Marianne2 2012

Ces entrepreneurs de gauche que le PS désespère

Mardi 1 Mars 2011 à 15:01 | Lu 13592 fois I 55 commentaire(s)

Nicolas Bays - Tribune

Dans un climat de crise économique, le porte-parole du collectif «Entreprenariat et socialisme» espère une gauche plus ouverte aux chefs d'entreprise. Nicolas Bays [1] en appelle ici à une recomposition du socialisme, pour un État plus fort, une meilleure redistribution des richesses et la fin du capitalisme financier.


(Flickr - vx_lentz - cc)
(Flickr - vx_lentz - cc)
En cette période de crise où les repères souvent s’effondrent, la classe politique aime les coupables.

Les amalgames sont aisés, les boucs-émissaires désignés. Dès lors, la démagogie prend le pas sur le débat.

Pourtant, au sein de nos structures, de nos entreprises, nous avons à cœur de faire vivre les valeurs qui sont les nôtres. Malgré une classe politique qui soit se revendique abusivement de nous, soit nous méprise et nous méconnait. Nous nous revendiquons « de gauche ». Nous croyons au « besoin de gauche » mais attendons d’elle qu’elle soit plus curieuse à notre endroit.

Nous croyons au travail mais non au droit au travail - par nature utopique et donc source de désillusion - ; nous croyons au partage des richesses mais nous ne pouvons partager que ce que nous avons su créer ; nous croyons en la redistribution, à l’actionnariat salarié, à l’intéressement ; nous croyons au « travailler mieux » et non au « travailler moins » - la croissance passe par le travail.
Nous croyons au rôle de l'État : investissements publics renouvelés dans les grandes infrastructures, efforts en direction d’une politique de recherche audacieuse, accompagnement,… L'État doit être un plus et non un frein à la créativité et l’imagination.

Nous réfutons l’idée abusive selon laquelle nous pourrions mettre fin au capitalisme. Cela n’est pas souhaitable. Toutefois, nous aspirons à mettre un terme au capitalisme financier, source de dérégulations, de dérèglements et d’injustice sociale. Nous souhaitons que le capitalisme s’appuie à nouveau sur des bases solides, celles du capitalisme entrepreneurial, celui qui crée de l’emploi et des richesses.

Nous croyons au pragmatisme.

Nous croyons en la gauche et espérons l’alternance. Non par principe mais par conviction.
Nous voulons croire en vous. Croyez en nous et cessez de vous passer de notre appui, de notre soutien, de nos idées !

Nous appelons de nos vœux un socialisme retrouvé, fier de lui même et de ses valeurs; un socialisme renouvelé, en prise avec la société actuelle; un socialisme conquérant, qui innove et se place au service des Français.

La période trouble que nous traversons aujourd’hui doit être l’occasion d’une recomposition, d’un changement profond de paradigme. Nous sommes concernés au premier chef.

Nous appelons à une réforme profonde du capitalisme. A une réforme de la fiscalité afin que celle-ci cesse de pénaliser le travail.

Cette recomposition doit aussi être celle de la gauche et du Parti Socialiste.
C’est dans cette dynamique que nous voulons résolument nous inscrire.

A ceux qui vous diraient que ce rapprochement n’est pas naturel, opposez leur ces quelques lignes. Qu’ils soient fiers de l’histoire et de l’héritage du Parti Socialiste et cessent de le dégrader au prix de compromis… au risque qu’ils deviennent des compromissions.
Qu’ils relisent Jaurès…

« A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers. », Jean JAURES, la Dépêche de Toulouse, 1890.


[1] Nicolas Bays est porte-parole d'Entreprenariat et socialisme, un collectif fondé au moment de l'université d'été du Parti Socialiste en septembre 2010. Entrepreneuriat et Socialisme regroupe à ce jour près d'une cinquantaine de chefs d'entreprise. Sa vocation : faire connaître et reconnaître son expertise auprès du Parti Socialiste, parfois trop éloigné à tort des entreprises, et l'accompagner vers l'alternance de 2012 que nous appelons de nos vœux.








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