Compétitivité : les sénateurs, même UMP, accusent le CAC 40
Vendredi 21 Janvier 2011 à 18:01 | Lu 13691 fois I 61 commentaire(s)
Laurence Dequay - Marianne
Le rapport du Sénat daté du 17 janvier va à rebours de la politique du gouvernement sur la modération salariale. Laurence Dequay l'a lu et explique les enjeux d'une revalorisation des salaires, et d'une meilleure redistribution du capital.
« L’Europe de la rente, privée ou des fonds d’investissements souverains n’est pas un choix viable à long terme. À court terme, il expose les populations de l’Europe à la frustration et à la stagnation. » Voilà un slogan qui ne dépareillerait pas sur une banderole syndicale. Et bien non : la phrase figure en exergue du rapport passionnant sur le partage des richesses et l’avenir du pacte social dans l’entreprise (1) que les sénateurs de droite comme de gauche viennent de remettre à l’Elysée. Et là surprise. À contre-courant de la pensée unique qui prévaut à Matignon comme à Bercy - et selon laquelle la France pâtit de coûts salariaux exorbitants, notamment par rapport à l’Allemagne -, les auteurs y démontrent clairement, en s’inspirant de nombreux travaux d’économistes que cet argument est… parfaitement négligeable.
Car le principal frein à la croissance tricolore est la piètre compétitivité de son capital ! En effet, ce dernier au lieu de s’investir dans l’innovation productive, la recherche et la formation de capital humain, plombe le dynamisme de notre pays en se stérilisant dans des bulles spéculatives immobilières et financières. Avec pour conséquence dramatique, un niveau de chômage coûteux pour la communauté et… une modération salariale qui affaiblit la demande. Ainsi en 2011, les sociétés du CAC 40 devraient encore verser plus de 35 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Quand elles se contentent pour une bonne part, de ponctionner la valeur ajoutée de leurs sous-traitants dominés…
Dans ce pavé de 400 pages, les Sénateurs se payent même le luxe de railler les travaux de Jean-Philippe Cotis. En effet en mai 2009, le directeur général de l’Insee concluait dans un rapport remis au Président de la République, que la part relative des salaires dans la richesse produite en France était restée stable par rapport à celle des revenus financiers. Faux, affirment les Sénateurs qui estiment qu’elle s’est détériorée continûment depuis deux décennies (2). Mais que ce phénomène est largement sous-estimé dans la comptabilité nationale parce que cette dernière ne mesure pas la production de richesses transférée par les grandes entreprises à l’étranger via leurs filiales. Bref que tous les chiffres sur lesquels s’appuie Laurence Parisot la patronne du Medef pour exiger une modération salariale et une baisse de charge des entreprises sont pipés !
(1) La prospective du pacte social dans l’entreprise, rapport du Sénat
(2) En réalité, entre 1983 et 2007, le salaire net par tête des salariés a progressé de moins de 20%. Sans compter l'explosion des inégalités salariales : en 2011,un cadre moyen gagne en moyenne 25 fois plus que les salariés les poins payés qui sont à temps partiel.
Vous pouvez télécharger ci-dessous le rapport du Sénat.
Car le principal frein à la croissance tricolore est la piètre compétitivité de son capital ! En effet, ce dernier au lieu de s’investir dans l’innovation productive, la recherche et la formation de capital humain, plombe le dynamisme de notre pays en se stérilisant dans des bulles spéculatives immobilières et financières. Avec pour conséquence dramatique, un niveau de chômage coûteux pour la communauté et… une modération salariale qui affaiblit la demande. Ainsi en 2011, les sociétés du CAC 40 devraient encore verser plus de 35 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Quand elles se contentent pour une bonne part, de ponctionner la valeur ajoutée de leurs sous-traitants dominés…
Dans ce pavé de 400 pages, les Sénateurs se payent même le luxe de railler les travaux de Jean-Philippe Cotis. En effet en mai 2009, le directeur général de l’Insee concluait dans un rapport remis au Président de la République, que la part relative des salaires dans la richesse produite en France était restée stable par rapport à celle des revenus financiers. Faux, affirment les Sénateurs qui estiment qu’elle s’est détériorée continûment depuis deux décennies (2). Mais que ce phénomène est largement sous-estimé dans la comptabilité nationale parce que cette dernière ne mesure pas la production de richesses transférée par les grandes entreprises à l’étranger via leurs filiales. Bref que tous les chiffres sur lesquels s’appuie Laurence Parisot la patronne du Medef pour exiger une modération salariale et une baisse de charge des entreprises sont pipés !
(1) La prospective du pacte social dans l’entreprise, rapport du Sénat
(2) En réalité, entre 1983 et 2007, le salaire net par tête des salariés a progressé de moins de 20%. Sans compter l'explosion des inégalités salariales : en 2011,un cadre moyen gagne en moyenne 25 fois plus que les salariés les poins payés qui sont à temps partiel.
Vous pouvez télécharger ci-dessous le rapport du Sénat.
rapport du sénat pacte social.doc
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