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Darcos : les Français sont déprimés. Et l'UMP en pleine forme?

Lucie Soullier - Marianne | Lundi 15 Mars 2010 à 11:01 | Lu 11893 fois

L'UMP s'enferme dans la langue de bois en refusant d'associer l'échec des régionales à la politique du gouvernement. Pour la majorité présidentielle, l'abstention n'est pas une sanction. Un discours martelé depuis dimanche soir mais qui a bien du mal à passer...



« Waterloo », « débandade », « claque », « branlée »…Les médias sont unanimes : l’UMP est le grand perdant du premier tour des élections régionales. Plus que le parti, c’est le gouvernement au pouvoir et, surtout, le Président Sarkozy qui sont sanctionnés par le vide des urnes.

Mais côté UMP, il n’est pas question d’accepter l’idée d’une abstention-sanction contre la politique du gouvernement. Le Premier ministre François Fillon a donné le la hier soir : « la faible participation ne permet pas de tirer de conséquences nationales ». Et, depuis, l’orchestre suit son chef dans une complainte revisitant les résultats sous l’autel de la mauvaise foi.

Ainsi, Xavier Bertrand, leader de l’UMP, se demande « il est où le vote sanction quand un Français sur deux n'a pas été voter ? ». Xavier Darcos, ministre du Travail et tête de liste dans l’Aquitaine, confirme sur France Info ce matin que « quand on veut sanctionner on vote contre on ne reste pas chez soi ». Brice Hortefeux voit même dans l’abstention une preuve « qu'il n'y a pas de vote sanction contre le gouvernement ». Quant à Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’emploi, il n’observe qu'« un seul vainqueur par KO, l'abstention ». Et la liste est longue …Avec une rhétorique commune : minimiser l’échec en pointant du doigt l’abstention.

De l'abstention-sanction à l'abstention-dépression

Mais, derrière le discours, l’UMP a la gueule de bois. Dans son discours, François Fillon appelle les abstentionnistes à revenir dans les rangs de la majorité présidentielle…L’abstention est donc bien perçue comme étant marquée à droite. Or, à défaut d'une étude spécifique, on sent bien, dans les commentaires des internautes qu'au contraire de ce que prétendent les caciques de l'UMP, l'opposition possède des réserves de voix parmi les abstentionnistes. Sous la langue de bois, des rapprochements se font entre la baisse de popularité du Président Sarkozy et l’échec des régionales: «16 millions d’électeurs qui avaient voté aux présidentielles de 2007 ne se sont pas déplacés » pour le premier tour des régionales, souligne Luc Chatel. La personnalité du Président Sarkozy ne suffit plus à mobiliser l’électorat de droite. Et les Umpistes paraissent orphelins.

Certes, Le discours est rôdé. Tous entonnent d’une même voix le couplet d’un scrutin sans conséquence nationale, d'un résultat qui ne peut pas être un échec puisque que plus de la moitié des Français ne se sont pas exprimés. Mais lorsque Xavier Darcos, ce matin sur France Info, dépeint des électeurs « démoralisés, un peu déprimés et qui doivent retrouver une santé après la période très difficile qu’il viennent de vivre », on ne peut s’empêcher de se demander qui est vraiment déprimé…les Français ou l’UMP ?



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