Ces usines qui défient la crise
Mercredi 23 Septembre 2009 à 17:01 | Lu 7144 fois I 12 commentaire(s)
SoBiz - Blogueur associé
SoBiz a décidé de troquer son mauvais esprit le temps de présenter sa dernière trouvaille : la carte de la non-crise. Petit tour de France des entreprises où il fait - encore - bon vivre.
(capture d'écran - google map - carte de la non-crise)
Trêve de mauvais esprit. Fi de blagounettes perfides. Pause dans l’acerbe, dans le rigolard, dans la saillie drôlatique. Aujourd’hui, SoBiz a décidé de faire dans le béat. De parler des trains qui arrivent à l’heure. D’évoquer ces boîtes dont on ne parle pas, ou peu, et qui le méritent pourtant : celles qui ouvrent des usines en France malgré la crise. Qui prouvent, bétonnière à l’appui, que la vulgate libérale de l’impossibilité-de-produire-en-France est une aimable plaisanterie.
Soyons clair. Le propos n’est pas de dire que la crise s’est envolée avec le parachutage du brushing d’Estrosi au secrétariat d’Etat à l’Industrie. Ni que l’industrie française en ait fini avec les licenciements, restructurations, problèmes de trésorerie, occupations d’usines, ou vrais-faux plans de reprise type Molex. Mais la Google Map de la non-crise, qui sera régulièrement complétée et/ou corrigée avec l’aide des lecteurs de SoBiz, prouve que même dans l’œil du cyclone de la pire crise des cinquante dernières années, certains patrons essaient de raisonner un peu plus loin que leurs lunettes demi-lune. Mieux, que certains méritent autre chose que l’écartèlement par poneys corses que leur promet la vindicte populaire.
Qui trouve-t-on dans cet aréopage d’inconscients ? Pas mal de secteurs sont représentés : l’aéronautique (Airbus, Spirit, Daher-Socata, Geci international), l’agroalimentaire (Cémoi, Malongo, Mix Buffet, Créaline, Castel, Collet, Boncolac), l’industrie lourde (Ouvrie-PMC, Aubert & Duval, Saint-Gobain), la construction (Bénéteau), l’énergie (EDF Energies nouvelles), les meubles, le papier, le stockage. Point commun, à part l’agroalimentaire : ces secteurs sont souvent à cycles longs, les investissements d’aujourd’hui ne donnant leurs premiers résultats que dans plusieurs années.
L’autre leçon, c’est que mis à part quelques gros bonnets comme Airbus ou Saint-Gobain, l’essentiel des ouvertures d’usines vient des entreprises de taille moyenne, entre 10 et 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le constat n’est pas innocent : c’est de ces grosses PME exportatrices que l’Allemagne a toujours tiré sa croissance et son gigantesque excédent commercial (13,9 milliards d’euros sur le seul mois de juillet 2009). Le tissu industriel français manque terriblement de ces moteurs-là, qui ont une propension à investir en France bien supérieure aux cadors du CAC40, qui réalisent 80% de leurs ventes hors de France, et y investissent de moins en moins.
Soyons clair. Le propos n’est pas de dire que la crise s’est envolée avec le parachutage du brushing d’Estrosi au secrétariat d’Etat à l’Industrie. Ni que l’industrie française en ait fini avec les licenciements, restructurations, problèmes de trésorerie, occupations d’usines, ou vrais-faux plans de reprise type Molex. Mais la Google Map de la non-crise, qui sera régulièrement complétée et/ou corrigée avec l’aide des lecteurs de SoBiz, prouve que même dans l’œil du cyclone de la pire crise des cinquante dernières années, certains patrons essaient de raisonner un peu plus loin que leurs lunettes demi-lune. Mieux, que certains méritent autre chose que l’écartèlement par poneys corses que leur promet la vindicte populaire.
Qui trouve-t-on dans cet aréopage d’inconscients ? Pas mal de secteurs sont représentés : l’aéronautique (Airbus, Spirit, Daher-Socata, Geci international), l’agroalimentaire (Cémoi, Malongo, Mix Buffet, Créaline, Castel, Collet, Boncolac), l’industrie lourde (Ouvrie-PMC, Aubert & Duval, Saint-Gobain), la construction (Bénéteau), l’énergie (EDF Energies nouvelles), les meubles, le papier, le stockage. Point commun, à part l’agroalimentaire : ces secteurs sont souvent à cycles longs, les investissements d’aujourd’hui ne donnant leurs premiers résultats que dans plusieurs années.
L’autre leçon, c’est que mis à part quelques gros bonnets comme Airbus ou Saint-Gobain, l’essentiel des ouvertures d’usines vient des entreprises de taille moyenne, entre 10 et 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le constat n’est pas innocent : c’est de ces grosses PME exportatrices que l’Allemagne a toujours tiré sa croissance et son gigantesque excédent commercial (13,9 milliards d’euros sur le seul mois de juillet 2009). Le tissu industriel français manque terriblement de ces moteurs-là, qui ont une propension à investir en France bien supérieure aux cadors du CAC40, qui réalisent 80% de leurs ventes hors de France, et y investissent de moins en moins.
Le dernier enseignement de la carte n’est pas vraiment un scoop. C’est la résistance, une nouvelle fois éprouvée, des entreprises familiales : Daher, Aubert & Duval, Tryba, Cuisines Schmidt, PEG, et j’en passe. Les avantages sont connus : pas de pression d’actionnaires financiers, pas de dette de LBO à rembourser, un management souvent stable, une stratégie de long terme. L’entreprise à la papa, on a encore rien trouvé de mieux.
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