Bruxelles: concurrence libre, mon amour !
Mardi 22 Novembre 2011 à 15:01 | Lu 4404 fois I 7 commentaire(s)
Pierre Lévy - Blogueur associé
Incitation à la déréglementation du secteur aérien, procédure d'infraction à l'encontre de la Hongrie dans une affaire de téléphonie : à Bruxelles, on ne badine pas avec la concurrence libre et non faussée, observe Pierre Lévy.
La concurrence parmi les prestataires des services des aéroports est insuffisante : telle est la conviction du commissaire européen aux Transports, Siim Kallas. Ce dernier travaille sur un règlement qui imposerait à chaque aéroport de recourir à au moins trois sociétés pour assurer les services au sol (logistique, sécurité, entretien…). En Allemagne notamment, la mobilisation syndicale a été immédiate contre un tel projet (qui concernerait par exemple 8000 salariés pour le seul site de Francfort) : la pression sur les coûts, donc sur les salaires mais aussi sur la qualité de service s’accroîtrait dangereusement, avec également des conséquences sur la sécurité dans les lieux sensibles. Mais à Bruxelles, on ne plaisante pas avec la concurrence libre et non faussée.
Cela vaut également pour le « marché intérieur de l’énergie », qui n’atteindra pas ses objectifs fixés pour 2014, selon le Commissaire européen Günther Oettinger. Ce dernier a notamment dénoncé « une certaine hésitation parmi les Etats-membres » à appliquer le « troisième paquet » européen déréglementant le secteur. En particulier, la séparation entre entreprises de production ou d’approvisionnement, et de transport, n’est pas encore suffisamment effective. La Commission a donc engagé des procédures d’infraction contre pas moins de dix-huit pays, qui n’ont pas achevé la transposition des directives. « Si nous arrêtons de ramer, nous serons entraînés dans la mauvaise direction par le courant » a expliqué M. Oettinger. Qui était visiblement sous tension.
Parallèlement, la Commission européenne vient d’engager une procédure d’infraction contre la Hongrie. Budapest a en effet introduit en 2010 un impôt exceptionnel sur les opérateurs de télécommunications, destiné à diminuer le déficit budgétaire, ce qui est contraire au droit européen. Bruxelles mène également des enquêtes dans les secteurs de l’énergie et de la grande distribution avec le même grief. Les groupes concernés sont des multinationales étrangères. Les banques européennes (notamment autrichiennes) se tournent par ailleurs vers Bruxelles pour contester une autre décision : le Premier ministre hongrois a proposé aux citoyens qui s’étaient fait piéger par des prêts toxiques en euros ou en francs suisses de convertir leur emprunt en forints à un taux favorable, le surcoût étant à la charge des établissements financiers. Viktor Orban devrait se méfier : on a liquidé Kadhafi pour moins que ça.
Que l’on se rassure cependant. L’Union européenne ne joue pas seulement du bâton. Elle sait aussi être reconnaissante envers ceux qui comprennent ses immenses mérites. C’est ainsi que plusieurs lauréats se sont vu décerner le prix 2011 « du journalisme européen ». Le président de l’europarlement, Jerzy Buzek, a remis 5000 euros à Massimiliano Nespola, au titre de la presse Internet, pour son article intitulé « Nous ne savons pas quand, mais la Constitution européenne arrive ». Avec un humour qu’on imagine hélas involontaire, le jury a estimé que « le blogueur présente de manière très habile l'Union européenne comme une institution en devenir ». Dans la catégorie presse écrite, c’est le journaliste du Point, Romain Guibert, qui a été distingué pour son dossier baptisé « L'incroyable roman de l'euro ». Selon le jury, il s'agit « d'un excellent outil éducatif pour comprendre l'euro ». Pendant qu’il est encore temps.
Cela vaut également pour le « marché intérieur de l’énergie », qui n’atteindra pas ses objectifs fixés pour 2014, selon le Commissaire européen Günther Oettinger. Ce dernier a notamment dénoncé « une certaine hésitation parmi les Etats-membres » à appliquer le « troisième paquet » européen déréglementant le secteur. En particulier, la séparation entre entreprises de production ou d’approvisionnement, et de transport, n’est pas encore suffisamment effective. La Commission a donc engagé des procédures d’infraction contre pas moins de dix-huit pays, qui n’ont pas achevé la transposition des directives. « Si nous arrêtons de ramer, nous serons entraînés dans la mauvaise direction par le courant » a expliqué M. Oettinger. Qui était visiblement sous tension.
Parallèlement, la Commission européenne vient d’engager une procédure d’infraction contre la Hongrie. Budapest a en effet introduit en 2010 un impôt exceptionnel sur les opérateurs de télécommunications, destiné à diminuer le déficit budgétaire, ce qui est contraire au droit européen. Bruxelles mène également des enquêtes dans les secteurs de l’énergie et de la grande distribution avec le même grief. Les groupes concernés sont des multinationales étrangères. Les banques européennes (notamment autrichiennes) se tournent par ailleurs vers Bruxelles pour contester une autre décision : le Premier ministre hongrois a proposé aux citoyens qui s’étaient fait piéger par des prêts toxiques en euros ou en francs suisses de convertir leur emprunt en forints à un taux favorable, le surcoût étant à la charge des établissements financiers. Viktor Orban devrait se méfier : on a liquidé Kadhafi pour moins que ça.
Que l’on se rassure cependant. L’Union européenne ne joue pas seulement du bâton. Elle sait aussi être reconnaissante envers ceux qui comprennent ses immenses mérites. C’est ainsi que plusieurs lauréats se sont vu décerner le prix 2011 « du journalisme européen ». Le président de l’europarlement, Jerzy Buzek, a remis 5000 euros à Massimiliano Nespola, au titre de la presse Internet, pour son article intitulé « Nous ne savons pas quand, mais la Constitution européenne arrive ». Avec un humour qu’on imagine hélas involontaire, le jury a estimé que « le blogueur présente de manière très habile l'Union européenne comme une institution en devenir ». Dans la catégorie presse écrite, c’est le journaliste du Point, Romain Guibert, qui a été distingué pour son dossier baptisé « L'incroyable roman de l'euro ». Selon le jury, il s'agit « d'un excellent outil éducatif pour comprendre l'euro ». Pendant qu’il est encore temps.
Retrouvez Pierre Lévy sur le site du Nouveau BRN.
Voir les 7 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte

Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter