«Dassault est inéligible, vive Dassault !»
Mercredi 9 Septembre 2009 à 07:01 | Lu 6213 fois I 16 commentaire(s)
Laureline Dupont - Marianne
C'est confirmé, Dassault ne pourra pas se présenter aux municipales partielles de Corbeil le 27 septembre prochain. La justice a tranché. Et si les électeurs n'en avaient que faire ?
Lundi 7 septembre, le Conseil d'Etat a rejeté la requête en révision déposée par Serge Dassault contre son inéligibilité suite à l'annulation des municipales à Corbeil-Essonnes. L'ex-maire de la ville va donc devoir se contenter de tirer les ficelles de sa marionnette à visage humain : Jean-Pierre Bechter, fidèle parmi les fidèles, 43e sur la précédente liste, et strictement inconnu du grand public. La tactique du pantin est connue et ne fait plus débat depuis que Mégret l'a remise au goût du jour en plaçant sa femme à la tête de la mairie de Vitrolles. Dassault peut donc sans crainte imposer son candidat, nommer la nouvelle liste « Les amis de Serge Dassault » et goûter le camembert du coin comme un candidat en campagne. La question n'est pas là.
Le cas Corbeil mérite d'être analysé à la lumière des élections municipales partielles passées. Le 21 juin dernier, Jean-Paul Alduy est réélu de manière triomphale à la mairie de Perpignan. Quelques mois plus tôt, l'épisode de la « fraude à la chaussette » dénoncé par l'opposition avait engendré l'annulation des élections. Cette annulation, sans consultation préalable de l'électorat, ne serait-elle pas finalement la marque d'une négation catégorique du vote populaire ? En reconduisant le candidat déchu, le peuple bafoué réaffirmerait donc une forme de souveraineté que la justice ignore en prenant seule ses décisions.
Plusieurs épisodes précédents semblent confirmer cette hypothèse et faire, en quelque sorte, jurisprudence politique. Patrick Balkany, actuel maire de Levallois-Perret déclaré inéligible en 1996 pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois de ces employés de maison, a lui aussi été réélu sans difficultés. Pourtant, l'épisode aurait pu titiller un peu l'opinion ou en tout cas, les habitants de la ville, qui, sans le savoir, ont financé pendant 10 ans (1985-1995) le repassage des chemises amidonnées de monsieur le maire. Mais il n'en est rien.
Remettre en cause l'élu du peuple est perçu comme une atteinte à son autorité. Et si, en votant pour l'élu condamné ou ceux qui le remplacent, il s'agissait de reconquérir cette suprématie perdue ? En partant de ce postulat, la réélection de Dassault - enfin, de sa liste - est plus que vraisemblable. Après tout, sa seule faute est d'avoir fait preuve d'une trop grande générosité à un moment inopportun. A côté de Balkany, Dassault fait presque figure de bienfaiteur. Une raison de plus pour l'électorat de voter « Les amis de Dassault ».
Le cas Corbeil mérite d'être analysé à la lumière des élections municipales partielles passées. Le 21 juin dernier, Jean-Paul Alduy est réélu de manière triomphale à la mairie de Perpignan. Quelques mois plus tôt, l'épisode de la « fraude à la chaussette » dénoncé par l'opposition avait engendré l'annulation des élections. Cette annulation, sans consultation préalable de l'électorat, ne serait-elle pas finalement la marque d'une négation catégorique du vote populaire ? En reconduisant le candidat déchu, le peuple bafoué réaffirmerait donc une forme de souveraineté que la justice ignore en prenant seule ses décisions.
Plusieurs épisodes précédents semblent confirmer cette hypothèse et faire, en quelque sorte, jurisprudence politique. Patrick Balkany, actuel maire de Levallois-Perret déclaré inéligible en 1996 pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois de ces employés de maison, a lui aussi été réélu sans difficultés. Pourtant, l'épisode aurait pu titiller un peu l'opinion ou en tout cas, les habitants de la ville, qui, sans le savoir, ont financé pendant 10 ans (1985-1995) le repassage des chemises amidonnées de monsieur le maire. Mais il n'en est rien.
Remettre en cause l'élu du peuple est perçu comme une atteinte à son autorité. Et si, en votant pour l'élu condamné ou ceux qui le remplacent, il s'agissait de reconquérir cette suprématie perdue ? En partant de ce postulat, la réélection de Dassault - enfin, de sa liste - est plus que vraisemblable. Après tout, sa seule faute est d'avoir fait preuve d'une trop grande générosité à un moment inopportun. A côté de Balkany, Dassault fait presque figure de bienfaiteur. Une raison de plus pour l'électorat de voter « Les amis de Dassault ».
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