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Carla, une nouvelle mère Teresa... Ne riez pas c'est Elle

Mercredi 23 Septembre 2009 à 07:01 | Lu 15531 fois I 66 commentaire(s)

Louise Angelergues, Laureline Dupont et Jessica Thomas

Cette semaine, entre la polémique sur la cuissarde et le retour du look Dynastie, «Elle» pose une question existentielle : qui est vraiment Carla ? Cinq journalistes se sont penchés sur la question. Mieux, ils ont «enquêté»... Leur conclusion : Carla, c'est la nouvelle Mère Teresa. Il fallait oser!


Carla est Marie-Antoinette

(Louison - http://louison-et-les-crayons.blogspot.com)
(Louison - http://louison-et-les-crayons.blogspot.com)

Certes, Carla ne joue ni harpe ni clavecin. Son truc à elle, c’est la guitare, et surtout sa Gibson qu’elle manie « avec fougue ». Certes, Carla n’est pas autrichienne. Son prénom sonne résolument italien. Certes, Carla n’est pas reine. Mais elle est Première dame et c’est déjà pas mal. A deux, trois détails près, Carla nous rappelle quand même quelqu’un...

Pour cette « femme affranchie », « être proche du pouvoir suprême ne signifie pas pour autant renoncer à sa fantaisie », précisent les journalistes, visiblement transportés par tant de désinvolture. Et là, d’un coup, tout s’éclaire : Carla a des faux airs de Marie-Antoinette ! Celle que Stefan Zweig a décrite comme l’incarnation de la légèreté et de l’insouciance semble avoir une descendante version 2009. « Dotée d’une légèreté surprenante », Carlita force l’admiration de son entourage, journalistes compris. « La plus atypique des femmes de président » est décrite comme libre, insouciante, drôle, par ses meilleurs amis qui font, bien sûr, preuve d’une objectivité sans faille. Autant de qualités qui étaient au XVIIIe siècle l’apanage de la reine du rococo. La ressemblance frappe encore quelques lignes plus loin quand on apprend que, comme Marie-Antoinette, la dulcinée de Sarkozy collectionne les perruques. Elle se rend incognito à des concerts, affublée d’un postiche, alors que son ancêtre courrait les bals masqués pour séduire sans être reconnue. Il ne manque plus à Carla que le loup pour que la ressemblance soit parfaite.
Dans Marie-Antoinette de Stefan Zweig, la passion cède à la vérité. Chez les journalistes de Elle, la passion est vérité.

Carla, une Paul Éluard en plus cool

(Elle - photo retouchée - mannequin retouché)
(Elle - photo retouchée - mannequin retouché)
À la neuvième ligne de « l'enquête », une révélation, tout en lyrisme. Le mot préféré de Carlita n'est autre que... « Liberté ». Et à défaut de l'écrire sur ses cahiers d'écolier, sur son pupitre et sur les arbres, elle en fait sa religion... Sauf qu'en avançant pas à pas dans l'article, on s'aperçoit que cette liberté n'est pas si évidente. D'abord pour la psychanalyste interrogée, le besoin de montrer à tel point sa légèreté « paraît un peu suspect » et relève plus d'une volonté de « contrôler au maximum sa vie ».

Et la spécialiste d'aller plus loin en décrivant une personnalité « tenace et ambitieuse ». La liberté de notre first Lady est aussi mise à rude épreuve lorsqu'il est précisé qu'elle est « obligée bien sûr d'avoir une image lisse de Première Dame »... On passera le message à Michelle Obama... Mieux encore, celui qu'elle appelle également « Amore » (plus glamour que « Chouchou »...), « a pris en main chaque détail de l'organisation de leur vie quotidienne ».

Pour la spontanéité, on repassera. De toutes façons, pas moyen pour la franco-italienne de s'échapper très loin, car selon son photographe personnel, Monsieur et Madame Sarkozy passent leur temps « enroulés l'un dans l'autre ». Et son amie d'enfance, accessoirement témoin de mariage, d'enfoncer le clou : « Pour moi ils vont vieillir ensemble, il y a trop d'amour entre eux pour qu'ils se quittent ». La liberté, même sous les ors de la République, a du plomb dans l'aile.

Carla est Joséphine...

De Beauharnais, bien sûr, pas l'ange gardien. Comme elle, elle partage la couche d'un petit homme aux ambitions impériales. Entre Carla et Nicolas, comme entre Joséphine et Napoléon, c'est l'Amour passion, l' « amore passione », le grand, le fou. Quand son téléphone sonne, ses sens se troublent, ce n'est plus un téléphone, c'est un coeur rouge et brûlant, qui vibre. Elle sait que c'est lui. Même si Nico se contente de « lui donner le menu du soir de l'Elysée, c'est pour Carla l'extase, comme si le temps était suspendu », « tout s'arrête, c'est impressionnant » si l'on en croit une amie estomaquée, Raphaëlle Diais. Carla et Chouchou ne sont pas mari et femme. Ils sont « amoureux ». Mais pas d'inquiétude. Ça n'a rien d'un drame antique ou d'Anna Karénine. Ils s'aiment comme de jeunes chatons, « enroulés l'un dans l'autre », à la « complicité joueuse d'amants facétieux ». Ils se taquinent, Choupinou l'appelle dix fois par jour, « en gros »... Bref, tout ça, ça leur passera, à ces coquins.

