Marianne2 2012

Boutin, un soutien de moins pour Sarkozy ?

Vendredi 9 Décembre 2011 à 18:01 | Lu 29007 fois I 89 commentaire(s)

Propos recueillis par Laureline Dupont - Marianne

Indignée par le blocage des signatures ordonné, selon elle, par l'UMP et l'Elysée, Christine Boutin se dit prête à « rentrer en guerre » pour le salut du débat démocratique. La présidente du Parti chrétien-démocrate, qui jusqu'à présent promettait de se rallier à Nicolas Sarkozy dès le soir du premier tour, pourrait bien tourner le dos au monarque-candidat. Interview.


Marianne : Vous avez assuré sur LCP avoir eu vent des blocages de parrainages orchestrés par l’UMP mais aussi par l’Elysée dans le but d’empêcher les candidats de droite de concurrencer Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle. Pourquoi cette affirmation ?
 
Christine Boutin : En général, je ne parle pas à la légère. Si j’ai dénoncé cela c’est que j’en ai la certitude. Il y a encore 10 jours, je disais aux médias que je ne pouvais pas imaginer qu’il y ait un blocage, tout en m’étonnant des difficultés énormes que j’avais pour obtenir ces parrainages. Pourquoi je l’affirme de façon si ferme ? Parce que monsieur Copé a réuni les cadres de l’UMP il y a 15 jours et leur a demandé de ne donner leurs parrainages qu’aux candidats UMP, ses paroles ont été retranscrites dans la presse. 
En ce qui concerne l’Elysée, mes collaborateurs ont eu un rendez-vous hier à l’Elysée avec l’entourage du président. On leur a laissé entendre que l’UMP détenait les mallettes de signatures et que c’était très bien comme ça : « Si on décide de ne pas vous en donner, on ne vous en donnera pas. »
 
Et vos collaborateurs ont demandé si l’Elysée allait se décider à vous en donner justement ?
 
Pour l’instant il n’y a pas de réponse et pas de déblocage. Ce qui est étonnant c’est qu’on puisse nous dire des choses pareilles ! Je suis plutôt une femme de paix, de conciliation, mais quand on vient me chercher on me trouve. Or là c’est au-delà de moi-même et de ce que je peux représenter, il s’agit de la démocratie. Je vais me battre, j’ai encore le temps, la chasse aux parrainages se clôture fin février, mais je ne vais pas me laisser faire.
 
Comment expliquez vous qu’un parti républicain comme l'UMP puisse prendre le risque d’assécher de cette façon le débat démocratique ?
 
Je ne suis pas dans l’interprétation. Je ne sais pas pour quelle raison cette décision a été prise. Mais je pense que la situation est grave. Je me présente pour défendre un certain nombre d’idées, le premier tour est fait pour cela. On sait très bien que Nicolas Sarkozy dit depuis le début qu’il veut être tout seul comme candidat, mais de là à faire pression… Je ne suis pas la seule à avoir des problèmes, de Frédéric Nihous en passant par Nicolas Dupont-Aignan, peinent à trouver les précieux parrainages. 
 
Malgré ces consignes, est-ce que des élus locaux UMP vous ont promis leurs parrainages ?
 
Je ne sais pas, mais je l’espère. J’ai eu 700 signatures en 2002 et là j’en ai à peine 150, c’est quand même étonnant ! J’ai des délégués sur le territoire. J’en ai une en Vendée qui est allée voir 70 maires, je n’ai pas obtenu une seule signature alors que la Vendée est plutôt un territoire susceptible d’être sensible à mes idées. Il faut absolument débloquer ce cadenas, on ne peut pas accepter en France, pays des Droits de l’Homme, un tel verrouillage de l’expression politique et de la démocratie.
 
Comment allez-vous répliquer ?
 
Nous sommes en train de déposer un recours au Conseil d’Etat. Nous allons utiliser les voies du droit, pour l’instant. Je ne me laisserai pas faire.
 
Peut-on imaginer que ces blocages remettent en question votre ralliement à Nicolas Sarkozy, jusqu'à présent certain, au soir du premier tour ?
 
Pour l’instant, je rentre en guerre. On verra ce qui se passera, tout est possible. J’ai jusqu’au mois de février, on aura certainement l’occasion d’en reparler d’ici là. Je vais combattre pour que la démocratie soit respectée, ça c’est clair. Manifestement, ce qu’on veut aujourd’hui, c’est me tuer, tuer mon parti et mes idées. Je ne vais pas me laisser assassiner. 








LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez