Comment piloter la politique monétaire ?
Mercredi 14 Septembre 2011 à 12:01 | Lu 3020 fois I 0 commentaire(s)
Laurent Pinsolle - blogueur associé
C’est cette question essentielle que «The Economist» s’est posée en constatant que la Banque d’Angleterre n’a sans doute pas tort de garder des taux extrêmement bas malgré une inflation au-delà de 4%, bien au-dessus de l’objectif officiel de 2%. Notre blogueur associé Laurent Pinsolle, proche du parti Debout la République et de son leader Nicolas Dupont-Aignan, estime que c'est une idée à étudier.
Les limites de l’indice d’inflation
En effet, théoriquement, la Banque Centrale de nos voisins d’outre-Manche devrait monter les taux d’intérêt au-delà des 0,5% sachant que l’inflation a atteint 4,4%, plus du double de l’objectif affiché. Cette attitude contraste fortement à la BCE, qui, avec le même objectif, a monté son taux directeur de 1 à 1,5% alors que l’inflation dans la zone euro atteint péniblement 2,5% en août, s’attirant la critique de nombreux économistes, comme lors de la hausse de l’été 2008.
Le raisonnement est simple pour justifier ce choix. Tout d’abord, la hausse de l’inflation est conjoncturelle et temporaire suite à une envolée du prix des matières premières, qui pourra d’autant moins se reproduire qu’elle a tendance à casser la croissance. D’ailleurs, hors éléments volatiles, l’inflation reste sous les 2% et il n’y a aucun signe que les tensions se transmettent aux salaires. En effet, la croissance est faible, l’économie vient de subir une grave crise, donc la menace inflationniste est nulle.
Le raisonnement est simple pour justifier ce choix. Tout d’abord, la hausse de l’inflation est conjoncturelle et temporaire suite à une envolée du prix des matières premières, qui pourra d’autant moins se reproduire qu’elle a tendance à casser la croissance. D’ailleurs, hors éléments volatiles, l’inflation reste sous les 2% et il n’y a aucun signe que les tensions se transmettent aux salaires. En effet, la croissance est faible, l’économie vient de subir une grave crise, donc la menace inflationniste est nulle.
La solution de la croissance nominale du PIB
Mais du coup, cela amène à se poser la question de la pertinence du taux d’inflation comme indicateur pour déterminer la politique monétaire. The Economist propose donc la solution du taux de croissance nominal de l’économie (croissance du PIB + inflation). Ainsi, dans le cas d’une hausse conjoncturelle des prix qui a tendance à freiner la croissance, la montée de l’un compensera l’autre (comme cela s’est passé en 2008 et en 2011) et cela justifie a posteriori le fait de ne pas monter les taux.
En outre, l’expérience a montré qu’il n’y avait pas de dérapages des prix, donc une telle méthode semble intéressante. The Economist propose donc de viser une croissance nominale de 4 à 5%, ce qui semble une bonne idée, même si on peut argumenter pour un chiffre un peu plus important si on remonte quelque peu l’objectif d’inflation. Malgré tout, l’hebdomadaire souligne qu’un tel changement pourrait perturber les acteurs économiques qui n’auraient plus un objectif d’inflation fixe.
En outre, l’expérience a montré qu’il n’y avait pas de dérapages des prix, donc une telle méthode semble intéressante. The Economist propose donc de viser une croissance nominale de 4 à 5%, ce qui semble une bonne idée, même si on peut argumenter pour un chiffre un peu plus important si on remonte quelque peu l’objectif d’inflation. Malgré tout, l’hebdomadaire souligne qu’un tel changement pourrait perturber les acteurs économiques qui n’auraient plus un objectif d’inflation fixe.
Aller plus loin que la croissance et l’inflation
On peut encore élargir le débat en soulignant que depuis une vingtaine d’années, l’inflation a plutôt tendance à apparaître dans les prix des actifs, nourris par un excès de crédit et de création monétaire. Et devant les conséquences dramatiques des bulles spéculatives sur l’économie réelle, il serait hautement nécessaire de piloter le niveau d’inflation et de spéculation dans les actifs pour agir en cas de formation de bulles. D’ailleurs, la Chine mène une politique très active à ce sujet.
Dès lors, il faudrait également suivre un indice d’inflation des principaux actifs (immobilier et bourse notamment) ainsi que le volume des crédits et de monnaie. En revanche, il faudrait que les banques centrales trouvent d’autres moyens d’agir pour éviter de n’utiliser que les taux à court terme, qui ont également une influence sur l’économie réelle. Jouer sur le niveau des réserves des banques (comme on le faisait avant, et comme le fait la Chine) peut être une voie à explorer.
Devant les catastrophes économiques que nous amènent les marchés financiers déréglementés, il est important de réfléchir aux moyens de prévenir les crises et de protéger solidement l’économie réelle des excès de la finance. L’objectif seul d’inflation des prix des produits est clairement insuffisant.
Retrouvez les articles de Laurent Pinsolle sur son blog.
Dès lors, il faudrait également suivre un indice d’inflation des principaux actifs (immobilier et bourse notamment) ainsi que le volume des crédits et de monnaie. En revanche, il faudrait que les banques centrales trouvent d’autres moyens d’agir pour éviter de n’utiliser que les taux à court terme, qui ont également une influence sur l’économie réelle. Jouer sur le niveau des réserves des banques (comme on le faisait avant, et comme le fait la Chine) peut être une voie à explorer.
Devant les catastrophes économiques que nous amènent les marchés financiers déréglementés, il est important de réfléchir aux moyens de prévenir les crises et de protéger solidement l’économie réelle des excès de la finance. L’objectif seul d’inflation des prix des produits est clairement insuffisant.
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