Burkina Faso: le pouvoir face aux « affaires Zongo »
Vendredi 6 Mai 2011 à 18:10 | Lu 5622 fois I 9 commentaire(s)
Clotilde Cadu, envoyée spéciale de Marianne
La crise que traverse le Burkina Faso depuis le mois de février a été déclenchée par ce que tous appellent « l’affaire Justin Zongo », du nom de cet étudiant tué dans d’obscures conditions à Koudougou. Il y a 13 ans, c’est une autre affaire Zongo qui faisait vaciller le pays. Il s’agissait cette fois-ci de Norbert Zongo, un journaliste originaire de Koudougou et dont l’assassinat n’a toujours pas été résolu.
Il a l’impression de revivre la fin de l’année 1998. Le jour où le journaliste Norbert Zongo et ses camarades ont été assassinés. « C’est la même réaction qu’aujourd’hui », glisse Xavier Sondo, ami de l’homme de presse disparu. La mort du journaliste d’investigation, considéré comme « la voix des sans-voix », a provoqué une grande crise au Burkina Faso. Presque aussi importante que celle que traverse actuellement le pays après la mort à Koudougou d’un élève, Justin Zongo. « A chaque fois, c’est un Zongo ! », plaisante-t-on à Koudougou. Drôle de coïncidence.
Les deux hommes ne sont pas de la même famille. Mais ont une histoire similaire. Leur disparition dans d’obscures conditions a laissé une trace indélébile. « Le souvenir de Norbert Zongo perdure encore aujourd’hui », note Xavier Sondo, membre du Mouvement burkinabè pour les droits des hommes et des peuples (MBDHP). Chaque année, le 13 décembre, date de la mort du journaliste, est un jour chômé. Et l’occasion de demander à ce que la lumière soit faite sur cet assassinat, dans lequel on soupçonne le pouvoir d’être impliqué. « Il y a toujours cette exigence. L’affaire Norbert Zongo a laissé une colère vive dans le cœur des gens », souligne Karim Porgho, du MBDHP.
La mort de Justin Zongo, en ce début d’année 2011, a sans nul doute fait ressurgir cette histoire jamais vraiment oubliée, qui s’était soldé par un non-lieu au milieu des années 2000. Justin Zongo, élève à Koudougou, serait décédé des suites des coups qui lui ont été assénés au poste de police où il était convoqué à la suite d’une altercation avec une camarade de classe. Gênées aux entournures, les autorités ont préféré mettre en avant la thèse de la méningite comme cause du décès. Une communication officielle que n’ont guère goûté les jeunes qui, comme en 1998, ont mis le feu à la ville de Koudougou. « Les jeunes d’ici n’aiment pas l’injustice, ils n’aiment pas qu’on leur marche dessus. Ils sont beaucoup plus sensibles », remarque Xavier Sondo. En 1998 comme en 2011, ce sont eux qui, les premiers, sont descendus dans les rues pour crier leur colère face à l’impunité. « Ca a duré un trimestre, avec une marche ou un meeting chaque week-end », se souvient Xavier Sondo. « Il y a eu une pression forte pour que le gouvernement lance une enquête, mette en place une commission indépendante. Mais les suspects sérieux n’ont jamais été inquiétés », regrette l’homme.
Les organisations étudiantes et syndicales ont rappelé encore ce dimanche au gouvernement leur volonté que toute la lumière soit faite sur l’affaire Justin Zongo, et que l’impunité n’ait plus le droit de cité au « pays des Hommes intègres ».
Retrouvez d'autres articles de Clotilde Cadu : « Burkina Faso, cela fait bien longtemps que l'on sentait venir la crise », et « Les crimes ne sont jamais punis ».
Les deux hommes ne sont pas de la même famille. Mais ont une histoire similaire. Leur disparition dans d’obscures conditions a laissé une trace indélébile. « Le souvenir de Norbert Zongo perdure encore aujourd’hui », note Xavier Sondo, membre du Mouvement burkinabè pour les droits des hommes et des peuples (MBDHP). Chaque année, le 13 décembre, date de la mort du journaliste, est un jour chômé. Et l’occasion de demander à ce que la lumière soit faite sur cet assassinat, dans lequel on soupçonne le pouvoir d’être impliqué. « Il y a toujours cette exigence. L’affaire Norbert Zongo a laissé une colère vive dans le cœur des gens », souligne Karim Porgho, du MBDHP.
La mort de Justin Zongo, en ce début d’année 2011, a sans nul doute fait ressurgir cette histoire jamais vraiment oubliée, qui s’était soldé par un non-lieu au milieu des années 2000. Justin Zongo, élève à Koudougou, serait décédé des suites des coups qui lui ont été assénés au poste de police où il était convoqué à la suite d’une altercation avec une camarade de classe. Gênées aux entournures, les autorités ont préféré mettre en avant la thèse de la méningite comme cause du décès. Une communication officielle que n’ont guère goûté les jeunes qui, comme en 1998, ont mis le feu à la ville de Koudougou. « Les jeunes d’ici n’aiment pas l’injustice, ils n’aiment pas qu’on leur marche dessus. Ils sont beaucoup plus sensibles », remarque Xavier Sondo. En 1998 comme en 2011, ce sont eux qui, les premiers, sont descendus dans les rues pour crier leur colère face à l’impunité. « Ca a duré un trimestre, avec une marche ou un meeting chaque week-end », se souvient Xavier Sondo. « Il y a eu une pression forte pour que le gouvernement lance une enquête, mette en place une commission indépendante. Mais les suspects sérieux n’ont jamais été inquiétés », regrette l’homme.
Les organisations étudiantes et syndicales ont rappelé encore ce dimanche au gouvernement leur volonté que toute la lumière soit faite sur l’affaire Justin Zongo, et que l’impunité n’ait plus le droit de cité au « pays des Hommes intègres ».
Retrouvez d'autres articles de Clotilde Cadu : « Burkina Faso, cela fait bien longtemps que l'on sentait venir la crise », et « Les crimes ne sont jamais punis ».
Voir les 9 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter