Darcos: les régionales, il s'en fout
Vendredi 29 Janvier 2010 à 17:01 | Lu 16284 fois I 47 commentaire(s)
Laureline Dupont - Marianne
Darcos veut-il gagner les régionales ? Rien n’est moins sûr. Invité hier à Sciences Po Bordeaux, le ministre du Travail a laissé son adversaire et président sortant de la région Aquitaine, Alain Rousset, mener le débat comme bon lui semblait.
Sur Twitter, Xavier Darcos tente de sauver les meubles. Son dernier tweet posté à 22h se veut catégorique : « Si on écoute Alain Rousset, il a déjà tout fait pour l'Aquitaine, je ne le crois pas, et les Aquitains non plus ! », un ton protestataire qui surgit avec 3 heures de retard.
A 17 h, le 28 janvier, le ministre du Travail, tête de liste UMP en Aquitaine pour les régionales, participait à un débat organisé par Sciences Po Bordeaux et le journal Sud Ouest. Confronté à Alain Rousset, candidat PS et président sortant, Xavier Darcos a presque réussi l’exploit de faire oublier aux plus avisés la raison de sa présence à Bordeaux. Enfoncé dans son siège, le regard perdu dans le vague, le ministre nonchalant ressemblait davantage à un observateur distrait qu’à un candidat désireux de gagner des élections.
Il faut dire que tout avait mal commencé… A peine les candidats installés, l’animateur du débat leur annonce que le choix du premier intervenant se joue à pile ou face. Rousset l’emporte et Darcos se voit contraint d’écouter son adversaire -et président de l’Aquitaine depuis 12 ans- déballer son bilan et ses connaissances sur la région. La première question était pourtant attendue : « Citez deux raisons qui justifient votre candidature aux régionales ».
Xavier Darcos aurait pu profiter du voyage Paris-Bordeaux pour préparer un laïus un peu convainquant, à défaut d’être convaincu. Mais loin de chercher à faire preuve d’audace ou de persévérance, Darcos, pusillanime, se contente d’une réponse simple : « Pour la même raison que Monsieur Rousset […] Et sur le plan personnel, je suis un Aquitain de souche, donc je suis attaché à ce territoire ».
A 17 h, le 28 janvier, le ministre du Travail, tête de liste UMP en Aquitaine pour les régionales, participait à un débat organisé par Sciences Po Bordeaux et le journal Sud Ouest. Confronté à Alain Rousset, candidat PS et président sortant, Xavier Darcos a presque réussi l’exploit de faire oublier aux plus avisés la raison de sa présence à Bordeaux. Enfoncé dans son siège, le regard perdu dans le vague, le ministre nonchalant ressemblait davantage à un observateur distrait qu’à un candidat désireux de gagner des élections.
Il faut dire que tout avait mal commencé… A peine les candidats installés, l’animateur du débat leur annonce que le choix du premier intervenant se joue à pile ou face. Rousset l’emporte et Darcos se voit contraint d’écouter son adversaire -et président de l’Aquitaine depuis 12 ans- déballer son bilan et ses connaissances sur la région. La première question était pourtant attendue : « Citez deux raisons qui justifient votre candidature aux régionales ».
Xavier Darcos aurait pu profiter du voyage Paris-Bordeaux pour préparer un laïus un peu convainquant, à défaut d’être convaincu. Mais loin de chercher à faire preuve d’audace ou de persévérance, Darcos, pusillanime, se contente d’une réponse simple : « Pour la même raison que Monsieur Rousset […] Et sur le plan personnel, je suis un Aquitain de souche, donc je suis attaché à ce territoire ».
« T’es pas trop rentré dans les dossiers »
Jouer la carte de l’ancrage local paraît peu habile. Certes Xavier Darcos a fait ses études à Bordeaux mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Il a perdu la mairie de Périgueux en 2008. Elu conseiller régional en Aquitaine en 2004, il a surtout brillé par son absence. François Deluga, député de la Gironde, a récemment qualifié sa présence au conseil régional de « présence éclair ». Bref, l’ancrage local du ministre tend à s’effriter sérieusement au fil des années.
