Chine-USA: Hu Jintao renvoie Obama dans les cordes
Vendredi 21 Janvier 2011 à 07:34 | Lu 9792 fois I 15 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
En admettant que la Chine avait des efforts à faire en matière de droits de l'homme, un aveu ignoré par la presse chinoise, Hu Jintao à donner du grain à moudre à la presse américaine. En revanche, le président chinois n'a rien cédé sur l'essentiel: à savoir la politique monétaire de son pays. Une victoire diplomatique par K.O.
Hu Jintao est bien placé pour le savoir : en Chine, la liberté de la presse a ses limites. C’est lors des voyages officiels du président chinois que l’on mesure le mieux cet état de fait.
Débarqué aux Etats-Unis, lors d’une conférence de presse – que la diplomatie française s’était bien gardée d’organiser lors de la visite en France du président chinois- Hu Jintao n’a pu échapper à une question sur les droits de l’homme.
La conférence de presse n’avait pourtant rien d’un tir de barrage : quatre questions, deux pour les journalistes américains, deux pour les chinois. Hu Jintao a réussi à éviter la première question américaine sur les droits de l’homme, invoquant subtilement un problème de traduction. La presse américaine est revenue à la charge pour une deuxième salve. Le deuxième journaliste américain pose, sans barguigner, la même question.
Le problème de traduction résolu, Hu Jintao avoue que « la Chine est tout à fait déterminée à respecter les droits de l’homme et leur universalité. C’est un pays qui a une énorme population et qui est à une étape critique de son développement. Mais nous sommes prêts à étudier le bon exemple des Etats-Unis » a-t-il ajouté.
La Maison Blanche a également assuré que Barack Obama avait parlé à son interlocuteur du cas du dissident emprisonné et Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo, dont il réclame la libération.
La presse américaine en a fait ses gros titres, insistant lourdement sur cette remarque du président chinois. De son côté, la presse officielle a soigneusement escamoté le sujet, insistant plutôt sur le « réchauffement des relations sino-américaines ».
Débarqué aux Etats-Unis, lors d’une conférence de presse – que la diplomatie française s’était bien gardée d’organiser lors de la visite en France du président chinois- Hu Jintao n’a pu échapper à une question sur les droits de l’homme.
La conférence de presse n’avait pourtant rien d’un tir de barrage : quatre questions, deux pour les journalistes américains, deux pour les chinois. Hu Jintao a réussi à éviter la première question américaine sur les droits de l’homme, invoquant subtilement un problème de traduction. La presse américaine est revenue à la charge pour une deuxième salve. Le deuxième journaliste américain pose, sans barguigner, la même question.
Le problème de traduction résolu, Hu Jintao avoue que « la Chine est tout à fait déterminée à respecter les droits de l’homme et leur universalité. C’est un pays qui a une énorme population et qui est à une étape critique de son développement. Mais nous sommes prêts à étudier le bon exemple des Etats-Unis » a-t-il ajouté.
La Maison Blanche a également assuré que Barack Obama avait parlé à son interlocuteur du cas du dissident emprisonné et Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo, dont il réclame la libération.
La presse américaine en a fait ses gros titres, insistant lourdement sur cette remarque du président chinois. De son côté, la presse officielle a soigneusement escamoté le sujet, insistant plutôt sur le « réchauffement des relations sino-américaines ».
Un leader chinois affaibli qui tient tête au Maître de l'univers
Un réchauffement à relativiser. Après une année 2010 tendue, les deux chefs d’Etat se sont certes affichés côte à côte au grand plaisir des photographes, mais ne se sont entendus que sur une déclaration visant à dénoncer le programme nucléaire nord-coréen et notamment ses nouvelles installations d’enrichissement d’uranium.
