Chatel rêve d’Allemagne… mais l’Allemagne rêve de la France
Lundi 14 Juin 2010 à 11:01 | Lu 8307 fois I 25 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions d'éducation En savoir plus sur cet auteur
Foot, économie, école maintenant, le modèle allemand est partout. Sauf que les Allemands sont en train de revenir sur leur école à mi-temps au moment où les Français imaginent de l'importer.
La réflexion sur la réforme du calendrier scolaire a ravivé quelques vielles lunes. En tête, la soi-disante suprématie du modèle éducatif allemand avec ses cours le matin et ses activités sportives et culturelles l’après-midi. Ah, l’école allemande, respectueuse du rythme biologique de l’enfant et attentive à son bien-être ! Des décennies qu’on nous vante ses mérites : voici qu’elle fera son apparition, dès septembre prochain, dans une centaine d’établissements scolaires français. Le problème, c’est que ce système est largement remis en cause en Allemagne : en dix ans, l’école d’outre-Rhin s’est ainsi radicalement transformée…au point de ressembler à sa voisine française !
La prise de conscience date de 2000, à l’occasion de la publication de l’enquête de l’OCDE comparant les performances des systèmes éducatifs. Provoquant un véritable électrochoc dans la société, cette étude plaçait l’Allemagne au 20ème rang sur un classement de 32 pays ! A la fin de l’école primaire, un quart des petits Allemands n’étaient pas capables de comprendre un texte écrit. Et oui, consacrer les après-midi au sports entraîne une baisse des heures de cours et donc des savoirs enseignés !
Résultat, depuis 2003, le gouvernement a investi 4 milliards d’euros pour scolariser les enfants toute la journée. Et les résultats se font sentir : en 2009, l’Allemagne a atteint la 8ème place du classement de l’OCDE.
On a aussi reproché au système allemand d’accroître les inégalités sociales. Les familles aisées n’hésitant pas à payer des heures cours de cours privés à leurs enfants l’après-midi plutôt que de les inscrire dans des clubs de sports. Pour éviter cet écueil, Luc Chatel, le ministre de l’Education Nationale, a insisté sur le caractère obligatoire des activités sportives et culturelles de la fin de journée, ce qui rappelle l'époque du service militaire obligatoire, quand les fils de bourgeois se faisaient réformer... De toute façon, cela ne suffira pas à réduire les écarts sociaux et culturels car certains enfants ont, plus que d’autres, besoin de temps pour saisir les notions de lecture ou de calcul.
Discriminant et peu performant, le « modèle allemand » a vécu. Il n’est plus considéré comme le remède miracle aux maux actuels de l’école. L’appliquer en France est au mieux inutile, au pire catastrophique. Ce n’est pas en construisant des terrains de foot dans les cités que l’on a réduit le chômage. Ce n’est certainement pas en organisant des tournois de foot tous les après-midi que l’on réduira l’absentéisme scolaire.
La prise de conscience date de 2000, à l’occasion de la publication de l’enquête de l’OCDE comparant les performances des systèmes éducatifs. Provoquant un véritable électrochoc dans la société, cette étude plaçait l’Allemagne au 20ème rang sur un classement de 32 pays ! A la fin de l’école primaire, un quart des petits Allemands n’étaient pas capables de comprendre un texte écrit. Et oui, consacrer les après-midi au sports entraîne une baisse des heures de cours et donc des savoirs enseignés !
Résultat, depuis 2003, le gouvernement a investi 4 milliards d’euros pour scolariser les enfants toute la journée. Et les résultats se font sentir : en 2009, l’Allemagne a atteint la 8ème place du classement de l’OCDE.
On a aussi reproché au système allemand d’accroître les inégalités sociales. Les familles aisées n’hésitant pas à payer des heures cours de cours privés à leurs enfants l’après-midi plutôt que de les inscrire dans des clubs de sports. Pour éviter cet écueil, Luc Chatel, le ministre de l’Education Nationale, a insisté sur le caractère obligatoire des activités sportives et culturelles de la fin de journée, ce qui rappelle l'époque du service militaire obligatoire, quand les fils de bourgeois se faisaient réformer... De toute façon, cela ne suffira pas à réduire les écarts sociaux et culturels car certains enfants ont, plus que d’autres, besoin de temps pour saisir les notions de lecture ou de calcul.
Discriminant et peu performant, le « modèle allemand » a vécu. Il n’est plus considéré comme le remède miracle aux maux actuels de l’école. L’appliquer en France est au mieux inutile, au pire catastrophique. Ce n’est pas en construisant des terrains de foot dans les cités que l’on a réduit le chômage. Ce n’est certainement pas en organisant des tournois de foot tous les après-midi que l’on réduira l’absentéisme scolaire.
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