Ca n'est pas un scoop : DSK fait vendre, même maintenant
Mercredi 16 Novembre 2011 à 05:01 | Lu 10061 fois I 27 commentaire(s)
Aliocha - Blogueuse associée
Aliocha réagit à la menace du couple DSK de saisir la justice pour obtenir le respect de sa vie privée, invoquant des « principes »... « Le dossier s’y prête on ne peut plus mal », estime notre blogueuse associée.
Tiens donc, voici que le couple DSK menace de saisir la justice pour obtenir le respect de sa vie privée ! Et les avocats débarquent, jouant des manches pour rappeler le respect des principes. Celui de la vie privée, d’abord, le secret de l’instruction, ensuite. Pourquoi tout ce cirque, soudain ?
Parce que la presse française essaie timidement de faire son travail. C’est peu dire qu’il était temps. Elle a interrogé des proches qui ont confié, sous le sceau du off, ce qui ne sera pas répété ici pour cause de menace judiciaire. Je vous renvoie à Google, mot-clef DSK. En un mot comme en cent, ça ne va pas fort chez les DSK. Notez, on s’en serait douté.
Parce que la presse française essaie timidement de faire son travail. C’est peu dire qu’il était temps. Elle a interrogé des proches qui ont confié, sous le sceau du off, ce qui ne sera pas répété ici pour cause de menace judiciaire. Je vous renvoie à Google, mot-clef DSK. En un mot comme en cent, ça ne va pas fort chez les DSK. Notez, on s’en serait douté.
Vous avez dit «dérapages graves», ah bon ?
Ce qui est amusant dans cette soudaine révolte, c’est d’abord que DSK par la voix de ses conseils nous accuse de «dérapages graves». Dérapages graves… Voilà qui ouvre un champ infini de réflexion sur la notion de dérapage et celle de gravité… Ensuite, les avocats me font sourire sur ce coup-là. Comme s’ils n’étaient pas les premiers à utiliser la presse quand ils estiment en avoir besoin pour étayer leur stratégie judiciaire. Au point que les magistrats commencent sérieusement à les mettre en garde contre ce qu’ils analysent systématiquement comme des tentatives de pression inacceptables.
On aura compris que le but de ce coup de semonce consiste à tancer l’entourage indiscret autant qu’à calmer l’ardeur de confrères avides de trouver le petit scoop ou simplement empressés de le recopier. Du coup, les médias écrivent sur le fait qu’on va leur interdire d’écrire avec le même enthousiasme qu’ils se répandaient sur la « vie privée » de ces personnages publics quelques heures auparavant. Ainsi enflent les bulles médiatiques qui n’ont rien à envier aux bulles financières dans leur démence furieuse.
Bientôt viendra le temps des déclarations officielles des avocats en défense, lesquelles auront le droit d’être reproduites. Si l’on débrouille un peu l’infernal écheveau de ces cris d’offraie, la conclusion se dégage, attendue mais lumineuse : les journalistes n’ont le droit de relayer au public que les déclarations officielles. Exclusivement. Le reste relève, au choix, du secret de l’instruction ou du droit au respect de la vie privée. Et si par impossible surgissait une information qui n’entre ni dans un cas, ni dans l’autre, alors on parlerait d’injure ou de diffamation. C’est bordé, impeccable.
Vous vous demandez, amis lecteurs, pourquoi nul ne vous a informé ces dernières années de l’éventualité qu’un possible futur président de la République française entretienne un type de relation avec les femmes susceptible de nuire légèrement à son image ? Vous avez la réponse.
On aura compris que le but de ce coup de semonce consiste à tancer l’entourage indiscret autant qu’à calmer l’ardeur de confrères avides de trouver le petit scoop ou simplement empressés de le recopier. Du coup, les médias écrivent sur le fait qu’on va leur interdire d’écrire avec le même enthousiasme qu’ils se répandaient sur la « vie privée » de ces personnages publics quelques heures auparavant. Ainsi enflent les bulles médiatiques qui n’ont rien à envier aux bulles financières dans leur démence furieuse.
Bientôt viendra le temps des déclarations officielles des avocats en défense, lesquelles auront le droit d’être reproduites. Si l’on débrouille un peu l’infernal écheveau de ces cris d’offraie, la conclusion se dégage, attendue mais lumineuse : les journalistes n’ont le droit de relayer au public que les déclarations officielles. Exclusivement. Le reste relève, au choix, du secret de l’instruction ou du droit au respect de la vie privée. Et si par impossible surgissait une information qui n’entre ni dans un cas, ni dans l’autre, alors on parlerait d’injure ou de diffamation. C’est bordé, impeccable.
Vous vous demandez, amis lecteurs, pourquoi nul ne vous a informé ces dernières années de l’éventualité qu’un possible futur président de la République française entretienne un type de relation avec les femmes susceptible de nuire légèrement à son image ? Vous avez la réponse.
Un cirque fort rentable
Pendant ce temps l’auteur du prochain livre sur DSK, tout comme son éditeur, doivent se frotter les mains. La vague médiatique est porteuse, fut-elle qualifiée de nauséabonde. D’ailleurs, ça tombe bien puisque l’ouvrage comprend, nous dit-on, des révélations fracassantes à la décharge du héros de cette affaire. Dès lors, plus les médias font monter la sauce, mieux le livre se vendra et donc plus les arguments en défense auront de chance d’être entendus.
Et comme si ça ne suffisait pas, un grand nom du barreau de Paris espère que la presse va cracher des dommages intérêts au couple DSK et servir de précédent pour qu’à l’avenir les condamnations ne soient plus seulement symboliques en cas de violation de la vie privée. Sa déclaration m’étonne, il existe en réalité un vrai business dans la presse pipole sur la vie privée et les condamnations ne sont pas vraiment symboliques, mais bon.
Cette affaire a défait la réputation d’un personnage politique de premier plan, nuit à l’image de la France, mais elle va aussi rapporter beaucoup à certains. Ainsi va le système médiatique… Admettons, avec un certain cynisme, que la chose soit inéluctable. Mais par pitié, qu’on ne vienne surtout pas nous parler ici de principes. Le dossier s’y prête on ne peut plus mal.
Retrouvez les articles d'Aliocha sur son blog.
Et comme si ça ne suffisait pas, un grand nom du barreau de Paris espère que la presse va cracher des dommages intérêts au couple DSK et servir de précédent pour qu’à l’avenir les condamnations ne soient plus seulement symboliques en cas de violation de la vie privée. Sa déclaration m’étonne, il existe en réalité un vrai business dans la presse pipole sur la vie privée et les condamnations ne sont pas vraiment symboliques, mais bon.
Cette affaire a défait la réputation d’un personnage politique de premier plan, nuit à l’image de la France, mais elle va aussi rapporter beaucoup à certains. Ainsi va le système médiatique… Admettons, avec un certain cynisme, que la chose soit inéluctable. Mais par pitié, qu’on ne vienne surtout pas nous parler ici de principes. Le dossier s’y prête on ne peut plus mal.
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