Commissaires: le blues avant la colère?
Mardi 24 Février 2009 à 07:00 | Lu 10537 fois I 34 commentaire(s)
Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Difficile dialogue entre le ministère de l'Intérieur et les commissaires, la colère gronde sur fond de réformes bloquées notamment un rapprochement avec la gendarmerie qui n'est pas sans poser problèmes. Résultat: rien n'avance et les syndicats sont prêts à monter au créneau.
C’est comme si le courant ne passait plus entre la place Beauveau et les commissaires de police. Une sorte de brouille, comme dans un vieux couple au bord de la rupture. Alors, pour éviter la désunion, on tente un dernier truc. La lettre en forme de demande d’explications histoire de mettre les problèmes sur la table.
C’est la stratégie adoptée par le Syndicat des commissaires de la police nationale, le syndicat majoritaire dans la profession. La semaine dernière, la secrétaire générale de ce syndicat a envoyé un courrier à Michèle Alliot Marie pour lui faire part du courroux de la profession, le « blues des commissaires ». Sylvie Feucher, la « patronne des commissaires », se plaint de la gestion des dossiers Place Beauveau, pointe « les indécisions et les incertitudes » du ministère selon Le Figaro.
L'administration ne mesure pas l'ampleur des enjeux
« On est en face de très gros enjeux stratégiques et on n'a pas le sentiment que les arbitrages sont rendus et que l’administration ne mesure pas l’importance des enjeux » précise Emmanuel Roux, secrétaire général adjoint du SCPN qui s’explique mal cette immobilité : « Il y a sans doute des querelles de cabinets, le clan des financiers contre le clan des policiers, le résultat c’est que rien n’avance alors qu’on nous demande des résultats en termes de sécurité. Donc nous avons décidé de donner l’alerte».
Une militarisation du dialogue social
Une période trouble alors que le rapprochement police-gendarmerie est en panne sèche. Le SCPN qui se dit favorable à la réforme même s’il prévient qu’il refuse « toute militarisation de la police nationale », estime que là aussi, c’est « le trou noir. On serait méchant, on parlerait de militarisation du dialogue social. Alliot-Marie nous répond, parfois nous signons des accords sur des points précis mais le management n ‘évolue pas, il n’y a pas de réunion sur le fond. Tout ça passe à la broyeuse dans le meilleur des cas ».
Mutables comme des préfets, sans les résidences et les voitures avec chauffeurs
Sans parler des « petites contrariétés » qui participent au pourrissement de la situation telles les limogeages récents du commissaire Rossi en Corse, pour l’incursion des nationalistes dans la villa de Christian Clavier ou celui de Saint-Lô, après l’accueil houleux reçu par le chef de l’Etat. Des décisions considérées comme injustes, mal vécues et qui ont surpris d’autant plus que Sarkozy a été un ministre de l’intérieur plutôt favorable aux commissaires.
« Deux mutations de commissaires, ça commence à faire beaucoup, mais nous refusons d’en faire un message politique. Si on est mutables comme des préfets, on veut bien les résidences, les mutations avec chauffeurs etc. » glisse Emmanuel Roux.
Si Sarko déçoit même dans la police...
Bref, la pression monte, les commissaires seraient très remontés, prêts à en en découdre, à quitter les instances paritaires et bloquer les réformes, manifester pourquoi pas, même si ce n’est pas dans la «culture maison». Promis, juré, aucune motivation politique derrière tout ça, même si on ne peut s’empêcher de penser que si Sarkozy commence à être lâché par les flics, c’est que l’heure est grave.
C’est la stratégie adoptée par le Syndicat des commissaires de la police nationale, le syndicat majoritaire dans la profession. La semaine dernière, la secrétaire générale de ce syndicat a envoyé un courrier à Michèle Alliot Marie pour lui faire part du courroux de la profession, le « blues des commissaires ». Sylvie Feucher, la « patronne des commissaires », se plaint de la gestion des dossiers Place Beauveau, pointe « les indécisions et les incertitudes » du ministère selon Le Figaro.
L'administration ne mesure pas l'ampleur des enjeux
« On est en face de très gros enjeux stratégiques et on n'a pas le sentiment que les arbitrages sont rendus et que l’administration ne mesure pas l’importance des enjeux » précise Emmanuel Roux, secrétaire général adjoint du SCPN qui s’explique mal cette immobilité : « Il y a sans doute des querelles de cabinets, le clan des financiers contre le clan des policiers, le résultat c’est que rien n’avance alors qu’on nous demande des résultats en termes de sécurité. Donc nous avons décidé de donner l’alerte».
Une militarisation du dialogue social
Une période trouble alors que le rapprochement police-gendarmerie est en panne sèche. Le SCPN qui se dit favorable à la réforme même s’il prévient qu’il refuse « toute militarisation de la police nationale », estime que là aussi, c’est « le trou noir. On serait méchant, on parlerait de militarisation du dialogue social. Alliot-Marie nous répond, parfois nous signons des accords sur des points précis mais le management n ‘évolue pas, il n’y a pas de réunion sur le fond. Tout ça passe à la broyeuse dans le meilleur des cas ».
Mutables comme des préfets, sans les résidences et les voitures avec chauffeurs
Sans parler des « petites contrariétés » qui participent au pourrissement de la situation telles les limogeages récents du commissaire Rossi en Corse, pour l’incursion des nationalistes dans la villa de Christian Clavier ou celui de Saint-Lô, après l’accueil houleux reçu par le chef de l’Etat. Des décisions considérées comme injustes, mal vécues et qui ont surpris d’autant plus que Sarkozy a été un ministre de l’intérieur plutôt favorable aux commissaires.
« Deux mutations de commissaires, ça commence à faire beaucoup, mais nous refusons d’en faire un message politique. Si on est mutables comme des préfets, on veut bien les résidences, les mutations avec chauffeurs etc. » glisse Emmanuel Roux.
Si Sarko déçoit même dans la police...
Bref, la pression monte, les commissaires seraient très remontés, prêts à en en découdre, à quitter les instances paritaires et bloquer les réformes, manifester pourquoi pas, même si ce n’est pas dans la «culture maison». Promis, juré, aucune motivation politique derrière tout ça, même si on ne peut s’empêcher de penser que si Sarkozy commence à être lâché par les flics, c’est que l’heure est grave.
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