A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique
Crise financière : il faudrait plus qu'un Bretton WoodsGilles | Dimanche 21 Septembre 2008 à 09:46 | Lu 9968 fois
Par Gilles, Mariannaute, qui prône un changement radical par rapport au système financier international en vigueur depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
Le système financier n'est pas mort, il survit depuis qu'il existe, au prix de crises, de massacres, de guerres, de chômeurs, de vies brisées, et, pour les rescapés que nous sommes, au prix d'un bonheur de pacotille qui se crée au travers d'une accumulation matérielle sans limite et d'un individualisme forcené, l'autre devenant petit à petit une menace à combattre.
Tout cela n'est que le résultat de siècles d'un capitalisme sauvage qui, comme toute bête blessée, se défend avec de plus en plus d'acharnement et surtout de férocité. La meilleure preuve: non pas ce qui se passe ces jours-ci, ce n'est qu'un avatar de plus (bien faible face aux montagnes de capitaux qui circulent en tous sens depuis des années, dans l'anarchie intellectuelle la plus débridée ayant jamais existé), mais simplement le fait qu'il se soit allié et soutienne l'une des pires dictatures ayant existé sur terre : le système politique chinois, système totalitaire devenu indispensable au bon fonctionnement du capitalisme mondial. Alors, on peut toujours ressortir de brillantes théories, des étalons salvateurs, qui fonctionnèrent dans le cadre d'économies fermées et dont le nombre de membres du club dirigeant ne dépassait pas les dix unités, créer mille clubs de réflexion, lire et relire le maximum de bouquins sur le sujet, pétitionner… Mais vous ne pourrez plus stopper cette machine folle, et, d'ailleurs qui en parle depuis le début de la crise des subprimes ? Personne, sauf pour dire, et seulement pour les plus honnêtes, que nul ne peut prévoir comment cela finira. Et lorsqu'un changement de président intervient, pour qui votent les majorités : pour ceux qui défendent et sont placés par ce système (cf. mai 2007 en France, où 53% des Français ont voté pour l'une des pires meutes issues de ce courant), et McCain a toutes les chances de l'emporter aux Etats-Unis ; en Grande-Bretagne, les conservateurs ont de bonnes chances de revenir… Car, non seulement il détruit la planète, mais en plus il détruit toute réflexion culturelle et politique, transformant les citoyens que nous fûmes en un troupeau bêlant devant un matamore grimaçant ou une chasseuse d'ours inculte aux formes agréables, dont seul le fait de maîtriser leur communication à la perfection leur permet d'exister. Je pensais, à une époque, que les catastrophes écologiques ramèneraient tout le monde à la raison, mais même pas. Savez vous ce que font les principales compagnies pétrolières actuellement ? Elles rachètent pour une bouchée de pain les ports de l'extrême nord du continent américain, qui étaient pris dans les glaces 7 à 8 mois par an. Elles ont déjà inclus dans leurs prévisions de business la disparition de la calotte glacière nord, et se frottent les mains en pensant au pétrole qu'il y a dessous. Le pauvre Jean-Louis Étienne, le navigateur, que je voyais à la TV hier, peut toujours alerter sur les dangers encourus ! Alors, ce n'est pas seulement un Bretton Woods qu'il faudrait, mais un changement radical. Or cela, personne n'en veut, il y a trop d'intérêts en jeu. Et d'ailleurs, Bretton Woods avait créé des institutions comme la Banque mondiale, le FMI, le GATT, dont le but était justement de maîtriser le développement du capitalisme et d'éviter le renouvellement de1929 ou 1939-1945. Les démocraties occidentales (et pas seulement les États-Unis, c'est trop facile de donner des leçons) s'empressèrent de dévoyer ces organismes pour les mettre au service de la recherche du profit sans limite. Or, qui a rouspété, à part des inconnus comme nous ? Personne, et ceux qui le firent furent bien vite privés de tribune.
Voir les 45 commentaires
Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager

