Carla Bruni :« La ferme, la firme!»
Mercredi 7 Avril 2010 à 19:53 | Lu 25188 fois I 120 commentaire(s)
Philippe Cohen
Philippe Cohen
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur
Carla Bruni s'est invitée à Europe 1 ce soir. Pour dire que les rumeurs n'ont aucune importance et qu'il convient d'oublier toutes ces histoires de complot.
Parfois, le journalisme politique devient une grande chose. Mercredi 7 avril, Europe 1, la radio de l'ex-« frère » du président Arnaud Lagardère, recevait l'épouse actuelle du président qui a demandé à s'exprimer sur cette radio après que le même ex-« frère » du Président a viré les deux responsables web du JDD, journal appartenant au même groupe Lagardère, qui ont publié dans un blog la rumeur qui a fait le tour du monde. Les auditeurs ont donc été invités à une séance de réparation par laquelle le premier groupe de médias français s'excusait, une fois encore (rappelez-vous Match et le vidage d'Alain Génestar), pour avoir été le média par lequel le scandale arrive .
Vous avez suivi. Tant mieux! Vous n'avez rien compris ? Ce n'est pas grave, car ladite épouse du Président est venue dire aux auditeurs de la radio et par là même à tous les Français que tout ça n'avait aucune importance puisque les rumeurs sont une donnée anthropologique de la condition humaine.
Nous sommes donc tous appelés à refouler au plus profond de notre disque dur intime les informations suivantes, propagées par la « firme* », qui ont produit le dernier feuilleton sarkozyste dans tous les médias depuis 48 heures :
- la rumeur selon laquelle Rachida Dati aurait répandu une rumeur sur le couple présidentiel (c'est une rumeur, donc il faut l'oublier) ;
- le complot contre Sarkozy ourdi par des puissances étrangères - Guéant dixit dans le Canard Enchaîné Charron partout - ou encore la « machination » (Thierry Herzog l'avocat du Président) pour affaiblir le Président avant qu'il ne prenne la direction du G20;
- les mouvements financiers qui pourraient avoir un lien avec tout cela (!).
Bref, la première dame de France a sifflé la fin de la récréation, ce que l'on peut comprendre compte tenu de l'effet de plus en plus ridicule produit par cette montée de paranoïa aigüe.
Ce faisant, Carla Bruni qui parlait au nom du couple présidentiel a fini par protéger Rachida Dati, désormais exposée à la vindicte populaire sans escorte ni gardes du corps, et, par contre coup, à intimer l'ordre, en douceur mais avec fermeté, aux tristes sires de la Firme de se calmer et de se prendre une bonne biture pour oublier l'humiliation qu'elle vient de leur infliger...
Son mari, dit-elle est bien trop occupé par la crise et les souffrances des Français pour s'occuper de telles balivernes. C'est très juste. Nous ne pouvons qu'applaudir. Et suggérer aux Français, avec Carla Bruni, de revenir aux sujets qui fâchent pour de bon : les menaces sur les retraites, les délocalisations qui continuent, l'insécurité qui grandit à l'école et ailleurs, etc. En tout cas jusqu'au prochain épisode du loft élyséen. On ne devrait pas attendre trop longtemps.
* La « firme » désigne les pionniers du sarkzysme : Brice Hortefeux, Pierre Charron, Frédéric Lefebvre, bref, qui avaient mené une lutte féroce contre Cécilia Sarkozy avant le divorce.
Vous avez suivi. Tant mieux! Vous n'avez rien compris ? Ce n'est pas grave, car ladite épouse du Président est venue dire aux auditeurs de la radio et par là même à tous les Français que tout ça n'avait aucune importance puisque les rumeurs sont une donnée anthropologique de la condition humaine.
Nous sommes donc tous appelés à refouler au plus profond de notre disque dur intime les informations suivantes, propagées par la « firme* », qui ont produit le dernier feuilleton sarkozyste dans tous les médias depuis 48 heures :
- la rumeur selon laquelle Rachida Dati aurait répandu une rumeur sur le couple présidentiel (c'est une rumeur, donc il faut l'oublier) ;
- le complot contre Sarkozy ourdi par des puissances étrangères - Guéant dixit dans le Canard Enchaîné Charron partout - ou encore la « machination » (Thierry Herzog l'avocat du Président) pour affaiblir le Président avant qu'il ne prenne la direction du G20;
- les mouvements financiers qui pourraient avoir un lien avec tout cela (!).
Bref, la première dame de France a sifflé la fin de la récréation, ce que l'on peut comprendre compte tenu de l'effet de plus en plus ridicule produit par cette montée de paranoïa aigüe.
Ce faisant, Carla Bruni qui parlait au nom du couple présidentiel a fini par protéger Rachida Dati, désormais exposée à la vindicte populaire sans escorte ni gardes du corps, et, par contre coup, à intimer l'ordre, en douceur mais avec fermeté, aux tristes sires de la Firme de se calmer et de se prendre une bonne biture pour oublier l'humiliation qu'elle vient de leur infliger...
Son mari, dit-elle est bien trop occupé par la crise et les souffrances des Français pour s'occuper de telles balivernes. C'est très juste. Nous ne pouvons qu'applaudir. Et suggérer aux Français, avec Carla Bruni, de revenir aux sujets qui fâchent pour de bon : les menaces sur les retraites, les délocalisations qui continuent, l'insécurité qui grandit à l'école et ailleurs, etc. En tout cas jusqu'au prochain épisode du loft élyséen. On ne devrait pas attendre trop longtemps.
* La « firme » désigne les pionniers du sarkzysme : Brice Hortefeux, Pierre Charron, Frédéric Lefebvre, bref, qui avaient mené une lutte féroce contre Cécilia Sarkozy avant le divorce.
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