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Congrès des maires de France: Sarkozy se dérobe

Mardi 17 Novembre 2009 à 11:01 | Lu 15525 fois I 76 commentaire(s)

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Invité de France Inter, Luc Chatel a justifié l'absence de Nicolas Sarkozy au Congrès de l'association des Maires de France par un calendrier surchargé, ajoutant qu'il s'agissait là de la première absence du président au congrès. Vu l'accueil qui lui était réservé, on comprend pourquoi.


Chaude ambiance du côté de la Porte de Versailles où se réunit jusqu’à jeudi l’association des maires de France.  Le gouvernement a déjà les oreilles qui sifflent depuis l’annonce de la très controversée réforme territoriale et de la plus encore critiquée suppression de la taxe professionnelle.
Opportunément, Nicolas Sarkozy s’est fait excuser pour empêchement diplomatique — un voyage en Arabie Saoudite.  Invité de France Inter, Luc Chatel a tenté de justifier l'absence présidentielle au congrès: « Il a un agenda particulièrement chargé et il recevra quand même vendredi les bureaux départementaux de chaque association des maires de France, donc  il ne choisit pas ses interlocuteurs ». Et de poursuivre: « j'observe que Nicolas Sarkozy n'a jamais manqué un congrès des Maires ». La puissance de l'argument laisse songeur car c'est bien cette première dérobade qui fait problème. 

C’est donc son souffre douleur François Fillon qui s’y collera. Le Premier ministre ouvrira officiellement le Congrès devant quelque 11.000 élus. Une mission à haut risque en ces temps de tension, notamment en raison de la suppression de la Taxe Professionnelle, principale ressource des collectivités. L'an dernier déjà, François Fillon s'était fait copieusement siffler par les maires sur le service minimum d'accueil, que doivent mettre en place les communes en cas de grève des enseignants.
Gérard Collomb, a promis que l’AMF ne referait pas à Fillon le coup des sifflets. Juste une grosse bronca parce que « vraiment pour nous, c'est un gros problème ».

Sarko: du travail de pro !

L’invité de Jean-Michel Aphatie ne croit pas une seconde à la pérennité du financement de la réforme : « elle va être vraie en première année. Le véritable problème c'est qu'on l'a vu déjà par le passé, plus le temps passe et plus évidemment, cette compensation s'érode. Ça veut dire que dans cinq ou six ans, on aura perdu la moitié de la compensation et donc, par rapport  à un impôt qui était un impôt qui permettait de développer les collectivités locales, on vivra finalement de subsides appauvris ».

Le maire de Lyon, invité de RTL aimerait bien savoir « quel est le connard qui a pondu cette réforme ! » (sic). Pas encore assez remonté pour citer précisément et en direct le président de la République sur la première radio de France, Gérard Collomb a préféré louvoyer : « Ecoutez, je pense  qu'un jour, le Président de la République a fait une annonce en disant qu'il allait supprimer la taxe professionnelle. Alors, il a demandé aux administrations qu'on lui cherche des modèles ; et puis, il n'a pas regardé de très près ce qu'était le modèle qu'on lui proposait ». Sarko: du travail de pro !








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