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Chérèque boycotte Woerth et surfe sur les divisons de la droite

Mardi 7 Septembre 2010 à 11:01 | Lu 13166 fois I 27 commentaire(s)

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Invité ce matin de Jean-Michel Aphatie, François Chérèque a fait clairement comprendre qu'il inscrivait le mouvement de mobilisations sur les retraites dans la durée, plaçant ses espoirs de négociations en Gérard Larcher, désavouant, au passage, définitivement Eric Woerth, comme interlocuteur de la réforme.


« Le sénat, c’est mon espoir », c’est le message politique pour le moins inattendu envoyé ce matin sur RTL par François Chérèque.  Constatant l’inflexibilité des Woerth, Sarkozy et Fillon sur d’éventuelles négociations sur la question de la pénibilité et les mesures d’âge, le leader de la CFDT a choisi de prendre les chemins de traverse de la haute assemblée.

Autoproclamé négociateur de la dernière heure, Gérard Larcher a, en effet, tendu une perche aux syndicats cette semaine en déclarant que « la manifestation de mardi sur les retraites aurait un sens. Ce sera un message et il faudra l’écouter ». Une prise de distance, une de plus, avec les pratiques d’un exécutif de plus en plus rigide. 

Le Sénat s'apprêterait à se saisir d'un certain nombre de points, comme les polypensionnés, les carrières longues et le maintien de l’âge de la retraite à taux plein à 65 ans. Autant de points sur lesquels le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque avait fait savoir, dans son entretien au Monde du 2 septembre, qu'il attendait des ouvertures. Selon Gérard Larcher, c’est de l’ampleur des manifestations que dépendra la portée des ouvertures. Il n’en fallait pas plus à Chérèque pour désigner son interlocuteur préféré: « l’objectif c’est le nombre de manifestants et le calendrier est beaucoup long que ce que l’on veut bien nous dire. Le débat parlementaire commence aujourd’hui à l’assemblée nationale. On attend du gouvernement qu’il fasse des signes. On a ensuite trois semaines avant le débat au Sénat et Gérard Larcher a dit qu’il était prêt à des ouvertures. Là on a un espace pour faire bouger les choses de manière importante ».
Offensif, le leader de la CFDT inscrit déjà le mouvement dans la durée. Sans exclure des actions rapides, ni l’hypothèse d’une grève générale selon l’ampleur des mobilisations.
 
Et Woerth dans tout ça ? Chaque jour, le ministre du travail se retrouve un peu plus sur la touche. Peu soutenu par Sarkozy, ignoré par les syndicats, Eric Woerth qui a déjà perdu son rôle de négociateur du gouvernement, se trouve désormais supplanté par Gérard Larcher et les conseillers de l’Elysée: « on voit bien que le pouvoir sur ce sujet là n’est pas dans les mains du ministre du travail ».

Woerth sans pouvoir, Chérèque veut discuter avec le boss. Il le dit clairement, il n’acceptera pas la proposition d’Arlette Chabot de débattre avec le ministre du Travail dans l’émission A vous de juger, ce jeudi : « c’est le premier ministre qui s’exprimera sur les retraites à 20h30 tout seul. On nous propose avec le Ministre du travail de commenter ce qu’a dit le premier Ministre. Là, c’est le pouvoir qui décide que celui qui s’exprime  sur les retraites, ce n’est plus Monsieur Woerth. Je suis désolé, je veux dialoguer avec celui qui a le pouvoir de s’exprimer sur le sujet ».

Déjà discrédité, voilà Woerth écarté.








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