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DSK sur RTL, trois vérités, un demi mensonge…

Jeudi 4 Février 2010 à 14:01 | Lu 26728 fois I 138 commentaire(s)

Emmanuel Lévy- Marianne

Invité ce matin de Jean-Michel Aphatie sur RTL, Dominique Strauss-Khan a dû une nouvelle fois jongler avec sa tentation de l’Elysée et le confort de son poste de président du FMI.


Bien sûr, il n’a rien dit sur ses intentions présidentielles. « Préservant l’avenir », comme disent les commentateurs politiques, alors même qu’un récent sondage Ifop, le donne comme le meilleur candidat du PS pour la présidentielle de 2012 pour 23% des Français, devant Martine Aubry. Ce qui n'empêche pas son entourage de s'inquiéter de la remontée de Martine Aubry dans les sondages et de lui suggérer d'annoncer ses intentions dès l'été prochain.
DSK ne s’est d'ailleurs pas privé de tacler Nicolas Sarkozy comme s'il entendait montrer qu'il serait le meilleur de ses challengers. Cette fois ci, les coups étaient moins retenus que d’ordinaire. Copenhague, « un échec ». La crise ? « Non, elle n’est pas finie ». Deux des trois vérités que le président du FMI a distillé durant cette longue interview, pour seulement un demi petit mensonge.

Vérité 1 : Non, la crise n’est pas finie.
Alors que le chœur des optimistes donne de la voix pour célébrer la fin de la crise, le Président du FMI les a violemment contredits. « Le chômage est toujours là, et le chômage va continuer à augmenter surtout en Europe. Il y a toujours un décalage entre le retour de la croissance et la baisse du chômage, environ un an. » DSK, l’économiste, veut montrer qu’il n’a pas oublié qu’il est socialiste en se focalisant sur l’emploi : « Le pilotage du FMI, c’est l’emploi. » Voilà qui n’avait rien d’évident jusqu’ici. Mais, peut-être, est-ce la nouvelle doctrine du FMI… Et Dominique Strauss-Kahn d’enfoncer le clou socialiste : il faut « continuer à soutenir les économies » car « seule la demande publique soutient l’activité ».
Cet élan de keynésianisme est propre à séduire très loin à gauche. Si Nicolas Sarkozy espérait recevoir des bons points du président du FMI, c’est raté. DSK n’a pas eu un mot pour confirmer que la France s’en est mieux sortie que les autres

Vérité 2 : Copenhague est un échec
Nicolas Sarkozy a certainement dû apprécier l’insistance avec laquelle DSK a martelé que Copenhague était un échec. Le Président avait tout fait pour faire de ce rendez-vous un moment phare de son action à l’international auto qualifié de réussite. DSK tire à boulets rouges : « Il nous faut un modèle de croissance à bas carbone. Le Fond vient de proposer un mécanisme, je crois très innovant de financement de ces dépenses. Moi, je suis très déçu de Copenhague. Il faut que l’on apporte des solutions. »

Vérité 3 : Feu sur les boules puantes sarkozystes
Autre boulet tiré en direction de l’Elysée, la confirmation à demi-mot de l’écho de presse paru dans le Point lors du sommet du G20 à Pittsburgh avec le Président «J'en ai plus qu'assez des ragots répétés sur ma vie privée et sur les prétendus dossiers et photos qui pourraient sortir contre moi. Je sais que tout ça part de l'Élysée. Alors, dis à tes gars d'arrêter ou sinon je saisirai la justice.» Évidemment, DSK n’a pas validé directement cette passe d’arme d’une rare violence, mais en n’infirmant pas, il lui donne une dimension de vérité: «J’en ai assez. Je n’ai pas l’habitude de confirmer ou d’infirmer les propos que j’ai avec l’ensemble des chefs d’Etat de la planète…. Je ne vous répondrais pas.»

Un demi-mensonge : il n’y a pas eu de poussée protectionniste.
Pour DSK, « on a échappé au protectionnisme pendant la crise.» Le président du FMI, fait la peu de cas des caractéristiques des plans de relances qui ont fleuri partout dans le monde. En France, mais surtout en Chine, le maître mot fut « relance par l’investissement ». Sous entendu : si on relance par la consommation, on relance l’économie du voisin. Alors que les investissements soutiennent l’activité nationale, comme le bâtiment. C'est ainsi que le PCC a donné très officiellement consigne aux directions régionales de favoriser les entreprises chinoises. A l'OMC, les litiges se multiplient entre les Etats-Unis et l'empire du milieu.








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