Cécilia ne les rendrait pas un peu fada ?
Jeudi 18 Octobre 2007 à 14:22 | Lu 13720 fois I 0 commentaire(s)
Nicolas Domenach
Par Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.
Elle ne sera jamais Jackie Kennedy, ce n’était pas son histoire, ça c’était le scénario hollywoodien écrit par John Sarkozy, enfin par son mari. Non, elle sera Cécilia tout court. Du moins, elle essaiera encore plus fort que tous ces jours et ces jours où elle tentait d’échapper au « fatum », le destin imposé de Première dame de France. Première dame !... Elle qui, comme nous tous, n’arrivait pas, ou si mal, si douloureusement à régner sur elle-même.
Elle cherchait sa voie, elle cherchait sa vie qui ne se confondait plus avec celle de Sarkozy. Ce n’est pas elle qui a été élue à l’Elysée, c’est son époux qu’elle a aidé. Qu’on comprenne, enfin, ce qui paraît incompréhensible à tant d’observateurs : ce n’est pas pour le pouvoir qu’elle était revenue, qu’elle avait brisé une aventure, une passion qui n’était pas de circonstance. Elle en souriait parfois, elle s’en ulcérait à d’autres moments qu’on puisse l’imaginer, aussi bassement « intéressée ». Comme si elle était mue et émue seulement par ce qui brille, les ors et les décors. Ca a pu l’éblouir autrefois le pouvoir, en même temps que la lumière intérieure de ces êtres, ses maris successifs qui, sous tension, s’allumaient de l’intérieur, brillants dans la conquête. Puis ça l’a fatiguée cette luminosité égoïste. Ca l’a brûlée aussi. Elle n’est pas revenue pour papillonner. Elle est revenue pour son fils, pour leur fils, Louis, qui avait besoin d’eux deux, mais aussi par respect pour leur histoire, leur passion passée, et par estime pour Nicolas qu’elle admire, même si les sentiments n’étaient plus ce qu’ils étaient après une interruption de plusieurs mois aussi brutale.
Femme du candidat à la rescousse, elle l’a donc aidé dans l’ombre, ô combien ! Le rassurant, mais jouant un rôle politique aussi puisqu’elle l’a poussé encore et encore à se débarrasser de sa bande, à s’ouvrir. La fameuse ouverture, et pas seulement Rachida Dati, c’est elle. Pour beaucoup, elle était devenue incontournable même si on fantasmait incroyablement son influence si forte, tranchante autrefois et de plus en plus indécise. Car en fait, elle avait pris du recul, beaucoup de recul. Elle en prenait de plus en plus. Elle avait reçu trop de coups. Elle ne voulait plus s’exposer, ni être potiche décorative, mais se sentait de plus en plus mal à l’aise dans cette affaire politique, cette cavalcade sans fin qui n’était plus la sienne. Elle a pourtant essayé, elle a songé à s’installer à l’Elysée mais c’était une prison pour elle qui aspirait de plus en plus à la liberté en même temps qu’à être utile, qu’à rendre au monde ce qui lui avait été donné.
Travailler à la libération des infirmières bulgares, voilà qui l’a rendue un temps heureuse. Mais le retour à Paris fut rude avec la politique, l’exigence d’avoir des comptes à rendre, la sensation oppressante de se retrouver otage d’un combat de rue qui n’était plus le sien. Sous surveillance permanente. Traquée de plus en plus. Elle ne respirait qu’en échappant au poids des convenances et des exigences du rôle de femme de président. Même ses robes Prada lui pesaient sur les épaules, pour elle qui s’est voulu toujours boots et jeans. Mais elle devait assurer, au nom de la France. Une élégance classe, grande classe puisqu’il le fallait !... Mais elle était chaque jour plus désorientée dans ce Palais où elle ne faisait que passer.
Femme de devoirs, certes, elle l’est. Mais elle avait fait ce qu’il fallait, ce qu’elle devait. Elle ne se devait plus qu’à elle-même. Leurs chemins se séparaient. C’est elle qui choisirait désormais son destin sans se laisser plus ensevelir sous les compliments. Ce refus de jouer la comédie, de s’afficher en faux-vrai couple présidentiel, c’est elle. La volonté de divorcer, alors qu’il essayait encore de la retenir, c’est toujours elle. Elle qui pousse pour que l’annonce en soit faite le plus rapidement possible. Elle qui choisit de poser en photo seule dans Paris Match et pas en tenue de cérémonie, en chic décontracté. Ni Diana ni Grâce de l’Elysée. Cécilia. Elle pose dans un grand hôtel comme en transit, avant de partir pour un grand voyage, son grand voyage. Elle ne sourit plus, elle ne s’en croit pas obligée. Elle n’est pas détendue. Pourquoi le serait-elle ? Tout pour elle est à inventer.
Ailleurs, à l’Elysée, la vie déjà s’est réorganisée sans elle. Les anciens disgraciés reviennent en cour. Les décisions se prennent sans qu’on la consulte. Politiquement, elle est déjà partie depuis longtemps, même si elle conserve des amis et ses fidèles comme Claude Guéant, Rachida Dati et David Martinon. Elle garde une place à part aussi dans le cœur des Français, sinon tous les plus grands éditorialistes ne se seraient pas fendus d’éditoriaux à l’eau de rose sur les feux de l’amour qui brûlent au Palais. Parmi nos « cardiologues » en chef, nos courriéristes du cœur les plus talentueux, Franz-Olivier Giesbert dans Le Point nous rappelle aussi que l’amour est un mystère, « un secret éternel » entre deux personnes avant d’y consacrer plusieurs pages. Dans Le Nouvel Observateur, le pape des journalistes Jean Daniel invite à méditer sur cette citation d’Ovide, « je ne puis vivre sans toi ni avec toi » et l’hebdomadaire de la gauche chic d’enchaîner 8 pages sur le pourquoi du comment d’une séparation. Dans L’Express, qui y consacre 12 pages…, notre ami Christophe Barbier, célèbre la solitude présidentielle qui serait « une bonne nouvelle pour la France ! … », car l’amour, n’est-ce pas, trouble le jugement du sage, apporte de « l’instabilité », du « déséquilibre ». A l’entendre, tous les chefs d’Etat devraient divorcer pour bien gouverner, ou en tout cas ne plus aimer ! Vous voyez comme la passion égare. Comme Cécilia la belle rebelle rend fou. En tout cas les médias. En tout cas nous !
Elle cherchait sa voie, elle cherchait sa vie qui ne se confondait plus avec celle de Sarkozy. Ce n’est pas elle qui a été élue à l’Elysée, c’est son époux qu’elle a aidé. Qu’on comprenne, enfin, ce qui paraît incompréhensible à tant d’observateurs : ce n’est pas pour le pouvoir qu’elle était revenue, qu’elle avait brisé une aventure, une passion qui n’était pas de circonstance. Elle en souriait parfois, elle s’en ulcérait à d’autres moments qu’on puisse l’imaginer, aussi bassement « intéressée ». Comme si elle était mue et émue seulement par ce qui brille, les ors et les décors. Ca a pu l’éblouir autrefois le pouvoir, en même temps que la lumière intérieure de ces êtres, ses maris successifs qui, sous tension, s’allumaient de l’intérieur, brillants dans la conquête. Puis ça l’a fatiguée cette luminosité égoïste. Ca l’a brûlée aussi. Elle n’est pas revenue pour papillonner. Elle est revenue pour son fils, pour leur fils, Louis, qui avait besoin d’eux deux, mais aussi par respect pour leur histoire, leur passion passée, et par estime pour Nicolas qu’elle admire, même si les sentiments n’étaient plus ce qu’ils étaient après une interruption de plusieurs mois aussi brutale.
