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Ce remords DSK qui hante le PS...

Vendredi 1 Juillet 2011 à 12:04 | Lu 12940 fois I 0 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Le New York Times ne fait pas que révéler la possible faiblesse du témoignage de Nafissatou Diallo. Il révèle, par ricochet, le remords de la candidature DSK qui hante le PS. Un remords exprimé tout haut et sur tous les médias depuis ce matin. Mais la révélation de ce remords rend-il service au Parti socialiste ? Pas sûr…


Un article. Il aura suffi d’un article, certes troublant, du New York Times pour que soit révélé au grand jour ce sentiment qui hante les dirigeants socialistes, cet état d’âme qui plane dans les couloirs de Solférino depuis le premier jour de l’affaire, ce sparadrap dont le PS n’arrive décidément pas à se défaire : le remords DSK. C’est désormais éclatant : les leaders PS — en particulier les strausskahniens — n’arrivent pas à faire le deuil de la candidature de leur héros, comme ils n’arrivent pas plus à s'enthousiasmer des candidatures derrière lesquelles il leur a fallu se ranger. C’est à regret qu’ils l’ont fait. A l’évidence. Et les révélations du quotidien américain leur permettent d’exprimer tout haut ce remords et ces regrets.


Car à quoi assistons-nous depuis ce matin ? A des réactions de dirigeants PS qui ne se contentent pas de se réjouir pour DSK sur le plan personnel, mais qui immédiatement (trop précipitamment, diront certains) s’engagent aussi sur le terrain politique. Michèle Sabban, la passionaria strausskahnienne, qui avait fini par se ranger derrière Manuel Valls, s’est par exemple empressée d’en appeler à la suspension du « processus des primaires ». Jean-Marie Le Guen qui, lui, avait accordé son parrainage (mais qui ne valait pas « engagement ») à Ségolène Royal, estime que les derniers éléments en provenance de New York « prouvent que tous ceux qui ont spéculé sur sa disparition politique, maintenant devront compter sur une personne (...) qui sera bientôt libre de ses mouvements et qui pourra regarder les Français les yeux dans les yeux ». Michel Destot, le député-maire de Grenoble, qui, de son côté avait fini par opter pour Martine Aubry, dit attendre ce matin « avec impatience ce [que DSK] pourra nous dire tant sur le plan humain que… politique ». Pierre Moscovici, dont le ralliement à François Hollande a été annoncé hier, est finalement un des rares strausskahniens à ne pas vouloir spéculer sur un possible retour politique de l’ancien ministre de Lionel Jospin.


C’est sans doute plus sage ainsi. Car on ne connaît rien, pour l’heure, des suites judiciaires qui attendent Dominique Strauss-Kahn. Quand bien même l’audience qui doit se tenir aujourd’hui à 17h30 ferait de lui un homme libre, l’ex-directeur général du FMI pourra-t-il revenir dans le jeu politique ? Il restera en mémoire les images assassines de DSK menottes au poignets. Il restera le doute, la suspicion, toujours, chez certains. Il restera les sommes faramineuses déversées par le couple Strauss-Kahn – Sinclair. Pourra-t-il ? Voudra-t-il même goûter à nouveau à la jungle politique après cette affaire. Pour Julien Dray, ça ne fait (déjà) aucun doute : « Moi je crois connaître un peu son caractère, je pense que quand on sort de ça, on a envie de manger le monde ».


Et s’il n’était pas totalement blanchi, s’il ne pouvait pas revenir ou ne voulait pas revenir que restera-t-il ? Ce remords DSK et des candidats (Aubry, mais aussi Hollande, Valls et tous les autres) réduits à des candidats « malgré eux », à des présidentiables « par défaut ». Une image qu’il sera bien difficile de chasser de l’esprit des Français...








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