Commission Copé : tout ça pour ça!
Jeudi 22 Mai 2008 à 07:44 | Lu 15006 fois I 42 commentaire(s)
Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Pour Sarkozy, supprimer la pub sur France Télévisions, c'était simple comme jouer avec sa zapette. Mais le dossier se révèle redoutablement plus complexe. Et tandis que Copé commissionne, Sarko réinstalle Patrick Sabatier à l'antenne!
La commission Copé commissionne. C’est sûr. Elle scénarise même des modes de financement possibles censés compenser les pertes publicitaires de France Télévisions. De là à trancher, il n’y a qu’un pas. Qu’elle ne franchit pas…
Et pendant ce temps, France Télévisions, toujours dans le flou quant à son avenir, boit la tasse. Bref, c'est toujours la même histoire chaque fois que le président de la République prend une «décision» qui relève surtout de l’effet d’annonce.
Ainsi, lors de sa conférence de presse, Jean-François Copé n’a fait que lister un ensemble de scénarios possibles « ni exclusifs, ni définitifs ». Autant dire que tout reste envisageable et que la commission n’a pas fini de commissionner…
Copé favorable à une taxe sur les opérateurs de téléphonie
Quelques clarifications sont quand même à noter au niveau du calendrier. La suppression de la publicité s'effectuerait en deux étapes: le 1er septembre 2009 pour une disparition des écrans seulement après 20H00, puis le 1er janvier 2012 pour une suppression totale. Le manque à gagner sera alors, selon les estimations, de 800 millions d'euros par an pour France Télévisions.
« Le marché publicitaire était déjà relativement tendu, l'annonce de Sarkozy a été une catastrophe. Nous rentrons 3 à 4 fois moins de pub que TF1 et M6. Et maintenant nous savons que dès le 1er septembre 2009, le groupe va perdre 55% de ses rentrées publicitaires alors qu'il n'y a aucune certitude quant aux compensations. Nous perdrons notamment beaucoup de gros annonceurs qui ne viendront plus si ils ne peuvent plus faire de prime-time», indique une salariée de France Télévisions Publicité.
Les scénarios de financement proposent une compensation par la redevance, par des taxes sur les opérateurs de téléphonie ou sur l'électronique grand public. A titre personnel, Jean-François Copé dit pencher pour le second scénario à savoir une taxe « extrêmement modérée » (0,5% du CA) sur le chiffre d'affaires des opérateurs de téléphonie et des fournisseurs d'accès à Internet.
Un dossier compliqué et qui prendra du temps
Même la Bourse y perd ses petits. Alors que les cours des actions de M6 et de TF1 avaient atteint des sommets lorsque Nicolas Sarkozy avait annoncé, à la (divine) surprise générale, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, cette fois, le cours des chaînes privées s’affiche à la baisse. « Le dossier semble beaucoup plus compliqué que ce que l'on aurait pu penser et risque de prendre plus de temps que prévu » commente Philippe Gendreau, un analyste du secteur, interrogé par Reuters. En effet, la suppression totale de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques poserait de sérieux problèmes à TF1, dont les écrans publicitaires se trouveraient alors en face de programmes. Pas sûr que les annonceurs apprécient…
Face à la vacuité des propositions, face aussi aux obstacles politiques - notamment au niveau européen- qui risquent d'y faire barrage, le PS menace plus que jamais de ne plus siéger à la commission Copé.
La pub s’en va, Sabatier revient
Et pendant ce temps là, France Télévisions, redevenue le joujou du Prince, souffre un peu plus chaque jour. D’abord un plan d’économies avec une grille d’été installée dès le 21 juin. Puis, dernière trouvaille, la remise en selle de Patrick Sabatier, icône des animateurs de TF1 période Bouygues florissante (« tu prends l’pognon, pi c’est tout ! Kestananafout’…»), quasiment revenu d’outre-tombe et qui retrouvera une place sur France 2 cet été, suite aux pressions présidentielles, dit-on.
Supprimer la pub, récupérer Sabatier. Etait-ce bien nécessaire de commissionner autant pour en arriver là ?
Et pendant ce temps, France Télévisions, toujours dans le flou quant à son avenir, boit la tasse. Bref, c'est toujours la même histoire chaque fois que le président de la République prend une «décision» qui relève surtout de l’effet d’annonce.
Ainsi, lors de sa conférence de presse, Jean-François Copé n’a fait que lister un ensemble de scénarios possibles « ni exclusifs, ni définitifs ». Autant dire que tout reste envisageable et que la commission n’a pas fini de commissionner…
Copé favorable à une taxe sur les opérateurs de téléphonie
Quelques clarifications sont quand même à noter au niveau du calendrier. La suppression de la publicité s'effectuerait en deux étapes: le 1er septembre 2009 pour une disparition des écrans seulement après 20H00, puis le 1er janvier 2012 pour une suppression totale. Le manque à gagner sera alors, selon les estimations, de 800 millions d'euros par an pour France Télévisions.
« Le marché publicitaire était déjà relativement tendu, l'annonce de Sarkozy a été une catastrophe. Nous rentrons 3 à 4 fois moins de pub que TF1 et M6. Et maintenant nous savons que dès le 1er septembre 2009, le groupe va perdre 55% de ses rentrées publicitaires alors qu'il n'y a aucune certitude quant aux compensations. Nous perdrons notamment beaucoup de gros annonceurs qui ne viendront plus si ils ne peuvent plus faire de prime-time», indique une salariée de France Télévisions Publicité.
Les scénarios de financement proposent une compensation par la redevance, par des taxes sur les opérateurs de téléphonie ou sur l'électronique grand public. A titre personnel, Jean-François Copé dit pencher pour le second scénario à savoir une taxe « extrêmement modérée » (0,5% du CA) sur le chiffre d'affaires des opérateurs de téléphonie et des fournisseurs d'accès à Internet.
Un dossier compliqué et qui prendra du temps
Même la Bourse y perd ses petits. Alors que les cours des actions de M6 et de TF1 avaient atteint des sommets lorsque Nicolas Sarkozy avait annoncé, à la (divine) surprise générale, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, cette fois, le cours des chaînes privées s’affiche à la baisse. « Le dossier semble beaucoup plus compliqué que ce que l'on aurait pu penser et risque de prendre plus de temps que prévu » commente Philippe Gendreau, un analyste du secteur, interrogé par Reuters. En effet, la suppression totale de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques poserait de sérieux problèmes à TF1, dont les écrans publicitaires se trouveraient alors en face de programmes. Pas sûr que les annonceurs apprécient…
Face à la vacuité des propositions, face aussi aux obstacles politiques - notamment au niveau européen- qui risquent d'y faire barrage, le PS menace plus que jamais de ne plus siéger à la commission Copé.
La pub s’en va, Sabatier revient
Et pendant ce temps là, France Télévisions, redevenue le joujou du Prince, souffre un peu plus chaque jour. D’abord un plan d’économies avec une grille d’été installée dès le 21 juin. Puis, dernière trouvaille, la remise en selle de Patrick Sabatier, icône des animateurs de TF1 période Bouygues florissante (« tu prends l’pognon, pi c’est tout ! Kestananafout’…»), quasiment revenu d’outre-tombe et qui retrouvera une place sur France 2 cet été, suite aux pressions présidentielles, dit-on.
Supprimer la pub, récupérer Sabatier. Etait-ce bien nécessaire de commissionner autant pour en arriver là ?
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