Christine Ockrent invente l'auto-hagiographie
Vendredi 29 Mai 2009 à 07:01 | Lu 9119 fois I 34 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Dans une interview au journal Jeune Afrique, Christine Ockrent, directrice générale de l'audiovisuel extérieur de la France revient sur le climat social à RFI, critiquant violemment les syndicats. Dans un retour sur sa carrière, l'ancienne présentatrice admet un sans-fautes et commence ainsi l'écriture de la légende de la Reine Christine.
Plutôt discrète ces derniers temps - encore qu’on l’ait aperçue à Cannes, entre deux reproches adressés aux journalistes de RFI qui avaient fait le déplacement - Christine Ockrent a donné une interview intéressante au journal Jeune Afrique.
La Reine Christine, qui dit se passer « volontiers » du surnom en question, a trouvé là un terrain de libre expression comme il y en a peu. Le portrait introductif en atteste : « À 65 ans, la petite dame blonde au regard bleu n’aime encore rien tant qu’être reconnue : professionnellement bien sûr, mais aussi physiquement, elle qui vécut toutes les gloires et les affres du statut terriblement précaire de star des médias ». Le reste est à l’avenant : « Femme de ministre, amie du chef de l’État, avec une réputation de réductrice de têtes à la fois admirée et redoutée, il n’en fallait pas plus pour que les syndicats, particulièrement à RFI, s’en émeuvent. Et pour que l’on passe l’essentiel à la trappe : Christine Ockrent est avant tout une grande professionnelle. Les mamans du marché d’Abidjan, elles, ne l’ont pas oublié… ».
Au fil des questions, la Reine Christine déroule les réponses d'une femme qui ne doute de rien, et surtout pas d'elle-même. Interrogée sur le climat social à RFI, elle explique qu’il est pire que ce à quoi elle s’attendait, sans envisager un instant y être pour quelque chose : « Beaucoup, parmi les quelque 1400 salariés de RFI, n’ont qu’une très vague idée du budget de leur entreprise et des contraintes que cela représente (…). Les syndicats sont des partenaires à la fois légitimes et obligés de tout dialogue social, mais certains d’entre eux ont du mal à reconnaître les évidences. ». Eh oui ! ma bonne Dame, si en plus d’accepter la suppression de 200 postes et la disparition de sept rédactions en langues étrangères, ils pouvaient fermer leur gueule !
La Reine Christine, qui dit se passer « volontiers » du surnom en question, a trouvé là un terrain de libre expression comme il y en a peu. Le portrait introductif en atteste : « À 65 ans, la petite dame blonde au regard bleu n’aime encore rien tant qu’être reconnue : professionnellement bien sûr, mais aussi physiquement, elle qui vécut toutes les gloires et les affres du statut terriblement précaire de star des médias ». Le reste est à l’avenant : « Femme de ministre, amie du chef de l’État, avec une réputation de réductrice de têtes à la fois admirée et redoutée, il n’en fallait pas plus pour que les syndicats, particulièrement à RFI, s’en émeuvent. Et pour que l’on passe l’essentiel à la trappe : Christine Ockrent est avant tout une grande professionnelle. Les mamans du marché d’Abidjan, elles, ne l’ont pas oublié… ».
Au fil des questions, la Reine Christine déroule les réponses d'une femme qui ne doute de rien, et surtout pas d'elle-même. Interrogée sur le climat social à RFI, elle explique qu’il est pire que ce à quoi elle s’attendait, sans envisager un instant y être pour quelque chose : « Beaucoup, parmi les quelque 1400 salariés de RFI, n’ont qu’une très vague idée du budget de leur entreprise et des contraintes que cela représente (…). Les syndicats sont des partenaires à la fois légitimes et obligés de tout dialogue social, mais certains d’entre eux ont du mal à reconnaître les évidences. ». Eh oui ! ma bonne Dame, si en plus d’accepter la suppression de 200 postes et la disparition de sept rédactions en langues étrangères, ils pouvaient fermer leur gueule !
Ockrent, martyr politique ?
Abordant la carrière de «madame France 24», le journaliste revient sur son passage à l’Express. « Des regrets ? » : « Non, j’ai augmenté la diffusion de L’Express de 30 % en trois ans. J’ai tenté de revigorer une rédaction quelque peu alanguie. Et je me suis fait virer par le propriétaire de l’époque, Havas, parce que j’avais fait mettre en couverture une citation du Verbatim de Jacques Attali, attribuée à François Mitterrand, laquelle avait fortement déplu au président Chirac. Ce fut une expérience instructive ». Bref, un sans fautes même si la faculté des gens de médias à réécrire leur histoire professionnelle surtout quand il s’agit de passer pour des martyrs politiques étonne toujours.
Ockrent virée sur décision de Chirac et PPDA qui met en scène une pseudo-insolence à l’encontre de Sarkozy pour expliquer son éviction du 20 heures. Malheureusement, dans les deux cas, la réalité est beaucoup plus prosaïque. On sait que TF1 considérait PPDA comme une diva vieillissante plus que comme un dangereux rebelle. Et si Christine Ockrent a été débarquée sans ménagement par l'actionnaire de l'Express, c'est surtout parce qu'elle était accusée d'en avoir fait un magazine en pleine crise d’identité centré sur l’univers télé et doublé par le Nouvel Obs en termes de ventes.
Ockrent virée sur décision de Chirac et PPDA qui met en scène une pseudo-insolence à l’encontre de Sarkozy pour expliquer son éviction du 20 heures. Malheureusement, dans les deux cas, la réalité est beaucoup plus prosaïque. On sait que TF1 considérait PPDA comme une diva vieillissante plus que comme un dangereux rebelle. Et si Christine Ockrent a été débarquée sans ménagement par l'actionnaire de l'Express, c'est surtout parce qu'elle était accusée d'en avoir fait un magazine en pleine crise d’identité centré sur l’univers télé et doublé par le Nouvel Obs en termes de ventes.
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