Femme du candidat à la rescousse, elle l’a donc aidé dans l’ombre, ô combien ! Le rassurant, mais jouant un rôle politique aussi puisqu’elle l’a poussé encore et encore à se débarrasser de sa bande, à s’ouvrir. La fameuse ouverture, et pas seulement Rachida Dati, c’est elle. Pour beaucoup, elle était devenue incontournable même si on fantasmait incroyablement son influence si forte, tranchante autrefois et de plus en plus indécise. Car en fait, elle avait pris du recul, beaucoup de recul. Elle en prenait de plus en plus. Elle avait reçu trop de coups. Elle ne voulait plus s’exposer, ni être potiche décorative, mais se sentait de plus en plus mal à l’aise dans cette affaire politique, cette cavalcade sans fin qui n’était plus la sienne. Elle a pourtant essayé, elle a songé à s’installer à l’Elysée mais c’était une prison pour elle qui aspirait de plus en plus à la liberté en même temps qu’à être utile, qu’à rendre au monde ce qui lui avait été donné.
Travailler à la libération des infirmières bulgares, voilà qui l’a rendue un temps heureuse. Mais le retour à Paris fut rude avec la politique, l’exigence d’avoir des comptes à rendre, la sensation oppressante de se retrouver otage d’un combat de rue qui n’était plus le sien. Sous surveillance permanente. Traquée de plus en plus. Elle ne respirait qu’en échappant au poids des convenances et des exigences du rôle de femme de président. Même ses robes Prada lui pesaient sur les épaules, pour elle qui s’est voulu toujours boots et jeans. Mais elle devait assurer, au nom de la France. Une élégance classe, grande classe puisqu’il le fallait !... Mais elle était chaque jour plus désorientée dans ce Palais où elle ne faisait que passer.
Femme de devoirs, certes, elle l’est. Mais elle avait fait ce qu’il fallait, ce qu’elle devait. Elle ne se devait plus qu’à elle-même. Leurs chemins se séparaient. C’est elle qui choisirait désormais son destin sans se laisser plus ensevelir sous les compliments. Ce refus de jouer la comédie, de s’afficher en faux-vrai couple présidentiel, c’est elle. La volonté de divorcer, alors qu’il essayait encore de la retenir, c’est toujours elle. Elle qui pousse pour que l’annonce en soit faite le plus rapidement possible. Elle qui choisit de poser en photo seule dans Paris Match et pas en tenue de cérémonie, en chic décontracté. Ni Diana ni Grâce de l’Elysée. Cécilia. Elle pose dans un grand hôtel comme en transit, avant de partir pour un grand voyage, son grand voyage. Elle ne sourit plus, elle ne s’en croit pas obligée. Elle n’est pas détendue. Pourquoi le serait-elle ? Tout pour elle est à inventer.
Ailleurs, à l’Elysée, la vie déjà s’est réorganisée sans elle. Les anciens disgraciés reviennent en cour. Les décisions se prennent sans qu’on la consulte. Politiquement, elle est déjà partie depuis longtemps, même si elle conserve des amis et ses fidèles comme Claude Guéant, Rachida Dati et David Martinon. Elle garde une place à part aussi dans le cœur des Français, sinon tous les plus grands éditorialistes ne se seraient pas fendus d’éditoriaux à l’eau de rose sur les feux de l’amour qui brûlent au Palais. Parmi nos « cardiologues » en chef, nos courriéristes du cœur les plus talentueux, Franz-Olivier Giesbert dans Le Point nous rappelle aussi que l’amour est un mystère, « un secret éternel » entre deux personnes avant d’y consacrer plusieurs pages. Dans Le Nouvel Observateur, le pape des journalistes Jean Daniel invite à méditer sur cette citation d’Ovide, « je ne puis vivre sans toi ni avec toi » et l’hebdomadaire de la gauche chic d’enchaîner 8 pages sur le pourquoi du comment d’une séparation. Dans L’Express, qui y consacre 12 pages…, notre ami Christophe Barbier, célèbre la solitude présidentielle qui serait « une bonne nouvelle pour la France ! … », car l’amour, n’est-ce pas, trouble le jugement du sage, apporte de « l’instabilité », du « déséquilibre ». A l’entendre, tous les chefs d’Etat devraient divorcer pour bien gouverner, ou en tout cas ne plus aimer ! Vous voyez comme la passion égare. Comme Cécilia la belle rebelle rend fou. En tout cas les médias. En tout cas nous !
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