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Cohn-Bendit joue à «soyons réalistes, exigeons le possible»!Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 27 Janvier 2010 à 11:02 | Lu 9926 fois
Le principal artisan de l’alliance des écologistes met un frein aux ardeurs de ses petits camarades qui se voient plus gros que le bœuf socialiste. Un changement de braquet qui s’explique aisément…
Il n’y a pas que Martine Aubry qui « rétropédale ». Daniel Cohn-Bendit le fait aussi à sa manière. Pas sur les retraites. Mais sur les ambitions de ses petits camarades pour les régionales. Ce matin, au micro de Jean-Michel Aphatie, il y a mis un très sérieux coup de frein.
« Quand on voit les sondages — même les plus faibles — une stabilisation à 13%-14%, c’est extraordinaire », explique-t-il. Et de poursuivre sur le même registre : « L’écologie politique a réémergé et maintenant il ne faut pas non plus croire qu’en deux ans, on dépasse le Parti socialiste, même s’il n’est pas très bien. », « le PS a un socle électoral qu’on ne peut pas comparer avec le nôtre ». Plus question donc de passer devant le parti à la rose ? « Ça, je ne l’ai jamais dit. J’ai toujours dit que c’était de la bêtise. » Il est vrai. Mais certains s’en sont chargés pour lui. Parfois même à la tribune comme Augustin Legrand il y a même pas quinze jours. Et le plus souvent en coulisses pour ce qui est des cadres politiques des Verts. « Il y a des bons et des mauvais journalistes et il y a des bons et des mauvais politiques », répond Cohn-Bendit. Les intéressés apprécieront… Lui en tout cas la joue « fin politique ». Et comme officiellement il n’est plus question de vouloir faire la nique au Parti socialiste (sur qui les écolos tapent pourtant sans relâche), il n’est plus vraiment question, non plus, de décrocher des présidences de régions. Malgré tout, dans son entourage, il en est quelques-uns pour se voir à la tête de l’Île-de-France, de l’Alsace ou de la région Rhône-Alpes : «C’est improbable» affirme aujourd’hui Cohn-Bendit. Mais d’expliquer dans le même temps que «dans une campagne tout peut arriver : on n'est arrivé à notre score que dans la dernière semaine de la campagne [des européennes] ». En juin dernier, d’après la Fondation pour l’innovation politique, 61% des électeurs d’Europe écologie se seraient en effet décidés dans la toute dernière ligne droite, « contre 45% pour l’ensemble de l’électorat ». Crier d’ores et déjà victoire, c’est se couper de ce réservoir d’« électeurs du dernier moment ». Ceci expliquant sans doute ce changement de braquet imposé par Daniel Cohn-Bendit. Il faut ajouter à cela des scores en baisse dans les derniers sondages et, peut-être également, une volonté de se différencier à nouveau des socialistes qui ont débuté leur campagne de façon arrogante, annonçant ci et là « être en capacité » (comme on dit au PS) de « faire le grand chelem » aux régionales. Manque de bol la direction socialiste, ces derniers jours, a aussi décidé de faire profil bas en se présentant — n'en déplaise à certains — comme l’incarnation de la gauche de gouvernement, de la gauche réaliste. Se voir plus gros que le bœuf, c’est aussi prendre le risque, en cas de score plus faible qu’attendu, de mettre à mal le principe même de l’alliance des écologistes. Certains chez les Verts attendent d’ailleurs DCB silencieusement au tournant… Le leader de 68, lui, se veut donc « réaliste » et n’exige aujourd'hui que le possible. En tout cas officiellement. En tout cas pour ces régionales. Et pour après ? Lors du meeting de lancement de campagne à Montreuil, il imaginait volontiers ses compagnons d’armes écologistes avec « entre 50 et 100 députés » en 2012 !
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