Charon en quarantaine, Guaino de retour ?
Lundi 12 Avril 2010 à 17:13 | Lu 11225 fois I 36 commentaire(s)
L'antidote - Blogueur associé
Pour l'Antidote, la punition infligée par le Président à Pierre Charon, désormais privé de la réunion quotidienne de cabinet, pourrait favoriser le retour en son sein d'Henri Guaino qui boudait cette réunion au motif qu'elle suscitait beaucoup trop d'indiscrétions dans la presse.
On apprend aujourd’hui que Pierre Charon, l’homme qui faisait de Rachida Dati le pivot d’un complot international à visées financières, connaît aujourd’hui la peine que son grand ami Nicolas Sarkozy lui a infligée. Il est en effet privé de la réunion quotidienne qui se tient à l’Elysée sous la direction de Claude Guéant.
On s’interroge devant la lourdeur de la sanction. D’un côté, on se dit qu’il s’agit du minimum pour les exploits récents du conseiller en communication. Et on n’est pas forcément impressionné par le fait d’être exclu d’une telle réunion quotidienne puisque le conseiller spécial Henri Guaino la boude, lui volontairement, depuis la mi-décembre et la révélation par la presse des échanges qui l’avaient opposé à Raymond Soubie sur la suppression de l’Histoire en Terminale S. Que vaut une réunion à laquelle même celui qui écrit les discours présidentiels se dispense d’assister ?
D’un autre côté, Pierre Charon peut se sentir lésé. Je ne suis pas loin de partager le sentiment de Guy Birenbaum qui expliquait chez Thomas Hugues hier qu’il est impossible que la stratégie charonienne (sic) n’ait pas été avalisée dans le détail par le Président lui-même, lequel se serait ravisé devant l’ampleur de la riposte quasi-nucléaire de Rachida Dati. Ensuite, pour un bavard comme Charon, ne pas participer à ce « saint des saints » doit être beaucoup plus humiliant que pour un taiseux comme Guaino. Enfin, pour un ami très proche du Président, et lorsqu’on est chargé des chasses présidentielles, se retrouver en quarantaine dans son bureau, ne rappelle pas que des bons souvenirs1.
Davantage qu’une punition, on peut aussi détecter une volonté de rendre plus hermétique cette fameuse réunion en excluant son membre le plus bavard. Un principe de précaution utile, pour une fois. Mais l’intéressé, privé de cette participation, se sentirait, dans ce cas, doublement humilié.
La dernière question qui se pose après cette décision qui affecte très sérieusement la marche de l’Etat, tant il est vrai qu’un évènement à l’Elysée est autrement plus décisif ces derniers mois qu’un remaniement technique du gouvernement de la France, concerne Henri Guaino. Le parolier présidentiel va t-il faire le chemin inverse et renoncer à son boycottage de ladite réunion ? Charon étant un spécialiste des fuites, des confidences aux journalistes, était-il le responsable de celles qui avaient provoqué le courroux du conseiller spécial ? Si Guaino revenait au moment où l’Euro - qu’il abhorre - connaît des soubresauts autour du cas grec, l’équilibre élyséen en serait bouleversé.
Si j’étais journaliste parisien, je me précipiterais sur mon téléphone et je demanderais à la personne concernée ce qu’elle en pense. Mais je ne suis que blogueur provincial et je n’ai pas le numéro de Guaino. A bon entendeur…
1 - Rappel aux plus jeunes : François de Grossouvre, proche parmi les intimes de François Mitterrand et lui même chargé des chasses à Chambord, fut lui aussi puni à la suite de différentes affaires de la Mitterrandie. Il mit fin à ses jours dans son bureau élyséen avec un 357 Magnum. Très respectueux des institutions républicaines, je n’évoque que la version officielle… ↑
Retrouvez les articles de l'Antidote sur son blog
Actualisation de Marianne2 : interrogé par Rue89 en fin de journée lundi 12 avril, Pierre Charon indique qu'il n'a pas été « puni » par le Président. Ce serait la réunion quotidienne qui aurait été supprimée.
On s’interroge devant la lourdeur de la sanction. D’un côté, on se dit qu’il s’agit du minimum pour les exploits récents du conseiller en communication. Et on n’est pas forcément impressionné par le fait d’être exclu d’une telle réunion quotidienne puisque le conseiller spécial Henri Guaino la boude, lui volontairement, depuis la mi-décembre et la révélation par la presse des échanges qui l’avaient opposé à Raymond Soubie sur la suppression de l’Histoire en Terminale S. Que vaut une réunion à laquelle même celui qui écrit les discours présidentiels se dispense d’assister ?
D’un autre côté, Pierre Charon peut se sentir lésé. Je ne suis pas loin de partager le sentiment de Guy Birenbaum qui expliquait chez Thomas Hugues hier qu’il est impossible que la stratégie charonienne (sic) n’ait pas été avalisée dans le détail par le Président lui-même, lequel se serait ravisé devant l’ampleur de la riposte quasi-nucléaire de Rachida Dati. Ensuite, pour un bavard comme Charon, ne pas participer à ce « saint des saints » doit être beaucoup plus humiliant que pour un taiseux comme Guaino. Enfin, pour un ami très proche du Président, et lorsqu’on est chargé des chasses présidentielles, se retrouver en quarantaine dans son bureau, ne rappelle pas que des bons souvenirs1.
Davantage qu’une punition, on peut aussi détecter une volonté de rendre plus hermétique cette fameuse réunion en excluant son membre le plus bavard. Un principe de précaution utile, pour une fois. Mais l’intéressé, privé de cette participation, se sentirait, dans ce cas, doublement humilié.
La dernière question qui se pose après cette décision qui affecte très sérieusement la marche de l’Etat, tant il est vrai qu’un évènement à l’Elysée est autrement plus décisif ces derniers mois qu’un remaniement technique du gouvernement de la France, concerne Henri Guaino. Le parolier présidentiel va t-il faire le chemin inverse et renoncer à son boycottage de ladite réunion ? Charon étant un spécialiste des fuites, des confidences aux journalistes, était-il le responsable de celles qui avaient provoqué le courroux du conseiller spécial ? Si Guaino revenait au moment où l’Euro - qu’il abhorre - connaît des soubresauts autour du cas grec, l’équilibre élyséen en serait bouleversé.
Si j’étais journaliste parisien, je me précipiterais sur mon téléphone et je demanderais à la personne concernée ce qu’elle en pense. Mais je ne suis que blogueur provincial et je n’ai pas le numéro de Guaino. A bon entendeur…
1 - Rappel aux plus jeunes : François de Grossouvre, proche parmi les intimes de François Mitterrand et lui même chargé des chasses à Chambord, fut lui aussi puni à la suite de différentes affaires de la Mitterrandie. Il mit fin à ses jours dans son bureau élyséen avec un 357 Magnum. Très respectueux des institutions républicaines, je n’évoque que la version officielle… ↑
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Actualisation de Marianne2 : interrogé par Rue89 en fin de journée lundi 12 avril, Pierre Charon indique qu'il n'a pas été « puni » par le Président. Ce serait la réunion quotidienne qui aurait été supprimée.
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