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Boycott du BTS : un sentiment d'injustice nourri par les médias

Mardi 28 Juin 2011 à 15:01 | Lu 6018 fois I 0 commentaire(s)

Chloé Demoulin - Marianne

Pour protester contre l’annulation de leur épreuve de BTS en raison de suspicions de fraudes, plusieurs centaines d’étudiants ont bloqué dimanche l’accès au centre d’examen d’Arcueil où ils devaient le repasser. Ce boycott préparé sur facebook pourrait bien avoir été inspiré par la surmédiatisation de la série de couacs qui a touché les examens cette année…


« 2011, annus horribilis pour l'éducation nationale », ironise Le Monde.fr qui a comptabilisé environ huit épisodes d’incidents ou de fraudes   – celui-ci compris – dans la tenue des examens depuis le mois de janvier.

Force est de constater que de nombreux élèves – des lycéens aux futurs agrégés et médecins – mais aussi parents d’élèves et professeurs ont fais cette année les frais de ces ratés avec à la clef, annulation des épreuves et semaines supplémentaires de révision ou de correction.

Le cas du BTS négociation et relation clients (NRC) repassé dimanche à la maison des examens d’Arcueil est toutefois un peu plus atypique. L’épreuve initiale, organisée le 9 mai à Villepinte a été annulée à la demande des professeurs en raison de « fraudes massives».

On est loin pourtant du débat sur la sophistication des moyens de tricheries évoqué par les médias depuis des semaines : livres posés sur la table, « va-et-vient » incessant aux toilettes, « corruption » de surveillants, usurpations d'identités. En réalité, la première session de l’examen a vraisemblablement été organisée dans des « conditions déplorables », dans « des hangars où l’on aurait pas parqué du bétail », confie un des candidats dans le Parisien.

Les « intouchables du Bac S »

Bien décidés à ne pas payer « les fruits d'une mauvaise organisation et d'un non-professionnalisme choquant de la part des surveillants », les étudiants concernés ont donc décidé de lancer une pétition et d’ouvrir une page facebook – qui compte aujourd’hui 1488 membres - pour appeler au boycott de leur propre épreuve de BTS.

Résultat des courses : qu’ils aient refusé de repasser l’examen ou qu’ils aient été empêchés de s’y rendre par les bloqueurs malgré l'intervention de la police, 1200 élèves (selon le ministère de l’Enseignement supérieur) n’ont pas composés dimanche et seront sanctionnés par un zéro.

Mais « l’écoeurement » d’élèves qui se disent « dégoutés » d’avoir à repasser l’examen qui sanctionne deux ans d’effort est-il vraiment le seul responsable de cette mobilisation radicale ? A en croire un certain nombre de témoignages, la surmédiatisation du traitement différent réservé aux élèves du Bac S la semaine dernière a été très mobilisateur.

En effet, le ministre de l’éducation nationale Luc Chatel a refusé d’annuler l’épreuve de mathématique passé le 22 juin par les 165 000 élèves du Bac S alors qu’un exercice de probabilité avait été divulgué la veille sur Internet. Les élèves de BTS, se sentant « laissés pour compte», ont interprété cette inégalité de traitement comme une injustice face « aux intouchables » de la filière générale.

Du coup, pour calmer le jeu, Valérie Pécresse s’est empressée de déclarer ce matin sur Europe 1 que toutes « les victimes» qui « auraient été empêchées de composer par des bloqueurs » pouvaient « se signaler auprès du médiateur de l'éducation nationale » et pourraient repasser l’examen.

Mais sur leur page facebook, les étudiants du BTS NRC sont perplexes. « Elle fait comment pour savoir qui n'a pas pu rentrer et qui a bloqué ? », s’interroge l’un. « Sur toute la France il y aura 3 sujets différents corrigés, s’insurge une autre, l'égalité n'est pas là encore ». Certains ont déjà déposé des mains courantes et sont bien déterminés à trouver un avocat pour porter leur cas devant le tribunal administratif.







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