Ça se confirme : Dassault sur le point de racheter le Parisien
Jeudi 16 Septembre 2010 à 11:01 | Lu 11910 fois I 23 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur
L'information est confirmée aussi bien du côté du gouvernement qu'auprès de certains cadres des deux groupes concernés : Dassault est bien sur le point d'acheter le Parisien. Christian de Villeneuve reviendrait à la tête de la rédaction. Seul Bolloré reste en lice pour racheter le quotidien.
A moins de deux ans de l’élection présidentielle, trois quotidiens au moins sont à vendre : Libération, les Echos et le Parisien, ces cessions suivant de près celles de la Tribune, de France Soir et du Monde. Bref, seuls trois quotidiens bénéficient d’une certaine stabilité en France : la Croix, l’Humanité et Paris Turf…
Le cas du Parisien est le gros morceau de cette rentrée. Le dossier de cession, document dans lequel le vendeur, en l’occurrence la famille Amaury, expose la situation financière de l’entreprise de presse, circule. Bolloré l’a jugé intéressant mais le prix exigé – 200 millions d’euros – lui paraît exorbitant. Puis est venue l’information de electronlibre : le groupe Dassault serait en négociation avec Marie Odile Amaury pour le rachat du Parisien. Il semble bien que l’info se vérifie. Entre le groupe Dassault et Amaury, les négociations pour la reprise du Parisien étaient bel et bien très avancées le 15 septembre, de bonne source. On annonce même le retour de Christian de Villeneuve à la tête de la rédaction. Certes les protagonistes multiplient les démentis. Mais on n’a pas encore vu le monde des affaires – fût-ce dans le secteur des médias – succomber à la mode de la transparence.
Voilà plusieurs mois que Marie Odile Amaury a décidé de vendre le Parisien pour transmettre une entreprise rentable constituée autour de l’Equipe et du Tour de France. Or, par les temps qui courent – et ils courent déjà depuis un bon moment – le sport est une valeur plus profitable que l’information.
Le regroupement du Parisien et du Figaro aurait-il un sens économique ? Aucun, avoue-t-on dans le staff du groupe de presse : le Figaro se retrouverait avec deux imprimeries sur les bras et un sureffectif à gérer.
Il est sûr en revanche que le rachat du Parisien par le groupe le Figaro a un sens politique. D’abord pour Serge Dassault qui perçoit le quotidien comme un atout pour son rayonnement politique dans l’Essonne. Ensuite pour l’Elysée qui semble bien être à l’origine de l’opération. Le rachat du Parisien par Dassault serait la revanche éclatante de l’achat du Monde par le trio Bergé-Niel-Pigasse. Certes, Nicolas Sarkozy n’est pas le premier président à s’intéresser au paysage médiatique à moins de deux ans de l’échéance de renouvellement de son mandat. Mais entre la nomination des responsables des radios et télévisions publiques, l’amitié ancienne avec Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, le militantisme umpiste quotidien du Figaro, et maintenant la mainmise putative sur le quotidien le plus vendu après Ouest-France, on peut dire que sur le front médiatique, la campagne de 2012 se présente sous d’excellents auspices. Or, c’est par une vente politique que Madame Amaury peut le mieux défendre les intérêts de ses enfants : le prix du bébé, entre 40 et 80 millions sur un strict plan de l’évaluation économique, pourrait monter à 120 voire 150 dans le cas d’une vente « politique ». C’est d’ailleurs ce qui explique le retrait probable d’un fond et du groupe Springer qui avaient manifesté de l’intérêt pour le dossier. Seul Bolloré peut encore contrer Dassault. Selon les Echos, l’Etat s’apprêterait à acheter 11 Raffale pour 800 millions afin de compenser la faible demande internationale. Comment Dassault pourrait-il refuser le « menu » service que lui demande Sarkozy avec l’achat du Parisien ?
Le cas du Parisien est le gros morceau de cette rentrée. Le dossier de cession, document dans lequel le vendeur, en l’occurrence la famille Amaury, expose la situation financière de l’entreprise de presse, circule. Bolloré l’a jugé intéressant mais le prix exigé – 200 millions d’euros – lui paraît exorbitant. Puis est venue l’information de electronlibre : le groupe Dassault serait en négociation avec Marie Odile Amaury pour le rachat du Parisien. Il semble bien que l’info se vérifie. Entre le groupe Dassault et Amaury, les négociations pour la reprise du Parisien étaient bel et bien très avancées le 15 septembre, de bonne source. On annonce même le retour de Christian de Villeneuve à la tête de la rédaction. Certes les protagonistes multiplient les démentis. Mais on n’a pas encore vu le monde des affaires – fût-ce dans le secteur des médias – succomber à la mode de la transparence.
Voilà plusieurs mois que Marie Odile Amaury a décidé de vendre le Parisien pour transmettre une entreprise rentable constituée autour de l’Equipe et du Tour de France. Or, par les temps qui courent – et ils courent déjà depuis un bon moment – le sport est une valeur plus profitable que l’information.
Le regroupement du Parisien et du Figaro aurait-il un sens économique ? Aucun, avoue-t-on dans le staff du groupe de presse : le Figaro se retrouverait avec deux imprimeries sur les bras et un sureffectif à gérer.
Il est sûr en revanche que le rachat du Parisien par le groupe le Figaro a un sens politique. D’abord pour Serge Dassault qui perçoit le quotidien comme un atout pour son rayonnement politique dans l’Essonne. Ensuite pour l’Elysée qui semble bien être à l’origine de l’opération. Le rachat du Parisien par Dassault serait la revanche éclatante de l’achat du Monde par le trio Bergé-Niel-Pigasse. Certes, Nicolas Sarkozy n’est pas le premier président à s’intéresser au paysage médiatique à moins de deux ans de l’échéance de renouvellement de son mandat. Mais entre la nomination des responsables des radios et télévisions publiques, l’amitié ancienne avec Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, le militantisme umpiste quotidien du Figaro, et maintenant la mainmise putative sur le quotidien le plus vendu après Ouest-France, on peut dire que sur le front médiatique, la campagne de 2012 se présente sous d’excellents auspices. Or, c’est par une vente politique que Madame Amaury peut le mieux défendre les intérêts de ses enfants : le prix du bébé, entre 40 et 80 millions sur un strict plan de l’évaluation économique, pourrait monter à 120 voire 150 dans le cas d’une vente « politique ». C’est d’ailleurs ce qui explique le retrait probable d’un fond et du groupe Springer qui avaient manifesté de l’intérêt pour le dossier. Seul Bolloré peut encore contrer Dassault. Selon les Echos, l’Etat s’apprêterait à acheter 11 Raffale pour 800 millions afin de compenser la faible demande internationale. Comment Dassault pourrait-il refuser le « menu » service que lui demande Sarkozy avec l’achat du Parisien ?
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