Carla, un cintre républicain

(photo retouchée - mannequin retouché)
(photo retouchée - mannequin retouché)

Que les fans de Carla top-model se rassurent, elle a beau être Première Dame de France, elle n’en reste pas moins une icône de mode. Elle porte à merveille les robes bustiers drapées Azzaro et prend des risques en optant « pour un parti pris très classique » en rendant visite à la reine d’Angleterre. « Adopter un style bcbg quand on ne l’est pas soi-même est assez aventureux », insiste (lourdement) le club des cinq. Finalement, à en croire Elle, Carla est un cintre que Sarkozy trimballe de cérémonies officielles en voyages officieux.

Son audace est mesurée en fonction de ses choix vestimentaires et elle n’existe aux yeux des médias étrangers qu’à travers sa garde-robe, joyeusement commentée à chaque déplacement. Elle décortique sur une pleine page le look Carla. De la coupe de cheveux aux ballerines habilement choisies « pour faire honneur à son mari » riquiqui, tout y passe. Et les journalistes pourtant conquis ont du mal à conserver leur sérieux en décrivant cet accoutrement finalement assez austère. Le sac est « rigide », la robe arrive au genou pour le « chic classique » et le tailleur est « made in France » ; bref rien de très fun dans cette toilette qui rappelle davantage Bernadette Chirac qu’Audrey Hepburn, quoi qu’en dise l’hebdomadaire.

Carla est mère... mais pas de son enfant

Pour preuve les photos que l'on retrouve au milieu de l'article dans un encadré sobrement intitulé « La beauté du geste ». Cinq clichés, où Carla et son Chouchou nous font un petit diaporama des gestes tendres. Sauf qu'à y regarder de plus près, les gestes d'affection de Madame Sarkozy ressemblent à s'y méprendre aux gestes d'une mère. Sur l'une d'elles, Carlita recoiffe la mèche rebelle de son président de mari comme si elle le préparait pour un premier jour de classe. Sur deux autres on la retrouve assise sur les genoux de chouchou, posant la tête sur la tête de son adoré, geste tendre bien sûr, mais dans un registre maternel.

Et comme toute gentille maman, Carla offre à son petit Nicolas la possibilité d'apprendre et d'enrichir sa culture. Pour l'occasion, les journalistes nous ressortent l'effet « DVD de Mort à Venise », déjà utilisé dans l'article du mois d'août.
Mais au fait, elle n'en a pas déjà un, d'enfant? À en croire l'article, Carla est une sorte de Médée des médias, qui a sacrifié l'image de son fils au profit de celle son mari, « Amore », qu'elle veut montrer à tous.  Depuis le voyage en Jordanie, Aurélien n'est plus, remplacé par un chouchou, hyper-président, hyper-mari, et finalement hyper-gosse-de-cinq-ans.

Carla est Mère Teresa...

Ou presque. « Elle pourrait devenir, et je ne plaisante pas, une nouvelle Mère Teresa » Et c'est une psychologue, Martine Teillax, l'auteur, s'il vous plaît, de Pour un couple durable qui le dit. Une Mère Teresa en devenir, donc. Mais d'un nouveau genre. Une mère Teresa du riche, qui, loin du terrain, s'engage (financièrement), contre le Sida, ou, le carnet d'adresse sur la main, crée  la Fondation Carla Bruni-
Sarkozy en faveur de la culture et de l'éducation. Une fondation qui n'a rien fait pour l'instant. En devenir, comme sa créatrice, qui « luttera » contre l'illettrisme, « soutiendra différents projets touchant aux jeunes en difficulté, aux sans abri, au milieu carcéral et aux handicapés. » Et un projet moderne, digne de la Teresa nouvelle, puisqu'on pourra suivre son évolution sur internet.

C'est beau. C'est noble. C'est fouillis et un peu frôle-tout, un peu léger, un peu vitrine et pas très approfondi, mais c'est mignon. Comme sa maîtresse. Mais, ça ne vous rappelle rien ? Il y avait une autre First Lady qu'on comparait à Mère Teresa, à tort et travers: Lady Diana. Celle-là même qui trompait son Charles, peut-être même avec Giscard, et qui a fini contre un pilier du pont de l'Alma... A trop passer de pommade, les auteurs de l'article glissent : souhaitent-ils à Carla le même destin ? Non. Alors, pour les sortir de ce mauvais pas, rendons justice à Carla. Ses ambitions ressemblent moins à celles de Mère Teresa, qu'à celles, louables aussi après tout, de Miss France. Elle peut en être fière.

Conclusion, Carla est un « Carlaméléon », écrivent les cinq journalistes de Elle. La vache ! Ça, c'est du jeu de mots. Il faut reconnaître au moins ça aux quintuplés : le sens de la formule, du mot juste, de la petite touche qui fait mouche. « Carlaméléon »... Voilà la petite trouvaille qui a donné le droit aux journalistes de pondre cinq pages sur ses changements de costumes, et ses changements tout court, sans grande nouveauté, ni grande découverte : les auteurs ont suivi Madame Sarko, avec une grande déférence, « jusqu'à frôler le mimétisme fashion ». Ou le ridicule. Au choix.


Tags : bruni, carla, elle






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