DSK sait-il ce qu'est une politique économique de gauche?
Jeudi 26 Novembre 2009 à 07:01 | Lu 12272 fois I 69 commentaire(s)
Bernard Maris - France Inter
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, qui répond à cette question: Dominique Strauss-Kahn, en piste pour les présidentielles, exprime-t-il une politique économique originale ? Ou ressemble-t-il trait pour trait à son pendant de droite, Denis Kessler?
(Statsministerens kontor-flickr-cc)
DSK est un excellent économiste. Mais pour comprendre DSK, il faut parler de son jumeau, Denis Kessler. L’un et l’autre ont fait HEC, puis une thèse en économie, puis passé le concours d’agrégation de sciences économiques, puis sont devenus professeurs d’université. Ils ont participé à des colloques et des ouvrages communs. Bref, ils parlent de la même économie. Ajoutons que l’un et l’autre aiment les maths, et furent marxistes dans leur folle jeunesse. Or, l’un est devenu homme public et socialiste, et l’autre chef d’entreprise et libéral. Le premier est directeur du Fonds monétaire international, le second, ex-numéro 2 du Medef, est actuellement patron de la Scor, organisme d’assurance. Strauss est un spécialiste des transferts financiers entre générations. Kessler aussi. S’il y a deux sujets parfaitement maîtrisés par nos deux compères, c’est la question de la dette et celle de la Sécu...
Ainsi, lun et l’autre voient bien que la dette est aussi une question démographique, une question de transfert entre générations et de poids des actifs par rapport aux inactifs. Quant à la sécu, Denis Kessler valorise la prise de risque, la spéculation — on lui doit le concept de « riscophile », repris par le Medef et Ernest-Antoine Seillière. il prône la responsabilité individuelle et l’assurance privée. Strauss est plus régulateur, il préfère un système public de Sécurité sociale. Mais ils ont démontré, dans leur folle jeunesse, qu’une caisse privée et une caisse publique étaient identiques sous certaines conditions de fonctionnement. Comme Denis Kessler, Strauss sait bien qu’au bout du compte, le capital d’une nation, c’est son travail et sa science. Bien sûr il faut du cash, de la liquidité, mais celui-ci n’est rien sans des forces à mobiliser, et ces forces sont toujours, au bout du compte, du travail et de la science, des brevets, de la technique.
Pourtant, DSK et Denis Kessler, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Car l’un est de gauche, l’autre de droite. Mais DSK ne cherche pas à avoir un discours économique de gauche. Il réserve le qualificatif de gauche à d’autres domaines, l’éducation, la politique d’aide aux pays en voie de développement, sans doute la justice, les droits de l’homme... Il lui reste donc un immense chantier à défricher, en répondant à une immense question : qu’est-ce qu’une politique économique de gauche ? Et d’abord, est-ce que l’expression politique économique de gauche à un sens ? Enfin, ne vaut-il pas mieux oublier l’économie quand on est de gauche ?
La phrase : « Lorsqu’on n’est pas de gauche à vingt ans c’est qu’on n’a pas de cœur, et lorsqu’on l’est encore à quarante, c’est qu’on n’a pas de tête... » Denis Kessler.
Ainsi, lun et l’autre voient bien que la dette est aussi une question démographique, une question de transfert entre générations et de poids des actifs par rapport aux inactifs. Quant à la sécu, Denis Kessler valorise la prise de risque, la spéculation — on lui doit le concept de « riscophile », repris par le Medef et Ernest-Antoine Seillière. il prône la responsabilité individuelle et l’assurance privée. Strauss est plus régulateur, il préfère un système public de Sécurité sociale. Mais ils ont démontré, dans leur folle jeunesse, qu’une caisse privée et une caisse publique étaient identiques sous certaines conditions de fonctionnement. Comme Denis Kessler, Strauss sait bien qu’au bout du compte, le capital d’une nation, c’est son travail et sa science. Bien sûr il faut du cash, de la liquidité, mais celui-ci n’est rien sans des forces à mobiliser, et ces forces sont toujours, au bout du compte, du travail et de la science, des brevets, de la technique.
Pourtant, DSK et Denis Kessler, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Car l’un est de gauche, l’autre de droite. Mais DSK ne cherche pas à avoir un discours économique de gauche. Il réserve le qualificatif de gauche à d’autres domaines, l’éducation, la politique d’aide aux pays en voie de développement, sans doute la justice, les droits de l’homme... Il lui reste donc un immense chantier à défricher, en répondant à une immense question : qu’est-ce qu’une politique économique de gauche ? Et d’abord, est-ce que l’expression politique économique de gauche à un sens ? Enfin, ne vaut-il pas mieux oublier l’économie quand on est de gauche ?
La phrase : « Lorsqu’on n’est pas de gauche à vingt ans c’est qu’on n’a pas de cœur, et lorsqu’on l’est encore à quarante, c’est qu’on n’a pas de tête... » Denis Kessler.
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