Condamnation Chirac : une revanche pour la Justice ?
Vendredi 16 Décembre 2011 à 12:01 | Lu 4910 fois I 19 commentaire(s)
Philippe Bilger a été juge d’Instruction et avocat général. Il est actuellement magistrat... En savoir plus sur cet auteur
« La condamnation de Jacques Chirac est la consécration de la belle justice ordinaire contre toutes les magouilles et tous les accommodements. » C'est ce que pense notre blogueur associé Philippe Bilger qui revient sur le procès de l'ex président de la République.
Je l'avais prévu et ce n'était pas difficile !
Jacques Chirac a été condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis (Atlantico.fr, Nouvelobs.com, France Info). Marc Blondel étant dispensé de peine, la hiérarchie des responsabilités interdisait que lui aussi benéficiât de cette mansuétude.
Ce n'est pas une peine dérisoire, ce n'est pas une sanction lourde. Décision heureusement ordinaire. La relaxe de Michel Roussin ne fait que confirmer cette impression d'un tribunal correctionnel ne s'étant soucié que des principes.
C'est la revanche totale, légitime de certains juges d'instruction, Xavière Simeoni en l'occurrence pour Paris. Elle avait raison de même que son collègue de Nanterre. Validation rétrospective d'une justice heureusement ordinaire.
C'est le blâme absolu adressé à un parquet « aux ordres » qui a le droit de prendre toutes les réquisitions écrites qu'il veut mais pas celui de tenir pour rien l'enseignement des audiences correctionnelles. Affirmation de la nécessité d'un ministère public à la fois intelligent et libre. Aspiration à une accusation heureusement ordinaire.
La condamnation de Jacques Chirac est la consécration de la belle justice ordinaire contre toutes les magouilles et tous les accommodements. Résistance, dignité et bon sens : il y a un moment où les magistrats ont raison de se révolter. Il est formidable de le mettre en évidence à quelques mois de l'échéance présidentielle.
Jacques Chirac m'est toujours apparu éminemment sympathique, chaleureux et affable sur le plan humain. Le politique n'était pas un tendre et la naïveté n'était pas son fort. Peu importe. Il a été défendu par des avocats brillants, notamment Georges Kiejman et Jean Veil qui a autant de morale, de courage, de talent que d'urbanité. C'est rare.
L'honneur de Jacques Chirac, invoqué sans cesse, ne pouvait pas interdire une sanction si elle était juridiquement nécessaire. En revanche il devrait le conduire à ne pas interjeter appel de ce jugement. Jacques Chirac se grandirait en s'abstenant. Pourquoi ne pas approuver ce constat qui, pour un ancien président de la République, devrait être une bonne nouvelle : la justice heureusement ordinaire existe.
J'apprends que Jacques Chirac a décidé de ne pas interjeter appel même si « sur le fond il conteste catégoriquement le jugement ». Il manifeste une volonté d'apaisement pour protéger la fonction présidentielle. L'essentiel est acquis : on arrête tout !
Jacques Chirac a été condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis (Atlantico.fr, Nouvelobs.com, France Info). Marc Blondel étant dispensé de peine, la hiérarchie des responsabilités interdisait que lui aussi benéficiât de cette mansuétude.
Ce n'est pas une peine dérisoire, ce n'est pas une sanction lourde. Décision heureusement ordinaire. La relaxe de Michel Roussin ne fait que confirmer cette impression d'un tribunal correctionnel ne s'étant soucié que des principes.
C'est la revanche totale, légitime de certains juges d'instruction, Xavière Simeoni en l'occurrence pour Paris. Elle avait raison de même que son collègue de Nanterre. Validation rétrospective d'une justice heureusement ordinaire.
C'est le blâme absolu adressé à un parquet « aux ordres » qui a le droit de prendre toutes les réquisitions écrites qu'il veut mais pas celui de tenir pour rien l'enseignement des audiences correctionnelles. Affirmation de la nécessité d'un ministère public à la fois intelligent et libre. Aspiration à une accusation heureusement ordinaire.
La condamnation de Jacques Chirac est la consécration de la belle justice ordinaire contre toutes les magouilles et tous les accommodements. Résistance, dignité et bon sens : il y a un moment où les magistrats ont raison de se révolter. Il est formidable de le mettre en évidence à quelques mois de l'échéance présidentielle.
Jacques Chirac m'est toujours apparu éminemment sympathique, chaleureux et affable sur le plan humain. Le politique n'était pas un tendre et la naïveté n'était pas son fort. Peu importe. Il a été défendu par des avocats brillants, notamment Georges Kiejman et Jean Veil qui a autant de morale, de courage, de talent que d'urbanité. C'est rare.
L'honneur de Jacques Chirac, invoqué sans cesse, ne pouvait pas interdire une sanction si elle était juridiquement nécessaire. En revanche il devrait le conduire à ne pas interjeter appel de ce jugement. Jacques Chirac se grandirait en s'abstenant. Pourquoi ne pas approuver ce constat qui, pour un ancien président de la République, devrait être une bonne nouvelle : la justice heureusement ordinaire existe.
J'apprends que Jacques Chirac a décidé de ne pas interjeter appel même si « sur le fond il conteste catégoriquement le jugement ». Il manifeste une volonté d'apaisement pour protéger la fonction présidentielle. L'essentiel est acquis : on arrête tout !
Retrouvez Philippe Bilger sur son blog.
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