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DSK: Le FMI vire à gauche. Je suis le FMI, donc très à gauche

Lundi 15 Novembre 2010 à 12:41 | Lu 21069 fois I 61 commentaire(s)

Emmanuel Lévy - Marianne

Au lendemain du remaniement, DSK est venu se rappeler aux médias et à l'opinion. Si on y apprend que le directeur du FMI aime "les pâtes à la sauce tomate" , le socialiste réitère encore son option sur la candidature à la candidature de la gauche en 2012.


DSK: Le FMI vire à gauche. Je suis le FMI, donc très à gauche
Au lendemain du remaniement, Dominique Strauss-Kahn, invité depuis longtemps à s’exprimer à France Inter, n’a pas jugé bon d’annuler. La présence du directeur général du FMI au micro de l’un des principaux médias, durant cette séquence particulière n’avait évidemment pas pour objet de révéler à la planète entière son inclinaison pour « les pâtes à la sauce tomate» . Le candidat non déclaré à la candidature au poste de candidat de la gauche pour 2012 est donc venu, tels les chats marquant leur odeur, refaire le tour du propriétaire, ainsi que son plan média le programmait. « Les statuts du FMI ne m'interdisent pas de dire que j'adore les pâtes à la sauce tomate et pourtant je ne vous le dis pas ». Comprenne qui voudra…




Mais en attendant, le directeur général du FMI était venu faire la promo de DSK le rouge, enfin du moins de DSK le rose. A l’appui de sa démonstration sur sa nature de gauche, l’action du FMI depuis 3 ans. Pour celui qui dirige le Fonds monétaire international grâce au soutien de Nicolas Sarkozy, il s’agissait de promouvoir le syllogisme suivant : « Le nouveau FMI est de gauche. Je suis le FMI. Donc je suis de gauche ».

Emballé, c’est pesé. Tâche à laquelle il s’est attelé d’autant plus aisément que Patrick Cohen, son interviewer, semblait en être très largement convaincu.

Au lendemain de la réunion du G20, DSK a donc eu le loisir de développer son argumentaire : « Le grand pari du 21e siècle, c’est l’invention d’une gouvernance mondiale, qui prend la forme du G20. Au cœur de cette nouvelle gouvernance mondiale, il y a le nouveau FMI. Et c’est ça le rôle qu’il faut jouer aujourd’hui : fournir au G20 des analyses, des politiques économiques à suivre. Et pour cela il fallait que je réforme le FMI. »

« Vendre » un FMI à gauche, aux électeurs, il fallait y penser. DSK l'a fait : car  «ce FMI (qui) n’ a plus grand chose à voir avec le FMI d’avant. Et peut-être faudra t il faire évoluer son nom ». Car DSK, en bon social-démocrate, veut montrer qu’il tient les deux bouts de la chaîne : la préoccupation de la dette chevillée au corps et les pauvres toujours en tête: « Quant il a fallu couper les dépenses durement. Et c’est toujours les plus démunis, les plus pauvres qui en souffrent dans ces cas la. Les nouveaux programmes du FMI, et je pense à la Grèce en particulier, ont été construit de telle manière qu’on revienne à l’équilibre mais que cela se fasse en protégeant les plus démunis, les plus vulnérable (...) Ce qui m’intéresse, ce n’est pas que la gauche ait gagné c’est que le gouvernement en place, avec le programme du FMI, à été compris par l’opinion et que l’opinion est avec le gouvernement. »

Dominique Strauss Kahn fait explicitement référence à la victoire de la gauche hellénique. La conquête de la mairie d'Athènes, historiquement à droite, validerait la politique d’austérité menée par le gouvernement socialiste de Papandreaou le jeune. Autre argument choc sorti du chapeau de l’ancien maire de Sarcelles : la plan d’aide à la très libérale Lituanie. Le gouvernement de l’ancienne république soviétique avait programmé, parmi ses coupes budgétaires, le recul de 3 à 5 ans de l’age de scolarisation, ce que le « nouveau FMI » a repoussé au profit de la mise en place d’un impôt sur le revenu progressif.

Si ce dernier exemple vaut effectivement marqueur de gauche, le premier sur la Grèce demeure un peu spécieux. Le niveau d’abstention pour ces élections locales atteint des sommets. On est loin du plébiscite. Les Grecs plutôt portés d’ordinaires à se déplacer pour voter, se sont abstenus à plus de 60%, marquant ainsi d’avantage leur résignation que leur approbation.

Après tout, c’est un peu le modèle de ce qui s’est passé en France lors des élections régionales, la gauche a gagné avec une abstention record…








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