Carla: deux bio... mais est-ce qu'elle les vaut bien ?
Mercredi 15 Septembre 2010 à 17:27 | Lu 42381 fois I 41 commentaire(s)
Bénédicte Charles - Marianne
Après quinze jours d'un suspens intolérable, les deux biographies de Carla Bruni sont sur le point de paraître. Bénédicte Charles a voulu faire un banc d'essai... Pas vraiment en faveur de la première dame de France.
Les amateurs de révélations polissonnes seront déçus. Le livre que la journaliste Besma Lahouri consacre à Carla Bruni (1) ne nous apprend pas grand chose sur la vie sentimentale de la femme du président. Il faut dire que la liste de ses amants est au moins aussi publique (mais moins fournie) qu’une liste électorale. Pas de quoi faire sauter la république, en somme. Pourtant, la parution de cette biographie non autorisée a été jugée suffisamment gênante par l’Elysée pour que les conseillers du président commandent une contre-biographie, qui sort le même jour.
Pourquoi ? Parce que, sous des dehors doucereux, derrière des considérations parfois à la limite de la flagornerie, ce livre trace en réalité un portrait assez peu flatteur de Carla Bruni-Sarkozy. On y découvre une femme qui, en fin de compte, n’a jamais rien su faire d’autre que séduire des hommes qui lui ont permis de se ménager une place au soleil. Une arriviste — elle qui, fille de milliardaires italiens, partait pourtant de très haut — prête à tout. Une femme qui se veut intelligente et qui pourtant évolue comme un poisson dans l’eau au sein d’un des milieux les plus bêtes qui soient, celui des mannequins. Une petite fille de 43 ans incroyablement égoïste et dont la seule véritable préoccupation semble être sa personne physique. Une femme qui se vit sans cesse en rivalité avec les autres femmes— avec Cécilia, avec sa sœur, avec Rachida Dati, avec les autres épouses de présidents… Même sa fondation, ce serait du flan, nous dit Besma Lahouri : une coquille vide, sans activité.
On la croyait Marie-Antoinette ou Pompadour, on découvre un personnage très proche de celui du « Bel ami » de Maupassant. Ou d’une précieuse parfois ridicule, comme lorsqu’elle s’échine à faire croire à son amitié avec Michelle Obama alors que l'autre passe son temps à la snober…
Mais après tout, on s’en fout. C’est le problème de Nicolas Sarkozy. Et c’est là que le livre de Besma Lahouri devient inquiétant. On y découvre, en filigrane, un couple présidentiel qui se fiche de la France comme de l’an 40. Pour ces deux êtres narcissiques, seule importe l’image. Le nombre de couvertures de Paris-Match ou de Point de vue qui leur sont consacrées (et si c’est plus que Cécilia Attias, champagne !). On croyait que, en pleine crise mondiale, Carla et Nicolas Sarkozy auraient d’autres chats à fouetter et se placeraient au-dessus de la mêlée people. Mais non, ils sont et restent en plein milieu, perdant leur sang froid pour un article déplaisant dans Point de vue. Affligeant. On en pleurerait.
Heureusement, il y a l’autre biographie (2). Si l’on en croit les bonnes feuilles qui seront publiées dans le Point demain matin (malgré nos demandes insistantes, l’éditeur du livre, qui en est aussi le co-auteur, Yves Derai, a refusé de nous faire parvenir son bouquin avant sa sortie. Nous nous sommes donc contentés des bonnes feuilles), ce livre est la version féminine — et premier degré, je le crains — du numéro «spécial sarkozysme primaire» que Marianne avait publié il y a dix jours. Tout y est :
- Carla est une épouse dévouée. Et quand elle prend en grippe un conseiller du président — comme c’est le cas de Jean-David Levitte, chef de la cellule diplomatique — c’est uniquement parce qu’il concocte à monmari des emplois du temps de ministre. Il veut le « tuer », dit-elle. Alors que Nicolas, il lui faut du repos.
- Carla, elle est vachement mieux que cette pétasse de Cécilia. D’ailleurs, malgré la résistance passive de cette dernière — accusée par ailleurs d'« extorquer » des services à l’Elysée en prenant pour « prétexte » son fils Louis dont elle a la garde — Carla a œuvré pour le rapprochement de Nicolas et son ex-femme, « dans l’intérêt de Louis ». Bref, c’est une sainte.
- Carla c’est la meilleure amie de Michelle Obama
- Carla est la victime innocente des méchantes Rachida Dati et Sophie Douzal (ex-femme de François, le frère de Nicolas Sarkozy), deux proches de Cécilia qui « ont juré sa perte ». Une « firme en talons aiguilles », explique Yves Derai, à côté de laquelle la vraie firme (les sarkozystes de la première heure Brice Hortefeux, Pierre Charron, Frédéric Lefebvre, etc., qui avaient mené une lutte féroce contre Cécilia Sarkozy avant le divorce) ressemble à l’équipe des Teletubbies. D’ailleurs, c’est Rachida et Sophie qui avaient tenté de faire sauter la république en colportant des rumeurs d’infidélité au sein du couple présidentiel.
