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Création du Pôle Emploi: la bonne affaire de Guillaume Sarkozy?

Mardi 20 Janvier 2009 à 07:00 | Lu 23098 fois I 37 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

La création du Pôle Emploi aurait-elle bénéficié au frère du chef de l’Etat? C’est en tout cas, ce qu'explique à demi-mot le député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco, sur son blog. Sans beaucoup d'arguments ni d'indices plausibles, l'info semble bien peu crédible.


(photo : MEDEF - Flickr - cc)
(photo : MEDEF - Flickr - cc)

Jeudi dernier, après l’annonce de la nomination de Nathalie Kosciusko-Morizet au poste de secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, les médias se ruent sur leurs dictionnaires pour vérifier la définition de l’expression « conflit d’intérêt ». Et pour cause : son frère, Pierre, n’est autre que le pdg de PriceMinister et, accessoirement, le président de l’Association pour le commerce et les services en ligne (Acsel), une organisation de lobbying en faveur de l’e-commerce. Fâcheux...


Mais le même jour, le député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco, publie sur son blog, dans la rubrique « Quelqu'un m'a dit » (sic), un texte énigmatique qui, si l’on sait lire entre les lignes, laisse entendre qu’un autre genre de « conflit d’intérêt » pourrait concerner le clan Sarkozy cette fois. Sous le titre « Une affaire de famille ? » , ce proche de Ségolène Royal s’interroge sur les conditions d’attribution du marché de la mutuelle complémentaire prévoyance des agents de l’ANPE qui ont rejoint le tout nouveau Pôle Emploi. Ce marché a en effet été remporté conjointement par l'UNPMF et la société Malakoff Médéric dont le délégué général n’est autre que… Guillaume Sarkozy, le frère du chef de l’Etat : « Certes, Guillaume Sarkozy ne fait qu’exercer son métier », explique Jean-Louis Bianco, « Mais l’absence de communication sur ce marché et cette prise de décision rapide et discrète, couplée à une nouvelle obligation de complémentaire, peut troubler. »


Le trouble n'est pas partagé

Du côté de la direction du Pôle Emploi, on n'est pas du tout « troublé » par cette histoire  : « La procédure suivie est une procédure classique. Elle n’a pas été bâclée : elle a duré de mai à octobre et il y a eu une parution officielle. La société en question (Malakoff Médéric, ndlr) a été candidate sur deux lots et n’en a remporté qu’un seul. Quand cette société n’est pas retenue par le Pôle Emploi, personne ne dit que nous sommes anti-sarkozystes ! » Pas faux ! D'autant que ceux qui sont au parfum de l'univers familial des Sarkozy savent bien que les relations entre Nicolas et Guillaume n'ont jamais été très chaleureuses...


Chez Malakoff Médéric, on entonne sensiblement le même refrain : « Notre société a été sélectionnée au terme d'un appel d'offre public, donc dans le cadre d'une procédure très normée. Le marché concernant la prévoyance a été remporté conjointement par Malakoff Médéric et l'UNPMF. Et la gestion du budget qui s'élève à 15 millions d'euros a été confié à l'UNPMF. »


Enfin, du côté de l’Union National des Affaires Sociales-CGT, on n'est pas très heureux de voir Guillaume Sarkozy désormais lié au Pôle Emploi. Pour autant, on ne s’alarme pas plus que ça des conditions d’attribution de ce fameux marché. « La procédure peut paraître obscure », explique Rubens Bardaji, secrétaire général de l’UNAS-CGT, « Mais c’est valable pour toutes les procédures de marché public. Nous, ce qui nous préoccupe, c’est plutôt que cette mutuelle soit obligatoire. À la CGT, on estime qu’une mutuelle doit être tout, sauf obligatoire, que ça doit être un acte volontaire. Ça va nous obliger à avoir deux mutuelles. Et se payer deux mutuelles, c’est un luxe. » Et de soulever un autre problème : « Depuis plusieurs années, il existait pour les salariés de l'assurance chômage, un contrat de groupe qui mêlait complémentaire santé et complémentaire prévoyance et qui était financé à 75% par l'employeur. Désormais, il sera financé à hauteur seulement de 60%... »


Quoi qu'il en soit, on aimerait savoir qu'est-ce qui a bien pu pousser Jean-Louis Bianco — qui n'est pas un nouveau-né en politique — à poster un tel texte sur son blog et, surtout, qui est ce fameux « quelqu'un » qui lui a dit ? Malheureusement, le député socialiste est depuis plusieurs jours aux abonnés absents...


Suite à la parution de notre article, un collaborateur de Jean-Louis Bianco a fini par nous joindre pour expliquer que « la corrélation des deux événements » (le choix de la société Malakoff Médéric et le fait que la mutuelle soit obligatoire, ndlr) l’avait conduit à émettre des « doutes sérieux » dans cette affaire. D’autant plus qu’aucun média n’a abordé le sujet. Néanmoins, il explique qu’« on ne pourra jamais savoir » dans quelles conditions le marché a été attribué à la société Malakoff Médéric.

Article réactualisé mardi 20 janvier à 11h05.








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