Comment Matignon est devenu un casse-tête
Jeudi 14 Octobre 2010 à 14:34 | Lu 8683 fois I 42 commentaire(s)
Laurent Pinsolle - Blogueur Associé
A l'approche du remaniement, les outsiders d'hier sont les favoris d'aujourd'hui. Au final, seul Nicolas Sarkozy aura le dernier mot et celui ci pourrait surprendre à en croire Laurent Pinsolle.
Depuis quelques mois, la France possède un Objet Gouvernemental Non Identifié : un gouvernement en sursis dont on sait qu’il va être très largement remanié pour préparer la dernière ligne droite avant les élections présidentielles. Petit point sur les spéculations.
Un nouveau premier ministre ?
Il y a encore quelques semaines, la tendance semblait être au maintien de François Fillon, comme le souhaite une large majorité de l’opinion publique. Mais la « tournée d’adieu » du premier ministre et certaines de ses déclarations semblent indiquer qu’il est sur le départ. Les mouvements sociaux sur les retraites pourraient influencer le choix du président de la République et le pousser vers Jean-Louis Borloo pour incarner une forme de réconciliation sociale.
Outre le contexte, deux critères devraient jouer dans le choix du président. Le premier devrait être la loyauté. Tous les présidents de la Cinquième République ont préféré aborder les échéances électorales avec un homme en qui ils avaient toute confiance, et qu’ils avaient « fait » pour la plupart : Georges Pompidou pour le Général, Pierre Messmer pour le successeur de Charles de Gaulle, Raymond Barre pour VGE, Laurent Fabius ou Pierre Bérégovoy pour François Mitterrand.
Outre le contexte, deux critères devraient jouer dans le choix du président. Le premier devrait être la loyauté. Tous les présidents de la Cinquième République ont préféré aborder les échéances électorales avec un homme en qui ils avaient toute confiance, et qu’ils avaient « fait » pour la plupart : Georges Pompidou pour le Général, Pierre Messmer pour le successeur de Charles de Gaulle, Raymond Barre pour VGE, Laurent Fabius ou Pierre Bérégovoy pour François Mitterrand.
Revue des prétendants
A priori, ce raisonnement exclut Jean-François Copé, François Baroin, Bruno Lemaire ou Michèle Alliot-Marie. Nicolas Sarkozy ne pourrait pas compter à 100% sur de tels candidats du fait de leur passé, ou pour certains, de l’avenir qu’ils souhaitent se préparer… Il serait plus logique qu’il choisisse entre Christine Lagarde (malgré le questionnement sur son sens politique), Brice Hortefeux (trop droitier) ou Jean-Louis Borloo, qui semble aujourd’hui le grandissime favori.
Cependant, la surprise a souvent été au rendez-vous et il s’agit d’un élément déterminant pour provoquer un rebond dans l’opinion. Du coup, Nicolas Sarkozy pourrait se tourner vers Claude Guéant (pour rassurer et donner un côté plus sérieux, proche de celui de l’actuel locataire de Matignon), voir Luc Châtel, un bon petit soldat, à moins que la surprise soit finalement le maintien de François Fillon avec un cabinet largement remanié pour intégrer des figures de la droite, Alain Juppé notamment…
Cependant, la surprise a souvent été au rendez-vous et il s’agit d’un élément déterminant pour provoquer un rebond dans l’opinion. Du coup, Nicolas Sarkozy pourrait se tourner vers Claude Guéant (pour rassurer et donner un côté plus sérieux, proche de celui de l’actuel locataire de Matignon), voir Luc Châtel, un bon petit soldat, à moins que la surprise soit finalement le maintien de François Fillon avec un cabinet largement remanié pour intégrer des figures de la droite, Alain Juppé notamment…
Un timing à double tranchant
D’un côté, attendre la fin de la séquence sur les retraites semble une bonne idée. De l’autre, annoncer autant à l’avance un remaniement est une erreur car des ministres en sursis ont moins de poids et personne ne comprend réellement l’intérêt d’avoir annoncé une telle décision à l’avance. Même si un tel scénario était probable, Nicolas Sarkozy aurait sans doute eu intérêt à ne pas l’annoncer autant à l’avance de manière à davantage rester maître de l’emploi du temps.
Parce que ce premier ministre sera celui qui sera le chef de l’équipe gouvernemental en vue des présidentielles, le président a besoin d’un homme de confiance, suffisamment rassembleur, qui travaille pour lui sans lui faire de l’ombre. Cela ressemble donc au portrait de l’actuel locataire, de Claude Guéant, voir de Luc Châtel. Voici donc pour moi, avec Jean-Louis Borloo, les prétendants les plus sérieux à date pour être le premier ministre du prochain gouvernement de ce quinquennat.
Et si la surprise était finalement le maintien de François Fillon ? Après tout, l’actuel premier ministre semble être passé par pertes et profits. Mais si ce dernier en a assez de Matignon, ce qui n’est pas improbable, il n’y a pas grand monde qui corresponde au profil idéal en vue de 2012.
Retrouvez tous les articles de Laurent Pinsolle sur son blog
Parce que ce premier ministre sera celui qui sera le chef de l’équipe gouvernemental en vue des présidentielles, le président a besoin d’un homme de confiance, suffisamment rassembleur, qui travaille pour lui sans lui faire de l’ombre. Cela ressemble donc au portrait de l’actuel locataire, de Claude Guéant, voir de Luc Châtel. Voici donc pour moi, avec Jean-Louis Borloo, les prétendants les plus sérieux à date pour être le premier ministre du prochain gouvernement de ce quinquennat.
Et si la surprise était finalement le maintien de François Fillon ? Après tout, l’actuel premier ministre semble être passé par pertes et profits. Mais si ce dernier en a assez de Matignon, ce qui n’est pas improbable, il n’y a pas grand monde qui corresponde au profil idéal en vue de 2012.
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