Marianne2 2012

Caisse des dépots: Xavier Musca en ballotage, trois mois sans pilote?

Jeudi 12 Janvier 2012 à 12:01 | Lu 3366 fois I 3 commentaire(s)

Hervé Nathan - Marianne

La promesse de Sarkozy de ne faire aucune nomination à des postes clés jusqu'à la fin de son mandat pourrait poser problème à la Caisse des dépôts (CDC). La présidence actuelle de Romanet s'achève le 7 mars, et rien n'a été décidé quant à sa suite. A l'Elysée on préfère prolonger son mandat pour que la désignation de son successeur ne soit pas orchestrée en pleine campagne présidentielle.


(Siège social CDC - Wikimédia - Copyleft - cc)
(Siège social CDC - Wikimédia - Copyleft - cc)
Xavier Musca, actuellement secrétaire général de l’Elysée, n’ira pas diriger la Caisse des dépôts et consignations. Du moins pas avant que Nicolas Sarkozy ne soit réélu président de la République, étant donné qu'il a renoncé à toute nomination à des « postes vacants » — lorsqu’il s’agit « d’établissements publics qui jouent un rôle essentiel dans la vie de la Nation » — avant l’élection présidentielle. 

Décision sage : Xavier Musca n’ignore pas que diriger « la Caisse », lorsqu’on n’est pas nommé par le locataire de l’Elysée en exercice, est  inconfortable. Et Augustin de Romanet, actuel directeur général de la Caisse le sait mieux que personne. Nommé par Jacques Chirac en fin de règne, il a ensuite redouté les coups fourrés venus du Palais, le contraignant parfois à des concessions à des « amis » de la droite.

« Augustin », serviteur de l’Etat affable et cultivé, est officiellement candidat à sa succession, qui dépendra du vainqueur des urnes. En attendant, s’il veut aller au-delà de son mandat qui expire le 7 mars, il faudra qu’une loi spéciale soit votée pour lui octroyer quelques mois de grâce.  Dans le cas contraire, un intérim serait assuré par Antoine Gosset-Grainville, directeur général adjoint et proche de François Fillon.

Une nécessaire prolongation du mandat de Romanet

Pour la Caisse des dépôts, une telle perspective est loin d’être rassurante. Outre les fluctuations des marchés qui influent sur les résultats du groupe (prévus juste à l’équilibre, selon Augustin de Romanet lui-même) trois dossiers majeurs sont en cours de négociation.
Transdev, l’énorme entreprise de transports dont Veolia veut céder la moitié — et qui revient donc dans les bras de la CDC, propriétaire de l’autre moitié.
Les prêts aux collectivités locales ensuite, puisque la CDC est en ce moment le seul vrai préteur, les banques ayant déserté le marché.
Et enfin Dexia, dont la CDC devait, avec la banque postale, reprendre les activités de prêts aux collectivités locales. Or, l’accentuation de la crise financière a modifié la situation. Dexia représenterait désormais un risque de 2 milliards d’euros, et Romanet est donc en situation de devoir refuser le sauvetage qu’il avait promis en octobre 2011 au gouvernement.  Un peu lourd pour un intérim.

Statutairement, la Caisse est placée sous la protection du Parlement. Sa commission de surveillance est bi-partisane. Jean-Pierre Jouyet, ami de François Hollande, milite déjà pour la prolongation de Romanet, au nom de la neutralité de la Caisse. Une proposition de loi allongeant ponctuellement le mandat du directeur général pourrait être votée très vite. Reste à savoir si les élus prendront ou non leurs responsabilités.





Suivez la campagne
   








“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
Campagne 2012 I Economie I International I Société I Culture & Médias I Blogs I Archives
Mentions légales I Signaler un contenu illicite I CGU I Charte des commentaires
Service abonnement I Service modération I Webmaster I Rédaction de Marianne2.fr I Faire un stage
Numérique 5,99 €/mois I Magazine 6,99 €/mois I Intégrale 9,99 €/mois
Facebook Twitter RSS Newsletter