D’un point de vue commercial, en façade, la récolte est bonne : les Américains ont engrangé 45 milliards de dollars de contrats. Sur le fond, rien n’a changé. Confrontée à l'interdépendance des deux économies et à la question des déséquilibres commerciaux et de la sous-évaluation du yuan, Obama a réclamé, en vain, un « ajustement » de la monnaie chinoise. Mais Pékin reste sourd aux appels venus de Washington de laisser sa monnaie s'apprécier, ce qui dope ses exportations au grand détriment des USA et de l’Europe.
Lors de réunions antérieures, Hu Jintao et son premier Ministre avaient pourtant laissé entendre qu’ils laisseraient le Yuan s’apprécier progressivement au grand scepticisme du ministère de l’économie chinois. Obama ne voit rien venir.
Correspondant du New-York Times à Pékin, Michael Wines en déduit que le président chinois, qui doit quitter le pouvoir en 2013, a d’ores et déjà perdu la main alors que le nom de son probable successeur (Xi Jinping, le vice-président de la commission militaire centrale) circule depuis des mois. Qualifié de « Roi fainéant », le vrai pouvoir serait aux mains des chefs des armées et des barons de l’économie chinoise.
« Hu Jintao est le leader chinois le plus affaibli des temps modernes » affirme même le New-York Times.
Un constat inquiétant pour la diplomatie américaine : quelques doucereuses paroles auront suffi au « tout petit Timonier » chinois pour ne pas à céder un pouce de terrain économique au leader de la World Company. L'hypothèse du journaliste sur la faiblesse de Hu Jintao ne marche que si l'on l'a cru sur parole lorsqu'il prétendait vouloir laisser le yuan s'apprécier. En réalité, et quoiqu'ils en disent depuis des années, les dirigeants chinois ne semblent guère disposés à obtempérer aux demandes des Occidentaux sur le front monétaire : le yuan demeure leur premier atout à l'exportation. D'autant que ces demandes sont si polies et respectueuses qu'il suffit de quelques commandes - comme celles opportunément annoncées à Washinton - pour que les froncements de sourcil deviennent des sourires ravis.
D’un point de vue commercial, en façade, la récolte est bonne : les Américains ont engrangé 45 milliards de dollars de contrats. Sur le fond, rien n’a changé. Confrontée à l'interdépendance des deux économies et à la question des déséquilibres commerciaux et de la sous-évaluation du yuan, Obama a réclamé, en vain, un « ajustement » de la monnaie chinoise. Mais Pékin reste sourd aux appels venus de Washington de laisser sa monnaie s'apprécier, ce qui dope ses exportations au grand détriment des USA et de l’Europe.
Lors de réunions antérieures, Hu Jintao et son premier Ministre avaient pourtant laissé entendre qu’ils laisseraient le Yuan s’apprécier progressivement au grand scepticisme du ministère de l’économie chinois. Obama ne voit rien venir.
Correspondant du New-York Times à Pékin, Michael Wines en déduit que le président chinois, qui doit quitter le pouvoir en 2013, a d’ores et déjà perdu la main alors que le nom de son probable successeur (Xi Jinping, le vice-président de la commission militaire centrale) circule depuis des mois. Qualifié de « Roi fainéant », le vrai pouvoir serait aux mains des chefs des armées et des barons de l’économie chinoise.
« Hu Jintao est le leader chinois le plus affaibli des temps modernes » affirme même le New-York Times.
Un constat inquiétant pour la diplomatie américaine : quelques doucereuses paroles auront suffi au « tout petit Timonier » chinois pour ne pas à céder un pouce de terrain économique au leader de la World Company. L'hypothèse du journaliste sur la faiblesse de Hu Jintao ne marche que si l'on l'a cru sur parole lorsqu'il prétendait vouloir laisser le yuan s'apprécier. En réalité, et quoiqu'ils en disent depuis des années, les dirigeants chinois ne semblent guère disposés à obtempérer aux demandes des Occidentaux sur le front monétaire : le yuan demeure leur premier atout à l'exportation. D'autant que ces demandes sont si polies et respectueuses qu'il suffit de quelques commandes - comme celles opportunément annoncées à Washinton - pour que les froncements de sourcil deviennent des sourires ravis.
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