Et il n’en faut pas plus à Alain Rousset. Déterminé à faire passer Darcos pour un parachuté, le président sortant lui offre un document de l’Insee sur le bilan de la région durant les dix dernières années. Avec en prime un petit commentaire bien senti : « Cela lui sera très utile pendant la campagne ». La salle applaudit, Darcos sourit mollement et se défend : « Je ne veux pas faire un débat d'apothicaire sur les chiffres ».
Mais Alain Rousset semble bien décidé à débattre. Vient le moment d’évoquer les grands dossiers de la région. Offensif, le candidat PS apostrophe son adversaire qui s’enlise de réponse en réponse : « T’es pas trop rentré dans les dossiers ». La réplique de Darcos sonne comme un aveu : « Je les connais… En plus, je suis obligé de les potasser ».
Et il n’en faut pas plus à Alain Rousset. Déterminé à faire passer Darcos pour un parachuté, le président sortant lui offre un document de l’Insee sur le bilan de la région durant les dix dernières années. Avec en prime un petit commentaire bien senti : « Cela lui sera très utile pendant la campagne ». La salle applaudit, Darcos sourit mollement et se défend : « Je ne veux pas faire un débat d'apothicaire sur les chiffres ».
Mais Alain Rousset semble bien décidé à débattre. Vient le moment d’évoquer les grands dossiers de la région. Offensif, le candidat PS apostrophe son adversaire qui s’enlise de réponse en réponse : « T’es pas trop rentré dans les dossiers ». La réplique de Darcos sonne comme un aveu : « Je les connais… En plus, je suis obligé de les potasser ».
Darcos sans projet
Loin de Paris et de son ministère, l’Aquitaine ne semble pas inspirer Xavier Darcos. En bon petit soldat, le ministre du Travail a accepté, bon gré mal gré, de conduire la liste UMP pour les régionales. Mais aujourd’hui, dans l’amphi plein à craquer, le candidat forcé ne semble même plus se donner la peine de cacher son indifférence face à des élections éloignées de ces priorités actuelles. Les dossiers, il ne les maîtrise pas. Pas assez pour attaquer le président sortant sur son bilan, et encore moins pour formuler ne serait-ce que l’ombre d’une proposition. Alors, il subit et laisse Alain Rousset mener le débat.
Au bout de deux heures, un étudiant de Sciences Po fraîchement débarqué sur l’estrade pose la question fatale : « Quel sera votre premier projet culturel si vous êtes élu ? » Comme ça, ça n’a l’air de rien. Pourtant Xavier Darcos hésite, jette des regards mi-affolés mi-amusés à son staff assis en rang d’oignon devant lui. La salle se marre et finalement, pris en flagrant délit d’inaptitude, Darcos avoue : « C’est une question que je n’avais pas prévue je dois dire… » Puis, dans un dernier élan, il formule cette proposition sibylline : « Je pense qu’un grand réseau à partir des lieux de culture que sont les musées serait un projet intéressant »…
Selon le sondage post-débat réalisé par le journal Sud Ouest et publié sur Twitter, seuls 37% des personnes présentes ce soir se sont déclarés convaincus par le candidat UMP. Darcos n’a donc pas de soucis à se faire, il ne semble pas prêt de gagner.
Au bout de deux heures, un étudiant de Sciences Po fraîchement débarqué sur l’estrade pose la question fatale : « Quel sera votre premier projet culturel si vous êtes élu ? » Comme ça, ça n’a l’air de rien. Pourtant Xavier Darcos hésite, jette des regards mi-affolés mi-amusés à son staff assis en rang d’oignon devant lui. La salle se marre et finalement, pris en flagrant délit d’inaptitude, Darcos avoue : « C’est une question que je n’avais pas prévue je dois dire… » Puis, dans un dernier élan, il formule cette proposition sibylline : « Je pense qu’un grand réseau à partir des lieux de culture que sont les musées serait un projet intéressant »…
Selon le sondage post-débat réalisé par le journal Sud Ouest et publié sur Twitter, seuls 37% des personnes présentes ce soir se sont déclarés convaincus par le candidat UMP. Darcos n’a donc pas de soucis à se faire, il ne semble pas prêt de gagner.
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