Marianne2 2012

Carla, tes désirs sont des ordres

Lundi 6 Décembre 2010 à 18:00 | Lu 25692 fois I 74 commentaire(s)

Maurice Szafran - Marianne

Nicolas Sarkozy a changé, nous disait-on une fois de plus. Langage châtié, distance de rigueur… et puis patatras. En Inde, Nicolas Sarkozy nous parle et reparle de son épouse, de son envie de dolce vita et elle de son envie d'avoir un fils. Manœuvre politique ? Non, désir de faire plaisir à son épouse...


L’autre soir, à la télévision, il nous a certifié, dans un français châtié, verbes au conditionnel à l’appui, que, cette fois, il était bel et bien en voie (rapide) de présidentialisation. Certes, au cours de cette émission-là, Nicolas Sarkozy - car c’est évidemment de lui dont il s’agit - fait pourtant une petite rechute, estimant indispensable de nous rappeler à quel point son épouse est une femme formidable. On veut bien le croire, mais, comment le préciser avec délicatesse et selon la formule d’usage : cela ne nous regarde pas.
Quelques jours plus tard, le changement prend (gravement) du plomb dans l’aile : évoquant l’après Elysée - en 2012 ou en 2017 - le chef de l’Etat précise ce dont il aura alors envie. Quoi ? « La dolce vita ». Voilà une expression, la dolce vita, qui conforte, n’est-ce pas, la nouvelle image présidentielle, celle d’un type sérieux qui, en période de crise financière, sociale, politique et morale, n’a d’autre objectif, c’est une évidence, que l’amélioration du sort des Français les plus démunis…

Il débloque, le président ?

Il y a plus. Toujours plus. Il y a mieux. Toujours mieux. A l’occasion d’une visite officielle en Inde, Nicolas Sarkozy, à l’accoutumée si avare de son temps passé hors de France, organise une visite aussi privée qu’amoureuse avec son épouse. Pourquoi pas, c’est leur affaire. Mais voilà que l’officieux écrase l’officiel, que dans la presse française et internationale, il ne fut question, le week-end dernier, que de roucoulades et d’amoureux transis. A la fois ridicule et destructeur pour cette nouvelle image présidentielle que Nicolas Sarkozy et les sarkozystes tentent, et on les comprend, d’imposer aux Français.

L’affaire est plus sérieuse qu’il n’y paraît. Le président de la République est en effet incapable de définir une ligne quant à son comportement et de s’y tenir. L’effet est catastrophique sur son propre électorat. Il suffit de lire attentivement les sondages quasi-quotidiens pour le comprendre. Le hiatus entre Nicolas Sarkozy et la droite n’a rien de politique, de même que le fossé qui s’est creusé entre Nicolas Sarkozy et la droite n’a rien de politique. Il est culturel, voire esthétique. La bourgeoisie française, celle qui vote massivement à droite, celle qui a voté Nicolas Sarkozy en 2007, en dépit de tous les défauts qu’elle lui trouvait dès cette époque, sera une fois de plus révulsée par l’épisode indien. Le président le sait. Le président s’en moque-t-il ? La politique ne peut évidemment se résumer à la psychologie. Il n’empêche que, au mépris de ses propres intérêts politiques, Nicolas Sarkozy  a cédé aux exigences de … son épouse. Ce n’est pas une révélation, il l’a expliqué clairement aux journalistes qui l’accompagnent. On peut trouver cela sympathique, touchant même. Il n’est pas sûr que François Fillon, par exemple, soit dans cet état d’esprit-là.








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