C’est beau. On dirait du Pierre Charron.
(1) Carla, une vie secrète, Editions Flammarion
(2) Carla et les ambitieux, Edittions du Moment
Pourquoi ? Parce que, sous des dehors doucereux, derrière des considérations parfois à la limite de la flagornerie, ce livre trace en réalité un portrait assez peu flatteur de Carla Bruni-Sarkozy. On y découvre une femme qui, en fin de compte, n’a jamais rien su faire d’autre que séduire des hommes qui lui ont permis de se ménager une place au soleil. Une arriviste — elle qui, fille de milliardaires italiens, partait pourtant de très haut — prête à tout. Une femme qui se veut intelligente et qui pourtant évolue comme un poisson dans l’eau au sein d’un des milieux les plus bêtes qui soient, celui des mannequins. Une petite fille de 43 ans incroyablement égoïste et dont la seule véritable préoccupation semble être sa personne physique. Une femme qui se vit sans cesse en rivalité avec les autres femmes— avec Cécilia, avec sa sœur, avec Rachida Dati, avec les autres épouses de présidents… Même sa fondation, ce serait du flan, nous dit Besma Lahouri : une coquille vide, sans activité.
On la croyait Marie-Antoinette ou Pompadour, on découvre un personnage très proche de celui du « Bel ami » de Maupassant. Ou d’une précieuse parfois ridicule, comme lorsqu’elle s’échine à faire croire à son amitié avec Michelle Obama alors que l'autre passe son temps à la snober…
Mais après tout, on s’en fout. C’est le problème de Nicolas Sarkozy. Et c’est là que le livre de Besma Lahouri devient inquiétant. On y découvre, en filigrane, un couple présidentiel qui se fiche de la France comme de l’an 40. Pour ces deux êtres narcissiques, seule importe l’image. Le nombre de couvertures de Paris-Match ou de Point de vue qui leur sont consacrées (et si c’est plus que Cécilia Attias, champagne !). On croyait que, en pleine crise mondiale, Carla et Nicolas Sarkozy auraient d’autres chats à fouetter et se placeraient au-dessus de la mêlée people. Mais non, ils sont et restent en plein milieu, perdant leur sang froid pour un article déplaisant dans Point de vue. Affligeant. On en pleurerait.
Heureusement, il y a l’autre biographie (2). Si l’on en croit les bonnes feuilles qui seront publiées dans le Point demain matin (malgré nos demandes insistantes, l’éditeur du livre, qui en est aussi le co-auteur, Yves Derai, a refusé de nous faire parvenir son bouquin avant sa sortie. Nous nous sommes donc contentés des bonnes feuilles), ce livre est la version féminine — et premier degré, je le crains — du numéro «spécial sarkozysme primaire» que Marianne avait publié il y a dix jours. Tout y est :
- Carla est une épouse dévouée. Et quand elle prend en grippe un conseiller du président — comme c’est le cas de Jean-David Levitte, chef de la cellule diplomatique — c’est uniquement parce qu’il concocte à monmari des emplois du temps de ministre. Il veut le « tuer », dit-elle. Alors que Nicolas, il lui faut du repos.
- Carla, elle est vachement mieux que cette pétasse de Cécilia. D’ailleurs, malgré la résistance passive de cette dernière — accusée par ailleurs d'« extorquer » des services à l’Elysée en prenant pour « prétexte » son fils Louis dont elle a la garde — Carla a œuvré pour le rapprochement de Nicolas et son ex-femme, « dans l’intérêt de Louis ». Bref, c’est une sainte.
- Carla c’est la meilleure amie de Michelle Obama
- Carla est la victime innocente des méchantes Rachida Dati et Sophie Douzal (ex-femme de François, le frère de Nicolas Sarkozy), deux proches de Cécilia qui « ont juré sa perte ». Une « firme en talons aiguilles », explique Yves Derai, à côté de laquelle la vraie firme (les sarkozystes de la première heure Brice Hortefeux, Pierre Charron, Frédéric Lefebvre, etc., qui avaient mené une lutte féroce contre Cécilia Sarkozy avant le divorce) ressemble à l’équipe des Teletubbies. D’ailleurs, c’est Rachida et Sophie qui avaient tenté de faire sauter la république en colportant des rumeurs d’infidélité au sein du couple présidentiel.
C’est beau. On dirait du Pierre Charron.
(1) Carla, une vie secrète, Editions Flammarion
(2) Carla et les ambitieux, Edittions du Moment
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