Daniel Bloch: «80% des élèves au bac, ce n'est pas assez, il en faut 100%»
Mercredi 9 Juin 2010 à 11:01 | Lu 10192 fois I 73 commentaire(s)
Propos recueillis par Anna Topaloff
Figure du monde de l’éducation, le théoricien des «80% d'une classe d'âge au bac» considère toujours que son idée était la bonne. Pour lui, ce n'est pas le bac qui s'est dévalorisé, c'est la société qui a changé. Si, si.
Ingénieur, physicien, l'ancien recteur de l'académie de Reims Daniel Bloch s’est rendu célèbre en lançant l’objectif « 80% d’une classe d’âge au bac » alors qu’il était président du Haut Comité Education-Economie. Si cette politique est aujourd’hui largement remise en cause, son instigateur, lui, persiste, signe… et va même plus loin. Dans son dernier livre, Ecole et démocratie, pour remettre en route l’ascenseur économique et social (Presses Universitaires de Grenoble), il envisage d’amener « 100 % d’une classe d’âge au bac »!
Marianne2 : Cet objectif de « 100 % d’une classe d’âge au bac », c’est de la provocation ?
Daniel Bloch: Pas du tout. Je vous rappelle que l’objectif de « 80% d’une classe d’âge au bac », que j’ai lancé en en 1985, devait être atteint en l’an 2000. Nous sommes aujourd’hui en 2010 : il est temps de se fixer de nouveaux objectifs ! Je vous concède qu’il s’agit plus d’un slogan que d’un but : je sais bien que l’on n’arrivera jamais à 100%. Le message est surtout : il faut faire mieux et on peut le faire.
Mais à quoi ça sert d’amener le plus d’élèves possible au bac si le diplôme vaut de moins en moins ?
Contrairement à vous, je ne suis pas du tout d’accord avec ceux qui dénoncent une soi-disant dévalorisation du Bac. Car tout dépend ce que l’on considère comme la « valeur » de ce diplôme. Si l’on regarde les connaissances en elles-mêmes, on constate que le niveau d’exigence a considérablement augmenté. Un bachelier d’aujourd’hui en sait beaucoup plus sur le monde qu’il y a 100 ans. Il est bien meilleur en langue par exemple. Et en Histoire : autrefois, il lui suffisait de connaître toute une série de dates pour avoir une bonne note à l’épreuve. Aujourd’hui, on lui demande d’avoir compris leur signification, ce qui est plus difficile.
Quand on parle de dévalorisation du bac on évoque surtout le fait qu’il ne suffit plus pour décrocher un emploi… Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’y avoir contribué ?
Que cela n’a rien à voir avec l’augmentation du nombre de bacheliers ! Ce n’est pas le diplôme qui a perdu de sa valeur mais la société qui s’est complexifiée. S’il y a de moins en moins de travail pour les non-qualifiés, c’est parce que les métiers se sont perfectionnés. Par exemple, si les métiers de la mécanique nécessitent aujourd’hui d’avoir un diplôme, c’est avant tout parce que la mécanique elle-même s’est complexifiée. Pour réduire le chômage, il faut donc augmenter le nombre de diplômés.
Marianne2 : Cet objectif de « 100 % d’une classe d’âge au bac », c’est de la provocation ?
Daniel Bloch: Pas du tout. Je vous rappelle que l’objectif de « 80% d’une classe d’âge au bac », que j’ai lancé en en 1985, devait être atteint en l’an 2000. Nous sommes aujourd’hui en 2010 : il est temps de se fixer de nouveaux objectifs ! Je vous concède qu’il s’agit plus d’un slogan que d’un but : je sais bien que l’on n’arrivera jamais à 100%. Le message est surtout : il faut faire mieux et on peut le faire.
Mais à quoi ça sert d’amener le plus d’élèves possible au bac si le diplôme vaut de moins en moins ?
Contrairement à vous, je ne suis pas du tout d’accord avec ceux qui dénoncent une soi-disant dévalorisation du Bac. Car tout dépend ce que l’on considère comme la « valeur » de ce diplôme. Si l’on regarde les connaissances en elles-mêmes, on constate que le niveau d’exigence a considérablement augmenté. Un bachelier d’aujourd’hui en sait beaucoup plus sur le monde qu’il y a 100 ans. Il est bien meilleur en langue par exemple. Et en Histoire : autrefois, il lui suffisait de connaître toute une série de dates pour avoir une bonne note à l’épreuve. Aujourd’hui, on lui demande d’avoir compris leur signification, ce qui est plus difficile.
Quand on parle de dévalorisation du bac on évoque surtout le fait qu’il ne suffit plus pour décrocher un emploi… Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’y avoir contribué ?
Que cela n’a rien à voir avec l’augmentation du nombre de bacheliers ! Ce n’est pas le diplôme qui a perdu de sa valeur mais la société qui s’est complexifiée. S’il y a de moins en moins de travail pour les non-qualifiés, c’est parce que les métiers se sont perfectionnés. Par exemple, si les métiers de la mécanique nécessitent aujourd’hui d’avoir un diplôme, c’est avant tout parce que la mécanique elle-même s’est complexifiée. Pour réduire le chômage, il faut donc augmenter le nombre de diplômés.
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