Chine: les salaires augmentent enfin... la poudre aux yeux aussi
Mercredi 9 Juin 2010 à 05:01 | Lu 9370 fois I 16 commentaire(s)
Hexaconso - Blogueur associé
Après Foxconn, l'usine de fabrication des i-pad, Honda et plusieurs régions, dont Pékin et Shangaï recommandent des augmentations du salaire minimum. La blogueuse d'Hexaconso montre les limites de ce brusque accès de générosité.
Le feuilleton des conditions de travail des employés chinois n’en finit pas de rebondir.
Après la hausse de 20% des salaires de certains des ouvriers chinois du taïwanais Hon Hai, sous-traitant des grands noms de l’électronique (Apple, Nokia, Dell, HP et les autres), ce sont les employés d’une usine de pièces détachées du constructeur japonais Honda qui ont obtenu une hausse de 24% de leurs salaires. Ces ouvriers s’étaient mis en grève la semaine dernière, pour exiger de meilleurs salaires, paralysant toute la production jusqu’à vendredi dernier [4 juin 2010], avant d’obtenir satisfaction.
Face au mécontentement des salariés, illustré par des conflits sociaux croissants, les autorités chinoises viennent d’autoriser une vague d’augmentations du salaire minimum. A Pékin, le salaire minimum mensuel va ainsi être relevé de 20% à 960 yuans (115 euros) à partir du 1er juillet, a rapporté le quotidien Global Times. La hausse est deux fois plus importante que l’augmentation traditionnellement annoncée chaque année (10,02%), depuis que la capitale a introduit un salaire minimum en 1994, précise le quotidien anglais.
Pékin est l’une des quelque 30 provinces ou municipalités de Chine qui ont augmenté le salaire minimum ou s’apprêtent à le faire. Après une hausse récente, la métropole de Shanghai offre le salaire minimum le plus élevé du pays, à 1.120 yuans par mois, soit 134 euros, selon le journal officiel. A Shenzhen, le salaire est aux environs de 110 euros par mois, alors que le minimum nécessaire à une vie décente dans cette ville serait plutôt de l’ordre de 240 euros… On est encore loin du compte !
Reste que Honda et Foxconn semblent en tout cas symboliques d’un tournant. Ces deux évènements ont débouché sur de fortes hausses salariales. Et Pékin semble avoir validé ce constat d’une insuffisance des rémunérations.
Après la hausse de 20% des salaires de certains des ouvriers chinois du taïwanais Hon Hai, sous-traitant des grands noms de l’électronique (Apple, Nokia, Dell, HP et les autres), ce sont les employés d’une usine de pièces détachées du constructeur japonais Honda qui ont obtenu une hausse de 24% de leurs salaires. Ces ouvriers s’étaient mis en grève la semaine dernière, pour exiger de meilleurs salaires, paralysant toute la production jusqu’à vendredi dernier [4 juin 2010], avant d’obtenir satisfaction.
Face au mécontentement des salariés, illustré par des conflits sociaux croissants, les autorités chinoises viennent d’autoriser une vague d’augmentations du salaire minimum. A Pékin, le salaire minimum mensuel va ainsi être relevé de 20% à 960 yuans (115 euros) à partir du 1er juillet, a rapporté le quotidien Global Times. La hausse est deux fois plus importante que l’augmentation traditionnellement annoncée chaque année (10,02%), depuis que la capitale a introduit un salaire minimum en 1994, précise le quotidien anglais.
Pékin est l’une des quelque 30 provinces ou municipalités de Chine qui ont augmenté le salaire minimum ou s’apprêtent à le faire. Après une hausse récente, la métropole de Shanghai offre le salaire minimum le plus élevé du pays, à 1.120 yuans par mois, soit 134 euros, selon le journal officiel. A Shenzhen, le salaire est aux environs de 110 euros par mois, alors que le minimum nécessaire à une vie décente dans cette ville serait plutôt de l’ordre de 240 euros… On est encore loin du compte !
Reste que Honda et Foxconn semblent en tout cas symboliques d’un tournant. Ces deux évènements ont débouché sur de fortes hausses salariales. Et Pékin semble avoir validé ce constat d’une insuffisance des rémunérations.
L' « atelier du monde » remis en cause
Dans un pays habitué aux explosions de colère – avec 127 000 mouvements de protestations en 2008 – et où l’information est verrouillée, il n’est pas sûr qu’ils aient eu le même retentissement en d’autres temps. En effet, aujourd’hui, l’image de la Chine en tant qu’ « atelier du monde » est en jeu. Et cette image se dégrade de jour en jour, avec en plus un réveil des pays occidentaux qui, dépouillés de leur industrie, comprennent enfin qu’ils ne peuvent pas rester les bras ballants devant l’appauvrissement de leur économie. Et les initiatives nationales se multiplient : Buy American Act, Marque France… Même l’Europe, si farouchement accrochée à son sacrosaint libéralisme et à la régulation par les marchés, semble commencer à prendre conscience de la nécessité qu’il pourrait y avoir à, au moins, informer le consommateur sur ce qu’il achète.
Reste à savoir si les entreprises chinoises vont respecter ces salaires minimaux, qu’elles contournent assez facilement en oubliant par exemple de déclarer les heures supplémentaires qu’elles imposent à leurs employés !
Reste à savoir si les entreprises chinoises vont respecter ces salaires minimaux, qu’elles contournent assez facilement en oubliant par exemple de déclarer les heures supplémentaires qu’elles imposent à leurs employés !
Pour les industriels vraiment attachés aux coûts de main d’œuvre les plus bas possible, il reste encore quelques pays à exploiter. Le Bangladesh, par exemple : moins cher que la Chine, des conditions de travail encore plus difficiles, des salariés encore peu revendicatifs… Ou encore l’Égypte, où les zones franches attirent les entreprises chinoises qui cherchent à produire encore moins cher que moins cher.
Et une fois que le tour du monde sera fini, retour à la case départ, chez nous. Les salaires y auront tellement baissé, le travail sera devenu si rare, qu’on sera alors prêt à tout accepter !
Retrouvez le blog d'Hexaconso
Et une fois que le tour du monde sera fini, retour à la case départ, chez nous. Les salaires y auront tellement baissé, le travail sera devenu si rare, qu’on sera alors prêt à tout accepter !
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