Marianne2 2012

Com de l'Elysée :Giacometti plus discret que Buisson

Mardi 4 Août 2009 à 11:47 | Lu 5627 fois I 12 commentaire(s)

Philippe Cohen
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur

Deuxième Google battle de notre série, entre Pierre Giacometti et Patrick Buisson. Si le second est un conseiller-historien, le premier est davantage géographe. Mais les deux coûtent cher au Président. Pas grave : c'est la France qui paye...



C’est une bataille de l’ombre, qui oppose deux conseillers qui, fait exceptionnel dans Sarkoland, refusent de s’adonner au péché de chaire médiatique, fuyant comme la peste les UBM (Unités de bruit médiatiques).
Patrick Buisson est le gagnant de ce jeu à qui perd gagne de la notoriété avec 60 900 occurrences contre 14 700 à son rival. Il faut dire que Buisson a fait – involontairement - beaucoup parler de lui ces derniers temps avec l’affaire des sondages de l’Elysée révélée par la Cour des Compte s, puis les contrats passés entre la Chaîne Histoire et le Ministère de la Culture. On attend d’ailleurs avec impatience de savoir si Frédéric Mitterrand va renouveler ou non les contrats signés par Christine Albanel à laquelle il va succéder.

La discrétion de son rival Pierre Giacometti est toute relative. Le montant de son contrat avec le Président - 358 000 euros a été révélé, ainsi que le commanditaire qui, en l'occurence, n'est pas l'Elysée mais le Service d'informations du gouvernement de Thierry Saussez, une anomalie ignorée par les limiers de la Cour des Comptes.

Pourquoi le Président s'entoure-t-il, dans des domaines voisins, de deux conseillers qui, semble-t-il, s'ignorent largement ? Certains arguent de leur complémentarité : la fonction de Patrick Buisson serait de destabiliser le Président, de le pousser dans ses derniers retranchements, comme il l'a fait durant la longue campagne précédant son élection, tandis que Pierre Giacometti serait plus rassurant, lui montrant et lui redémontrant qu'il a la légitimité politique pour lui et que ses adversaires ne sont pas prêts de parvenir à l'inquiéter.
Si la matière malaxée par les deux hommes est la même (les sondages, les études quantitatives et qualitatives), leur approche est très différente. Même s'il ne déteste pas gagner de l'argent, Patrick Buisson est un idéologue au sens « noble » du terme. Sa vision de la France est pénétrée d'histoire et de convictions. Il en déduit des conseils forcément détachés d'une lecture premier degré des sondages. De son côté, Pierre Giacometti se revendique d'une vision plus « scientifique » ou, disons à forte compétence technique. Il perçoit davantage les courants d'opinion en fonction d'une vision un peu technocratique, une sorte de benchmark des opinions. Les comparaisons internationales reviennent souvent dans sa conversation. Bref, si Buisson est historien, « Giaco » serait davantage un géographe.

Quoiqu'il en soit, le niveau de sophistication auquel est parvenu la communication de l'Elysée va poser un redoutable problème aux challengers du Président en 2012. Quelle que soit la situation politique à ce moment-là, les moyens dont disposera le Président seront infiniment supérieurs à celui des candidats et des partis d'opposition. Faudra-t-il que le challenger de Sarkozy soit riche pour avoir une chance de la vaincre, à l'image de ce qui se passe dans les campagnes américaines ?








LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez