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Marianne2

Chevènement: «Un désaccord philosophique fondamental avec les verts»

Jean-Pierre Chevènement - Forum | Vendredi 25 Septembre 2009 à 15:20 | Lu 8523 fois

Pour Jean-Pierre Chevènement, la gauche ne devrait pas s'interdire de discuter avec Bayrou, ou saluer trop vite les victoires des Verts. Au lieu de courir après des alliances improbables, la gauche devrait travailler sur ses fondamentaux.



Marianne : Vous avez rencontré en tête à tête François Bayrou, que la direction du PS persiste à tenir à distance...
Jean-Pierre Chevènement : François Bayrou a déclaré vouloir tendre la main à la gauche et il a demandé à me voir. Il n’y a pas de raison de refuser de débattre sur le fond avec le président d’une formation qui est alliée au PS dans nombre de régions et de municipalités ! Un refus de dialogue dans ces conditions démontrerait un sectarisme qui est la plaie de notre vie politique.

Vous ne lui demandez donc pas, comme Martine Aubry, de donner des preuves d’évolution à gauche ?
J.-P.C. : Son évolution, qui l’éloigne de la droite, obéit à une logique politique. François Bayrou mène un combat courageux. Il est ostracisé par la droite. Il demande à débattre du fond. Ayons confiance en la force de nos idées : allons-y !

Vous participeriez donc au « Parlement de l’alternance » proposé par Bayrou ?
J.-P.C. : Il y a deux ans, le MRC avait proposé des assises de la gauche pour la refondation républicaine d’un parti de toute la gauche. Il faut débattre du fond, et cela sans sectarisme : pourquoi donc ne pas réunir, à cet effet, un « Parlement de l’alternance », y compris avec François Bayrou ? L’important, c’est de sortir la gauche du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée, faute d’avoir su tirer les leçons de ses échecs depuis 1993. Et, pour ce faire, il est plus efficace de travailler sur le fond que d’attendre une quelconque repentance de ceux qui ont cédé aux sirènes du néolibéralisme.

C’est-à-dire ?
J.-P.C. :
Il faut commencer par analyser la crise actuelle de la mondialisation financière. Comprendre à la fois la déflation salariale exercée par les pays à très bas coût salarial et saisir cette dimension politique si rarement évoquée. Le système de la globalisation financière fonctionne sur la base de la domination politique des Etats-Unis et d’une monnaie mondiale qui est le dollar. Le rapport de forces mondial a changé et va encore changer avec la montée de la Chine. Nous sommes pris en étau. La « moralisation du système » ne suffit pas. Le problème est politique : il faut remettre en cause un libre-échangisme destructeur et la suprématie du dollar dans le système monétaire international.

Le volontarisme de Nicolas Sarkozy, y compris sur le terrain industriel, ne vous satisfait pas ?
J.-P.C. :
Je ne fais pas de l’antisarkozysme systématique, mais je constate que malgré quelques initiatives utiles, concernant Alstom, par exemple, il n’y a pas de véritable politique industrielle pour lutter contre la délocalisation de nos industries. Il n’y a d’ailleurs plus de ministère de l’Industrie ! Idem avec la régulation financière. Le système bancaire n’a pas été assaini. Après les avoir renfloués, on reprend les mêmes et on recommence.

Vous auriez souhaité qu’on nationalise les banques ?
J.-P.C. : Et pourquoi pas, au cas par cas ? On aurait ainsi favorisé l’accès au crédit, notamment des PME, toujours en souffrance. Il ne faut pas en rester au verbe comme le fait Nicolas Sarkozy quand il reçoit les banquiers. Les nationalisations et la planification ne sont pas des « gros mots ». J’observe d’ailleurs que Paul Krugman recommande le retour à la planification, dans le domaine énergétique par exemple.

Sur les questions énergétiques, vous êtes toujours en désaccord avec les verts ?
J.-P.C. : J’ai un désaccord philosophique fondamental avec les verts. Ils pensent, comme Malthus, que le monde est trop petit pour l’homme. Or, les prophéties de Malthus au début du XIXe siècle se sont révélées fausses. Je crois en la raison de l’homme, en ses capacités d’invention et de créativité. Je n’ai pas d’hostilité de principe vis-à-vis des écologistes. Ils ont quelquefois de bonnes idées. Comme ministre de la Recherche et de l’Industrie, j’ai créé l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) en 1982, l’ancêtre de l’Ademe actuelle, car il y a à faire pour promouvoir les économies d’énergie. Je me situe dans l’héritage rationaliste des Lumières, je combats l’obscurantisme et la technophobie.

Vous leur reprochez de négliger la question sociale ?
J.-P.C. : La préoccupation de l’emploi et du développement économique leur échappe. Par ailleurs, on n’a pas le droit d’interdire le développement aux pays du Sud. C’est pourquoi il faut changer notre modèle de développement. La taxe carbone, sur le principe, je suis pour. Mais cet impôt écologique ne doit pas devenir une taxe antisociale. Il faut donc intégrer cette taxe dans une réforme fiscale plus vaste et plus juste.

Aujourd’hui, vous avez l’impression de subir la domination de l’idéologie écologiste ?
J.-P.C. : Elle est dans l’air du temps, c’est vrai. Mais, depuis vingt-cinq ans, j’ai plutôt eu l’impression de subir – et avec quelle force – la pression de l’idéologie libérale. La mode écolo actuelle, favorisée par M. Sarkozy, ne permettra pas de s’en défaire, bien au contraire. Les commentateurs ont surestimé le résultat des verts aux élections européennes où ils n’ont, somme toute, recueilli que 6,3 % des votes des électeurs inscrits... Le gouvernement par perversité et le PS par bêtise ont créé une vaste bulle médiatique autour de Daniel Cohn-Bendit, une bulle telle qu’aucun autre responsable politique n’en a jamais bénéficié ! C’est une vache sacrée. Je m’agenouille... Mais, malgré les efforts de M. Sarkozy pour souffler dans les bronches des écologistes, il est probable, selon moi, que cette bulle se dégonflera aux élections régionales.

A gauche, certains pensent que vos idées ont fait leur temps. Quel rôle pensez-vous encore pouvoir jouer dans la reconstruction de l’opposition ?
J.-P.C. : S’agissant de Mme Duflot, je dois être un peu moins jeune qu’elle, ça, c’est vrai. Mais de là à dire qu’elle incarnerait le neuf et moi le vieux... Je laisse ça aux « communicants ». Comme d’autres avant moi : Clemenceau, Mendès France, je considère la République comme « une idée toujours neuve ». Je définis mes positions à l’aune de l’intérêt public. Ils ne sont pas nombreux à le faire dans ce qu’on appelle – expression que j’abhorre – la « classe politique » ! Si porter haut l’exigence républicaine dans tous les domaines est ringard, je revendique la palme de la ringardise !

Propos recueillis par Renaud Dély et Nicolas Domenach

Jean-Pierre Chevènement est président du mouvement républicain et citoyen.



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84.Posté par Le prolétaire berrichon = ausseur robert le 28/09/2009 08:44


Que pourrait espérer , comme moyen de défense , le peuple qui voit ses institutions en coupe réglée par l'umps ! (base de références = les comptes de la Nation : cours des comptes et comptes de la sécurité sociale ) les comptes des HLM , logements sociaux vidage des réserves obligatoires , qui devraient représenter des montagnes de fric ...... etc.......)
Il y a pourtant dans leurs rangs d'anciens authentiques défenseurs des droits de l'homme ...

83.Posté par Elie Arié le 27/09/2009 22:43

@82 Le prolétaire berrichon = ausseur robert

"et ne t'en déplaise sale con"

Je me suis arrêté là, dans la lecture de votre loghorrée incohérente.
Jusqu'ici, j'avais fait l'effort de vous répondre, mais je vous laisse désormais aux bons soins de votre psychiatre.

82.Posté par Le prolétaire berrichon = ausseur robert le 27/09/2009 19:32

arié ,je ne vais plus utiliser le vouvoiement à ton endroir !
Mon tutoiement n'aura pas la valeur de mise à niveau , d'égalité !
Mais bien le tutoiement = vulgaire = voir insultant !
Mais , puisqu'il faut bien argumenter ! et ne t'en déplaise sale con !
Si , le président du sciècle déclare qu'il faut qu'"ils" réduisent à néant le programme politique , sociétal , social ........ élaboré par la résistance , adopté en 1944 : Compte tenu de ce que...

81.Posté par Elie Arié le 27/09/2009 13:12

@ 78 boubou

"S'il y a reprise il est fort à parier que les autres pays d'Europe s'en sortiront et que la France qu'elle soit diriger par la droite ou par la gauche restera telle qu'elle est à savoir :un chomage massif,une perte de pouvoir d'achat et la continuité des délocalisations."

Pour l'instant, la France est le pays d'Europe où la crise a eu le moins d'effets, où la décroissance a été la plus faible, et qui a consacré le moins d'argent a...

80.Posté par Elie Arié le 27/09/2009 13:05

@ 76 Le prolétaire berrichon = ausseur robert

Je ne vois pas en quoi votre rappel historique de certaines étapes du parcours de Chevènement constituerait une contradiction à son interview d'aujourd'hui? On peut reprocher beaucoup de choses à Chevènement, certains ne s'en privent pas, mais personne ne lui a jamais reproché une quelconque inconstance dans ses positions.

Et, s'il fréquentait "le Siècle" (ce que j'ignore), il aurait parfaitement r...

79.Posté par boubou le 27/09/2009 12:05

Je viens de lire votre commentaire Monsieur Chevenement il ya des choses avec lequel je suis d'accord concernant la financiarisation mondiale et le libre échangisme mais vous ne dites rien sur le mal Français.
S'il y a reprise il est fort à parier que les autres pays d'Europe s'en sortiront et que la France qu'elle soit diriger par la droite ou par la gauche restera telle qu'elle est à savoir :un chomage massif,une perte de pouvoir d'achat et ...

78.Posté par jack52 le 27/09/2009 11:33

76. Posté par Le prolétaire berrichon = ausseur robert le 26/09/2009 21:35

Bon dimanche Robert, mes amitiés;
Très bien ton article, tu es en pleins dans la vérité des événements et tu remets pas mal de situation à leur place.
Super robert.

77.Posté par Movil le 27/09/2009 10:16

@ 74 Louise
Je ne suis pas de très près les élucubrations de BHL. Ce n'est pas un homme politique et ses paroles n'engagent que lui. Il a le droit de s'exprimer mais je ne crois pas qu'il soit très écouté au PS.

76.Posté par Le prolétaire berrichon = ausseur robert le 26/09/2009 21:35

@ post 73 Elie Arié :
J'ai fait route politique avec J. P. Chevennement . Lorsqu'il animait le CERES (cercle d'étude et de recherche socialiste ) Il était parmi celles et ceux qui clamaient que la droite Française était la plus bête du Monde ! Alors qu'elle était depuis longtemps au pouvoir !
Je l'ai même interpelé sur ce thème et ais bénéficié d'applaudissements nourris .......Lors d'un colloque au gymase d'Epinays/S ! Je ne vous dirais pas l...

75.Posté par p'tite annick à l'entrepot de Seine le 26/09/2009 20:17

Toujours intéressant, notre Che à nous, sans sang sur les mains.
Mais il est peut-etre un peu trop confiant dans la techno: il semblerait que les multinationales en concurrence, malades de la concurrence ! et de la course aux brevets en tous genres: génétiques, chimiques, et de salaires et prix écrasés, montrent aujourd'hui leurs limites inhumaines, leurs tetes immondes, leurs capacités immenses de nuisance, et leur infériorité, en définitive,...
http://www.la-bas.org/

74.Posté par Louise le 26/09/2009 13:44

@Movil

La gauche ne gagnera pas si elle n'est pas unie (et offensive). Chevénement a voulu relancer le rassemblement de la gauche. Il est en cela respectable. Je voterais plutôt pour une grenouille que pour Sarkozy. Ségolène m'a déçue, je tape sur elle. Elle voulait un rassemblement qui aille de Bové à Bayrou, c'est bien. Mais son allié BHL voudrait écarter les altermondialistes, les communistes, le NPA et Chevénement. Il a tapé sur Cohn Bendi...

73.Posté par Elie Arié le 26/09/2009 12:36

@ 72 blouseuse

1-Chevènement défend, en effet, le principe de "l'élite républicaine", celle qui doit faire émerger les meilleurs, à condition de donner au départ les mêmes chances à tous, quelle que soit leur origine sociale, professionnelle, géographique,ethnique ou religieuse.

2- Vous écrivez "Actuellement, il n'ya aucune différence entre Chevènement, le PS , l'UMP , et le modem, sur le fond, sur le cadre de l'économie et des institutions". ...

72.Posté par blouseuse le 26/09/2009 11:49

Actuellement, il n'ya aucune difference entre Chevenement, le PS , l'UMP , et le modem, sur le fond, sur le cadre de l'économie et des institutions, et sur la réalité des pouvoirs de decisions!

71.Posté par blouseuse le 26/09/2009 11:50

Comme pour guaino, rocard, jospin, strauss et bien d'autres,le peuple , pour Chevenement,ça fait chier! Ca braille , ça pue et ça croit etre capable de penser, d'innover et de creer , Foutaise! C'est aux elites de defir le cadre, point barre!Ah! bon ! il ya une philosophie unique chez les verts!Chevenement a compris l'ideologie écologiste! c'est le seul!
Selon lui! les verts sont donc une secte de consommateurs integristes pro libéraux, qui n'...

70.Posté par Movil le 26/09/2009 11:35

@ 62 A & D
Vous avez raison ! mais en ce moment il est à la mode de voter suivant ses pulsions sans penser aux conséquences ! La désunion et l'éparpillement n'ont jamais été en matière d'élection, des facteurs de réussite mais il existe à gauche beaucoup de "masos" qui préfèrent avoir Sarkozy sur le dos plutôt que de consentir à faire élire un candidat qu'ils n'auraient pas estampillé "gauche idéale". Or l'idéal en politique n'existe qu'en thé...

69.Posté par le chien errant n'atteint pas forcément la forêt ... le 26/09/2009 10:55

Elie Arié ... Isabelle 78 ... Louise ... Yves 29 .... vous êtes à découvert !

68.Posté par Finky le 26/09/2009 10:35

Chevènement est un politique qui a su défendre ses idées avec constance, parfois même au dépens de ses intérêts personnels. Il est l'un des rares à gauche, au delà des slogans habituels, à avoir une vision cohérente des tenants et aboutissants de cette crise.

Les commentaires sur l'age, ou la "ringardise" sont faciles; En attendant sa clairvoyance lui aura permis d'avoir raison avant tout le monde sur pas mal de sujets. Paradoxalement, c'est s...

67.Posté par a&d le 26/09/2009 10:32

@25. Posté par Elie Arié le 25/09/2009 19:24
Vous dites "Je crois que tous les économistes sont incapables de définir ce qui est "utile" autrement que"ce que les gens ressentent comme utile"."

Votre remarque a du sens. Mais en même temps pourquoi faut-il précisément que ce soient les économistes, et eux seuls, qui en décident ? De plus, comment naît le "sentiment" des gens en matière d'utilité ou de besoins ? Toujours de la génération spontané...

66.Posté par Louise le 26/09/2009 10:23

@Isabelle78

Bravo ! Vous avez de la constance et c'est bien.
Il ya aussi trop de mariannautes adorateurs de Ségolène Royal. Méfions nous !

65.Posté par isabelle78 le 26/09/2009 10:21

59. Posté par le chien errant n'atteint pas forcément la forêt ... le 26/09/2009 09:33
Arrétes ton Char ... isabelle 78 .... t'es découverte et tu n'auras jamais l'étoffe d'un héros pour cacher ta nudité intelectuelle fort dépourvue quand la bise fut venue ...


C'est l'expression même d'une jalousie incompréhensible si ce n'est à vouloir s'autoproclamer "surdouée", ce que tu fis il n'y a pas si longtemps avec une rare niaiserie.

Intellectuelle e...

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