Chirac : Papy fait de la Présidence
Lundi 9 Juin 2008 à 17:12 | Lu 15798 fois I 54 commentaire(s)
Nicolas Domenach
Par Nicolas Domenach. Longtemps accablé par la victoire de Sarkozy, Chirac se réveille enfin. Et il n'est pas content !
Il y a donc pour Chirac une vie politique après la mort présidentielle : faire de la Politique, s’élever à la hauteur jamais atteinte des enjeux dits essentiels, la paix, le développement durable, le respect des cultures, etc. Etre Président comme il ne l’a pas été, et comme tiré, a ouvert un œil, a fait jouer ses griffes. Tiens, ça bouge encore…
L’ancien président s’est découvert vivant, ayant envie de vivre, de donner une leçon de présidence même, pourquoi pas ? en commençant par infliger quelques coups de patte majestueux. « C’est une exigence républicaine de ne pas commenter l’action de ses prédécesseurs ou de son successeur », lâchait-il dans Le Figaro. Double leçon de maintien à l’adresse de Giscard qui l’a toujours insupporté par ses attaques mesquines contre son défaut de hauteur - « vous allez voir le visionnaire », ricanait l’Ex, quand Jean-Pierre Raffarin le quittait - et attaque directe contre Sarkozy qui s’est permis de critiquer à plusieurs reprises son inertie de roi fainéant. « Je n’ai rien entendu », répète Chirac quand on évoque ces mises en cause indélicates. Il tapote alors son oreille comme ces demi sourds qui veulent montrer que leur écoute est sélective, et qu’il est plus habile et plus élégant de savoir ne pas entendre pour mieux enfoncer l’interlocuteur critique forcé de japper dans le vide.
Tout ce qu'il n'a pas fait, Chirac en prône aujourd'hui l'urgente nécessité
Ça n’enlève pas les désaccords. Sur la politique étrangère trop atlantiste, sur la réforme de la Constitution qu’il juge risquée, sur les entorses à la laïcité qu’il estime dangereuses, et sur les trop grands cadeaux faits aux très grands patrons comme sur le peu d’attention prêtée aux plus démunis. Chirac n’exprime pas de critique à haute voix, en dépit de toutes les pressions de ses proches. « Ce ne serait pas convenable » encore une fois, et le désaveu de l’opinion via les sondages et les élections municipales suffit pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter. Mais l’ancien Président n’aurait rien caché au nouveau de ses sentiments peu amènes, lors de leur récent déjeuner chez Thiou devant un tigre qui pleure. Sans un commentaire public. Sans une fuite.
Pas besoin d’en remettre, à partir du moment où la leçon devrait être complétée aujourd’hui d’un discours sur l’état de l’union mondiale à l’occasion du lancement de sa fondation. Puisque Sarkozy ne s’occupe pas des grands problèmes de la planète ou si peu, le choc des cultures, la pollution, la hausse des matières premières, la famine, le développement des pays pauvres lui va s’y attaquer… Enfin !
Tout ce qu’il n’a pas fait au pouvoir, il va en prôner l’urgente nécessité. Ce qui lui permettra d’abord de se rassembler lui-même, de retrouver ses engagements de jeunesse, humaniste, tiers-mondiste, écologiste. Engagements qui ont pu connaître des tours et des détours, notamment lorsqu’il a repris les essais nucléaires en 1995, premier acte fort de nouveau président… La charte pour l’environnement adossée à la Constitution ce fut bien tardif. Mais l’homme à son couchant a des regrets, et après 40 ans de pouvoir, se trouve suffisamment vif pour vouloir réveiller les consciences. Il n’est jamais trop tard. Y compris pour éveiller la conscience de Sarkozy ! Qui n’est là que depuis un an et à qui il faudrait laisser le temps de prendre la dimension de la fonction… Mais Chirac refuse d’en parler davantage, alors qu’il est intarissable sur les pygmées du Congo. Ceux-là savent que pour atteindre la grandeur, les hommes doivent monter sur les épaules les uns des autres.
L’ancien président s’est découvert vivant, ayant envie de vivre, de donner une leçon de présidence même, pourquoi pas ? en commençant par infliger quelques coups de patte majestueux. « C’est une exigence républicaine de ne pas commenter l’action de ses prédécesseurs ou de son successeur », lâchait-il dans Le Figaro. Double leçon de maintien à l’adresse de Giscard qui l’a toujours insupporté par ses attaques mesquines contre son défaut de hauteur - « vous allez voir le visionnaire », ricanait l’Ex, quand Jean-Pierre Raffarin le quittait - et attaque directe contre Sarkozy qui s’est permis de critiquer à plusieurs reprises son inertie de roi fainéant. « Je n’ai rien entendu », répète Chirac quand on évoque ces mises en cause indélicates. Il tapote alors son oreille comme ces demi sourds qui veulent montrer que leur écoute est sélective, et qu’il est plus habile et plus élégant de savoir ne pas entendre pour mieux enfoncer l’interlocuteur critique forcé de japper dans le vide.
Tout ce qu'il n'a pas fait, Chirac en prône aujourd'hui l'urgente nécessité
Ça n’enlève pas les désaccords. Sur la politique étrangère trop atlantiste, sur la réforme de la Constitution qu’il juge risquée, sur les entorses à la laïcité qu’il estime dangereuses, et sur les trop grands cadeaux faits aux très grands patrons comme sur le peu d’attention prêtée aux plus démunis. Chirac n’exprime pas de critique à haute voix, en dépit de toutes les pressions de ses proches. « Ce ne serait pas convenable » encore une fois, et le désaveu de l’opinion via les sondages et les élections municipales suffit pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter. Mais l’ancien Président n’aurait rien caché au nouveau de ses sentiments peu amènes, lors de leur récent déjeuner chez Thiou devant un tigre qui pleure. Sans un commentaire public. Sans une fuite.
Pas besoin d’en remettre, à partir du moment où la leçon devrait être complétée aujourd’hui d’un discours sur l’état de l’union mondiale à l’occasion du lancement de sa fondation. Puisque Sarkozy ne s’occupe pas des grands problèmes de la planète ou si peu, le choc des cultures, la pollution, la hausse des matières premières, la famine, le développement des pays pauvres lui va s’y attaquer… Enfin !
Tout ce qu’il n’a pas fait au pouvoir, il va en prôner l’urgente nécessité. Ce qui lui permettra d’abord de se rassembler lui-même, de retrouver ses engagements de jeunesse, humaniste, tiers-mondiste, écologiste. Engagements qui ont pu connaître des tours et des détours, notamment lorsqu’il a repris les essais nucléaires en 1995, premier acte fort de nouveau président… La charte pour l’environnement adossée à la Constitution ce fut bien tardif. Mais l’homme à son couchant a des regrets, et après 40 ans de pouvoir, se trouve suffisamment vif pour vouloir réveiller les consciences. Il n’est jamais trop tard. Y compris pour éveiller la conscience de Sarkozy ! Qui n’est là que depuis un an et à qui il faudrait laisser le temps de prendre la dimension de la fonction… Mais Chirac refuse d’en parler davantage, alors qu’il est intarissable sur les pygmées du Congo. Ceux-là savent que pour atteindre la grandeur, les hommes doivent monter sur les épaules les uns des autres.
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