Bourlanges et Lamassoure zappent déjà Bayrou pour Hollande
Lundi 31 Octobre 2011 à 16:00 | Lu 11711 fois I 18 commentaire(s)
Chloé Demoulin - Marianne
Ce matin à la radio, Jean-Louis Bourlanges et Alain Lamassoure ont critiqué l’accord européen conclut à Bruxelles et clairement remis en question la capacité du Président à assurer un second mandat. Pour eux, plus que François Bayrou, François Hollande constitue une alternative sérieuse...
Laissés sur une île déserte par Jean-Louis Borloo, pas convaincus par Hervé Morin, les centristes ont le morale dans les chaussettes. Au point de changer de bord et de passer du centre droit au centre « très à gauche », bref, de Sarkozy à Hollande ? En tous cas, l’accord européen arraché à Bruxelles la semaine dernière ne les satisfait guère. Au contraire, peu friands du recours à la Chine, moins dithyrambiques que les caciques de l’UMP, les centristes se demandent si le Président est encore à même de faire face à la crise.
« Il n’a pas été à la hauteur de la situation. Il est maintenant très démuni pour présenter une relance » regrette Jean-Louis Bourlanges au micro de France-inter (voir extrait ci-dessous). L’ancien vice-président de l’UDF ne cache pas son désamour vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. « J’ai voté pour lui » admet-il mais « j’ai refusé toute offre de service » et « j’ai critiqué très très vivement le plan TEPA (le « paquet fiscal », ndlr) ». Pour lui, qui est allé jusqu’à quitter son mandat de député européen, le « Centre s’est compromis » en rentrant au gouvernement. Borloo et Morin : même combat !
Moins ouvertement critique, Alain Lamassoure n’hésite pourtant pas à remettre en question le Président sur RTL. Se déclarant « triste » et même « humilié » par l’accord trouvé à Bruxelles, le centriste « attend de savoir » si Nicolas Sarkozy sera à nouveau, comme en 2007, l’homme de la situation, « un homme d'Etat qui soit au niveau des événements historiques ». « Je lui fais confiance, bien entendu ! » se reprend un instant le député européen - un statut trop fragile pour se montrer trop téméraire ? - avant d’enfoncer le clou. « Le choix est de savoir s'il veut être le Général de Gaulle ou Jacques Chirac. S'il veut porter les ambitions de la France de de Gaulle, que la France retrouve son rang, ou celles de Jacques Chirac qui, à son deuxième mandat, reculait une réforme dès qu'il y avait une manifestation.» Et d'espérer « qu'il fera le bon choix. »
« Il n’a pas été à la hauteur de la situation. Il est maintenant très démuni pour présenter une relance » regrette Jean-Louis Bourlanges au micro de France-inter (voir extrait ci-dessous). L’ancien vice-président de l’UDF ne cache pas son désamour vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. « J’ai voté pour lui » admet-il mais « j’ai refusé toute offre de service » et « j’ai critiqué très très vivement le plan TEPA (le « paquet fiscal », ndlr) ». Pour lui, qui est allé jusqu’à quitter son mandat de député européen, le « Centre s’est compromis » en rentrant au gouvernement. Borloo et Morin : même combat !
Moins ouvertement critique, Alain Lamassoure n’hésite pourtant pas à remettre en question le Président sur RTL. Se déclarant « triste » et même « humilié » par l’accord trouvé à Bruxelles, le centriste « attend de savoir » si Nicolas Sarkozy sera à nouveau, comme en 2007, l’homme de la situation, « un homme d'Etat qui soit au niveau des événements historiques ». « Je lui fais confiance, bien entendu ! » se reprend un instant le député européen - un statut trop fragile pour se montrer trop téméraire ? - avant d’enfoncer le clou. « Le choix est de savoir s'il veut être le Général de Gaulle ou Jacques Chirac. S'il veut porter les ambitions de la France de de Gaulle, que la France retrouve son rang, ou celles de Jacques Chirac qui, à son deuxième mandat, reculait une réforme dès qu'il y avait une manifestation.» Et d'espérer « qu'il fera le bon choix. »
Bayrou laisse sceptique
Non content de lâcher Sarkozy alors que le Centre tombe en morceaux, Jean-Louis Bourlanges plombe la candidature Bayrou. « Le Centre est extrêmement mal, je ne vais pas vous dorer la pilule » s'alarme l’ancien eurodéputé. Mais au lieu de positiver, celui qui avait pensé à se présenter lui-même après la défection de Jean-Louis Borloo ne fait pas de cadeau au troisième homme de 2007. « Je reste extrêmement sceptique sur sa capacité à faire quelque chose », tranche son ancien soutien. « Il a laissé se détruire son parti en allant à gauche, maintenant à droite, sans savoir où il veut aller ».
« Tous les Français savent bien que ce sera le choix entre Nicolas Sarkozy et François Hollande », assure Jean-Louis Bourlanges en sautant volontairement l’étape du premier tour où « l’on peut se faire plaisir, en votant qui on veut ». Visiblement en mal de candidat, les centristes préfèrent - pour le moment - carrément zapper François Bayrou. Pour preuve : Alain Lamassoure n’en dira pas un mot sur RTL. Comme si le président du Modem n’existait pas. Pour le député européen, pas de doute non plus, l’alternative à Nicolas Sarkozy, c’est François Hollande.
Hollande devra-t-il choisir entre Bourlanges et Montebourg ?
« Il est clair que François Hollande est plus proche des idées centristes que Martine Aubry » glisse Jean-Louis Bourlanges avant d’afficher clairement sa préférence. « Si je hiérarchise, la personnalité dont je me sens le plus proche en affinités, c’est François Hollande » lâche-t-il sans état d’âmes. Le centriste serait-il prêt à voter pour le PS en 2012 ? A une condition : que le candidat désigné par les primaires socialistes fasse « l’unité du pays » et pas seulement celle « de la gauche ». « Cela me gêne de voter François Hollande, prévient-il, si je me retrouve avec Messieurs Montebourg, Mélenchon ou Hamon au gouvernement ». Ca tombe bien, Mélenchon vient de déclarer qu'il ne s'imaginait pas dans un gouvernement sous le règne de François Hollande...
Sans pour autant sortir du bois, Alain Lamassoure se montre également intéressé par la candidature de François Hollande. « Il a le choix entre être Jacques Delors ou être Lionel Jospin. C'est-à-dire être celui qui peut (…) contribuer à bâtir l'Europe de demain ou être celui qui enterre la France sous les roses fanées du socialisme de papa. » La bouteille centriste est lancée à la mer. Reste à savoir si les équipes de François Hollande sauront faire cap sur elle.
Sans pour autant sortir du bois, Alain Lamassoure se montre également intéressé par la candidature de François Hollande. « Il a le choix entre être Jacques Delors ou être Lionel Jospin. C'est-à-dire être celui qui peut (…) contribuer à bâtir l'Europe de demain ou être celui qui enterre la France sous les roses fanées du socialisme de papa. » La bouteille centriste est lancée à la mer. Reste à savoir si les équipes de François Hollande sauront faire cap sur elle.
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