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Dassault, Pfimlin : la campagne 2012 se met en place...

Lundi 27 Septembre 2010 à 14:01 | Lu 11921 fois I 49 commentaire(s)

Maurice Szafran - Marianne

Serge Dassault donné favori pour reprendre le Parisien. Médiapart ciblé par le nouveau président de France Télévisions, Rémy Pfimlin… Tout se passe comme si le Président voulait pour de bon verrouiller l'espace médiatique en vue de la campagne présidentielle.


(Dessin : Louison)
(Dessin : Louison)

Dassault et Le Parisien

On pourrait considérer qu’en économie de marché, en système a priori libéral, cela ne nous regarde pas. En effet, de quoi s’agit-il ? Un industriel de presse -Mme Amaury en l’occurrence- a décidé de se délester d’un de ses titres, Le Parisien - Aujourd’hui en France. Elle en veut 200 millions d’euros ; elle en obtiendra sans doute 150, c’est le jeu. Un autre industriel de presse -l’avionneur Serge Dassault, par ailleurs propriétaire du Figaro- s’est quasi-officiellement déclaré candidat. Il a ô combien les moyens et envisage déjà des « synergies », un mot magique pour éviter l’autre, le gros mot, économies.

Donc, une opération privée entre entrepreneurs privés (sans la moindre intervention financière de l’État, pour une fois…) autorisée, qui plus est, par la loi, puisque Serge Dassault ne serait pas en position de monopole. Et voilà qu’une nouvelle fois, les journalistes, ces mauvais coucheurs, ces empêcheurs de faire de (bonnes ou de mauvaises) affaires en rond, ne dissimulent pas leur inquiétude : Serge Dassault, surnommé Papy Dassault, 85 ans, fait peur. Et la Société des Journalistes du Parisien ne l’a pas dissimulé : « le titre ne peut pas être au service d’un homme, d’un clan, d’une entreprise ou d’un parti politique ». Alors, décryptons :

Un homme ? Plus précisément, deux. Serge Dassault, sénateur UMP de l’Essonne et perpétuel candidat à la mairie de Corbeil et … Nicolas Sarkozy en personne. Pour se convaincre du lien de dépendance entre eux, il suffit de lire les éditoriaux d’Etienne Mougeotte, le directeur du Figaro. Le style Pravda…

Un clan ? La Sarkozie, cela va de soi.

Une entreprise ? Dassault Aviation, laquelle a besoin d’exercer une pression maximale sur l’État français -quels qu’en soient les dirigeants- pour obtenir des marchés.

Un parti politique ? L’UMP, inutile d’insister. Soyons précis, évitons tout détour superflu : Le Parisien est un journal important dans le paysage médiatico-politique français. Important parce qu’il est lu par des milieux socioculturels différents ; important parce qu’il incarne une presse populaire de qualité ; important parce qu’il s’est révélé un excellent capteur de l’air du temps.

Pour toutes ces raisons -et pour quelques autres- Le Parisien-Aujourd’hui ne peut pas, ne doit pas tomber dans l’escarcelle de Serge Dassault. La presse indépendante doit donc se mobiliser. Comment ? Nous essayerons, à notre modeste place, d’apporter une série de réponses dans les jours et les semaines qui viennent.

Rémy Pfimlin et Médiapart

En nommant Rémy Pfimlin pour présider France Télévisions à la place de Patrick de Carolis, Nicolas Sarkozy a fait le bon choix à moins de deux ans de l’élection présidentielle : ce Pfimlin a décidément les bons réflexes, notamment celui de ne pas supporter les rédactions qui sortent des affaires, ces maudites affaires qui dérangent les puissants. Ainsi s’engouffrant dans le sillage de l’exquise Mme Morano, le PDG de France Télévisions s’en est-il pris à nos confrères de Médiapart, les accusant de « manipulation » (pas moins ! ) dans l’affaire Woerth-Bettencourt-Barnier. Il aurait d’ailleurs pu associer Libération, Le Journal du Dimanche, Le Point ou … Marianne, les journaux qui, avec Médiapart, se sont autorisés quelques révélations sur ce scandale d’État. Rémy Pfimlin est certes un homme sûr -ça, nous l’avons vite compris- mais un piètre tacticien : il aurait mieux fait de la fermer. « Tenir » les rédactions, c’est bien, du moins en Sarkozie ; dénoncer celles qui sont libres, voilà qui donne mauvais genre, si peu de temps après l’auguste désignation.

Depuis, Rémy Pfimlin s’est confondu en excuses et en explications confuses. Nous attendons, non sans impatience, les commentaires de notre confrère, Thierry Thuillier, le numéro de l’information à France Télévisions ? Pour notre part, nous avions remarqué avec bonheur que les rédactions de France 2 et France 3 avaient relayé sans aucune hésitation nos révélations sur le scandale Bettencourt ainsi que celles de Mediapart. C’était avant l’arrivée de Rémy Pfimlin. Et maintenant ?








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