les musulmans en tant que simple employé à la Secu de Constantine.
Merci aussi pour ce t'argument t::l'exploitation qui decèle un cliché qui a la vie dure..Le systeme etait injuste,mais De Gaulle en refusant ll'integration a completement raté le passage à l'independance.
Un bon francais a toujours raison...Et nous,nous ne sommes pas dignes d'etre un vrai francais comme vous..Vous avez qu'à nous enlever notre nationalité fran...

30.Posté par GUGUS le 18/11/2009 14:01

A 28 bloupbloup
Je ne me casserai pas je suis encore chez moi...et sur le fait d'être raciste excusez moi, moi je n'ai jamais exploité les algériens chez eux...c'est peut être cela la cause orginaire de vos maux mais manifestement il ne vous est pas venu à l'idée de vous poser cette question et de vous remettre en cause.
Quant au changement des mentalités en France basées sur le respect, l'entraide et la solidarité, je persiste et signe..çà a ...

29.Posté par donas le 18/11/2009 13:35

@26 jack
Vous oubliez le principal artisan de la surabondance de l'immigration Maghrèbine en France à savoir Chirac qui autorisé le regroupement familial.

28.Posté par bloupbloup le 18/11/2009 13:10

@ Jack (26) : Merci

@ GUGUS : casse toi pov'connard fin de race et raciste



http://corylus.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11/17/o-rage-o-desespoir-a-gauche.html#more

27.Posté par donas le 18/11/2009 12:24

Il s'est dit aussi à propos de cette guerre d'Algérie que ce qui a convaincu De gaulle de la nécéssité pour la France d'accorder l'indépendance à ce pays est que des études sérieuses fondées sur l'éventuelle résolution optimiste du problème Algérien, prévoyaient qu'alors pourrait se faire un afflux massif et rapide de l'ordre de 10 Millions de personnes, d'immigration magrhèbine en France.

26.Posté par jack le 18/11/2009 12:16

j'ai toujours admiré de Gaulle,mais j'avoue que la façon dont il a traité les pieds noirs et les harkis qui ontr cru à la parole de la France est une honte.
Mais ses successeurs ont été des lâches.Au lieu de sanctionner l'Algérie pour avoir traité les Français de façon scandaleuse Pompidou a laissé venir des Algériens pour faire plaisir au patronat qui voulait faire baisser les salaires.Mitterrand a ouvert très largement les vannes et a en plu...

25.Posté par ksantina le 18/11/2009 12:05

D'accord pour le fait historique.Mais,on ne peut pas enlever la memoire à des gens.
Je suis desolé:les mediteraneens de toutes confessions ont l'habitude de palabrer.

24.Posté par ksantina le 18/11/2009 12:01

Je vous rassure encore 80 pour cent des miens au depart ont du sang etranger dans les veines.
Vous voyez quand vous dites ramené,vous etes completement à coté de la plaque.
Mais comme vous etes un bon francais,un humaniste,je ne peux que m'incliner...

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