Dans six mois la fin de la crise? Ce n'est pas plutôt trois ans?
Alors que Sarkozy affirme que nous sommes au milieu du gué, les propos des dirigeants des institutions financières, comme Dominique Strauss-Kahn ou René Ricol, sont beaucoup plus anxiogènes.
« Nous sommes au milieu de la crise », évaluait très solennellement Nicolas Sarkozy mercredi soir en annonçant quelques poignées d'euros jetés sur les victimes de la crise. Dominique Strauss Kahn n'a pas du tout le même calendrier que le président français : « L'année 2009 est largement jouée et elle sera très mauvaise. »
Interrogé par le quotidien Les Echos du 19 décembre, le patron du FMI en visite en France s'inquiétait que les « plans de relance budgétaire patinent dans le vide. » La faute à qui ? Aux bilans des banques, pas encore assainis, qui recèlent toujours des actifs toxiques : 1000 milliards dans le monde il y a un an, 1400 en octobre, 2200 en janvier. Les créances nocives n'ont pas totalement disparu et les pommes pourries continuent de gâter le panier. DSK n'y va pas par quatre chemins : « un effet second tour est possible. »
Le médiateur du crédit relativise les bénéfices des banques
Pour le chef du FMI, pas de secret : il faut « assainir ». En clair, éplucher des tonnes de bilans bancaires pour purger les titres vérolés et établir le compte des fonds réels. Après quoi, DSK encourage à faire repartir la machine du crédit. « Le mouvement [des plans de relance] est positif mais la mise en oeuvre reste parfois poussive », critique-t-il.
Un point de vue bien différent de l'indolence présidentielle pourtant relayé par René Ricol, médiateur du crédit : « les banquiers ont acheté des produits qui étaient dangereux, expliquait-il sur France Info jeudi 19 février. Faire aujourd'hui 2 milliards ou 3 milliards de profits ne veut pas dire que le risque disparait. » En clair : les bilans mirobolants du Crédit agricole et de la BNP ne les mettent pas à l'abri des actifs toxiques enfermés dans leurs coffres. « Peut-être qu'on se dira dans trois ans, quand on sera sorti de cette période, que finalement on a été trop prudent », concède-t-il.
Trois ans pour en sortir ? On est loin des estimations sarkozyenne qui voyait la crise s'éteindre à l'été ! Sur les 320 milliards d'euros du plan de refinancement des banques d'octobre dernier, seuls 30 milliards ont été sollicités. Depuis, Sarkozy agit comme si la crise financière n'existait plus qu'ailleurs, dans les poches de Madoff ou dans le budget japonais. Pendant ce temps, le conseil des ministres allemands a adopté une loi pour pouvoir nationaliser ses établissements financiers, notamment Hypo Real Estate, proche de la faillite.
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter