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Comparer son patron à Sarkozy, c'est lui manquer de respect (au patron)

Vendredi 19 Février 2010 à 14:01 | Lu 13953 fois I 21 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

En 2008, un délégué CGT avait caricaturé son patron en Sarkozy. Il s'était retrouvé traîné devant la justice par son supérieur. Mais la Cour d’appel de Bourges vient de lui donner raison. Et même mieux encore…


Camarades employés en colère, prenez note, c’est un grand jour : caricaturer votre patron en Sarkozy n’a rien d’illégal. C’est tout juste irrespectueux… pour votre patron ! C’est ce que nous apprend Geoffroy Jeay du Berry républicain. Notre homme s’est intéressé à un conflit qui opposait Carlos Français, directeur du site de Levet dans Le Cher de la société ITM Logistique International à Fathi Boussalmi, délégué syndical CGT.


« En avril 2008, explique-t-il dans son article, suite à un conflit portant sur l’attribution des congés payés, Carlos Français était monté sur le plateau d'un chariot élévateur pour s'adresser aux salariés. Le directeur ayant empêché Fathi Boussalmi d'intervenir lors de cette réunion informelle, le délégué syndical avait ensuite réalisé un texte et une caricature montrant Nicolas Sarkozy sur un chariot élévateur. Évidemment, il s'agissait de Carlos Français, auquel Fathi Boussalmi faisait dire : “C'est moi. Moi Carlos Français, le directeur de la base de Levet. C'est moi qui a fait le discours dernièrement sur le chariot élévateur. Je sais que c'est interdit mais c'est pour que vous puissiez bien m'écouter car nous, les patrons, rien ne nous est interdit.” »


Ce qui n’est pas interdit également, c’est de moquer son propre patron en l’assimilant au chef de l’Etat. L’arrêt de la chambre sociale de la Cour d'appel de Bourges rendu récemment est clair : « La chambre sociale de la juridiction, écrit le journaliste du Berry, a estimé que le texte, “essentiellement empreint d'ironie, ne comportait pas de termes injurieux”. Si les propos “dénotaient, sans grande finesse, un certain irrespect pour l'autorité du directeur de la base, notamment par assimilation à une caricature du chef de l'État, ils n'excèdent pas pour autant les limites admissibles de la liberté d'expression syndicale”. » Voilà qui devrait faire des émules... 









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