Chez moi, c’est plus vert et plus divers qu’à côté...
Samedi 24 Janvier 2009 à 12:00 | Lu 4625 fois I 21 commentaire(s)
Elisabeth Lévy
La diversité partout. Dans les partis, les radios, les télévisions, les associations, les municipalités, etc. Elisabeth Lévy se promène avec bonheur dans les allées sémantiques du politiquement correct, le langage du pouvoir contemporain.
L’égalité, c’est pour tout le monde : au départ du ridicule charivari sur la diversité dont le prétexte est, cette fois-ci, l’entrée en fonction de Barack Obama, il y a un principe incontestable et même tautologique. En régime méritocratique, la couleur de la peau ne devrait jamais être un handicap. Mais on a aussi le droit de penser que l’ériger en avantage acquis, en accélérateur social, ce n’est pas en finir avec la différence “raciale” (saint Zemmour, priez pour moi), c’est au contraire conférer à celle-ci un rôle décisif. Qu’on le veuille ou non, et je suis prête à croire que personne ne le veut, donner une promotion ou un avantage à quelqu’un parce qu’il est noir ou arabe ou juif ou homo ou ce qu’on veut, c’est le refuser à un autre parce qu’il ne l’est pas.
On vient d’échapper à la constitutionnalisation du principe, mais il suffit d’entendre journalistes, sociologues et politiques ânonner avec application ou enthousiasme le nouveau credo pour comprendre que la diversité est bien plantée au cœur de la doxa, qu’elle fait durablement partie des promesses qu’on ne peut pas refuser – une idée bien sous tous rapports. Je m’étonne qu’il n’y ait pas encore de collectif pour le remplacement de “fraternité” par “diversité” dans la devise nationale. Fraternité, ça vous a un air vaguement blanc, un peu trop pâle comme on dit maintenant, un peu trop conforme, tandis que diversité, ça sent sa pub Benetton et son arc-en-ciel. Sous le règne de la diversité, il n’y a plus ni frères ni sœurs, ni ici ni ailleurs : comme dirait l’autre, nous sommes tous des autres. Il faudrait alors expliquer pourquoi, du même coup, chacun est sommé de déclarer s’il est juif ou grec.
Lire la suite de l'article d'Elisabeth Lévy sur le site de Causeur
On vient d’échapper à la constitutionnalisation du principe, mais il suffit d’entendre journalistes, sociologues et politiques ânonner avec application ou enthousiasme le nouveau credo pour comprendre que la diversité est bien plantée au cœur de la doxa, qu’elle fait durablement partie des promesses qu’on ne peut pas refuser – une idée bien sous tous rapports. Je m’étonne qu’il n’y ait pas encore de collectif pour le remplacement de “fraternité” par “diversité” dans la devise nationale. Fraternité, ça vous a un air vaguement blanc, un peu trop pâle comme on dit maintenant, un peu trop conforme, tandis que diversité, ça sent sa pub Benetton et son arc-en-ciel. Sous le règne de la diversité, il n’y a plus ni frères ni sœurs, ni ici ni ailleurs : comme dirait l’autre, nous sommes tous des autres. Il faudrait alors expliquer pourquoi, du même coup, chacun est sommé de déclarer s’il est juif ou grec.
Lire la suite de l'article d'Elisabeth Lévy sur le site de Causeur
Voir les 21 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter