Botox, silicone et cookies victimes de la crise
Mardi 7 Octobre 2008 à 08:36 | Lu 39369 fois I 56 commentaire(s)
Virginie Roels
La crise économique laisse sur le pavé des secteurs inattendus de l’économie. En quelques mois, chirurgie esthétique, cosmétiques et plaisirs de la table sont devenus les victimes collatérales de la crise financière internationale.
La chirurgie esthétique est en crise
La chirurgie esthétique est en crise
L’immobilier et la finance ne sont plus seuls à pâtir de la crise. D’autres secteurs boivent la tasse, en particulier ceux liés aux plaisirs et au luxe. Signe que l’austérité pointe son nez ? Possible, car c’est bien de nez, mais aussi de seins et de fesses qu'il s’agit. La chirurgie esthétique, les produits cosmétiques, ainsi que la consommation de mets délicats sont dans la tourmente. Calme, luxe et volupté, c'est terminé !
« Maintenant je suis obligée de choisir entre le botox et un bon resto » déplore Antoinette, une californienne de 41 ans, dans les colonnes du Los Angeles Times. Ce mois-ci, cette quinqua middle class va renoncer à son petit plaisir mensuel, une partie d’injections de Botox entre copines. Les chirurgiens de Beverly Hills commencent d’ailleurs à avoir les traits tirés, car Antoinette n’est pas la seule à les bouder. Certains ont perdu jusqu'à 40% de leur chiffre d’affaires en six mois. Mais les dégourdis du bistouri ont de la ressource. La plupart des chirurgiens américains proposent désormais des produits bon marché. Non sans cynisme, ils offrent par exemple une ristourne sur les actes de reconstruction mammaire pour les femmes touchées par un cancer du sein. Un acte de pure vénalité : ils sont sûrs d’êtres payés car cette opération-là est prise en charge par les assurances.
Les Françaises se démaquillent
La Française, elle, n’est pas accro à la seringue et préfère encore son traditionnel voile de poudre. Du coup, chez nous c'est le secteur de la cosmétologie qui est dans le rouge. Fin août, les ventes de rouge à lèvres, parfums chics et crèmes de soin haut de gamme ont marqué un recul de 2,3%. Il est certes prématuré de parler d’un crash du fard à paupière, mais pour compenser cette diminution, les grandes enseignes ont dû revoir leurs prix à la hausse. Ainsi, si l’étiquette d’une crème antirides a sensiblement augmenté, ce n’est pas parce qu’il y a plus d’actifs dans le pot, mais moins de bénéfices dans les caisses.
« Maintenant je suis obligée de choisir entre le botox et un bon resto » déplore Antoinette, une californienne de 41 ans, dans les colonnes du Los Angeles Times. Ce mois-ci, cette quinqua middle class va renoncer à son petit plaisir mensuel, une partie d’injections de Botox entre copines. Les chirurgiens de Beverly Hills commencent d’ailleurs à avoir les traits tirés, car Antoinette n’est pas la seule à les bouder. Certains ont perdu jusqu'à 40% de leur chiffre d’affaires en six mois. Mais les dégourdis du bistouri ont de la ressource. La plupart des chirurgiens américains proposent désormais des produits bon marché. Non sans cynisme, ils offrent par exemple une ristourne sur les actes de reconstruction mammaire pour les femmes touchées par un cancer du sein. Un acte de pure vénalité : ils sont sûrs d’êtres payés car cette opération-là est prise en charge par les assurances.
Les Françaises se démaquillent
La Française, elle, n’est pas accro à la seringue et préfère encore son traditionnel voile de poudre. Du coup, chez nous c'est le secteur de la cosmétologie qui est dans le rouge. Fin août, les ventes de rouge à lèvres, parfums chics et crèmes de soin haut de gamme ont marqué un recul de 2,3%. Il est certes prématuré de parler d’un crash du fard à paupière, mais pour compenser cette diminution, les grandes enseignes ont dû revoir leurs prix à la hausse. Ainsi, si l’étiquette d’une crème antirides a sensiblement augmenté, ce n’est pas parce qu’il y a plus d’actifs dans le pot, mais moins de bénéfices dans les caisses.
Même l'alimentation de luxe est chocolat
Autre secteur grignoté par la crise, l’alimentaire. « Quand l’économie est en récession, on assiste au retour de la frugalité » explique Martha Starr, professeur d’économie à l’American University de Washington. Et les restaurants commencent à accuser le « coût » : Au Café du Commerce, dans le XVème arrondissement de Paris, ce sont les desserts qui trinquent : « les clients se limitent », raconte le patron. « De la même manière, ils font attention au prix du vin », regrette-t-il. Même l’incarnation quasi-mythique de l’American Dream, le cookie, est frappé. Denise, une New-yorkaise de 51 ans, rend son tablier. Elle ne sait pas si elle pourra confectionner des biscuits pour ses sept petits-enfants comme chaque année à Noël. « Le prix des ingrédients a tellement grimpé, avec tout le reste », se lamente-t-elle.
Mais comme tout est bon dans le cochon, un grand magasin britannique, le Selfridge’s, a déjà trouvé un moyen de se faire de la pub à bon compte. Dimanche, il a lancé un nouveau chocolat de luxe, baptisé « Credit crunch », une expression anglaise utilisée pour qualifier la crise financière actuelle. « Le chocolat de qualité est la solution nec plus ultra, il est peu coûteux, donne satisfaction instantanément et vous aide à vous sentir mieux », se vante le responsable. Comme le disait Francis Picabia, le luxe n’est pas un plaisir, mais le plaisir est un luxe…
Autre secteur grignoté par la crise, l’alimentaire. « Quand l’économie est en récession, on assiste au retour de la frugalité » explique Martha Starr, professeur d’économie à l’American University de Washington. Et les restaurants commencent à accuser le « coût » : Au Café du Commerce, dans le XVème arrondissement de Paris, ce sont les desserts qui trinquent : « les clients se limitent », raconte le patron. « De la même manière, ils font attention au prix du vin », regrette-t-il. Même l’incarnation quasi-mythique de l’American Dream, le cookie, est frappé. Denise, une New-yorkaise de 51 ans, rend son tablier. Elle ne sait pas si elle pourra confectionner des biscuits pour ses sept petits-enfants comme chaque année à Noël. « Le prix des ingrédients a tellement grimpé, avec tout le reste », se lamente-t-elle.
Mais comme tout est bon dans le cochon, un grand magasin britannique, le Selfridge’s, a déjà trouvé un moyen de se faire de la pub à bon compte. Dimanche, il a lancé un nouveau chocolat de luxe, baptisé « Credit crunch », une expression anglaise utilisée pour qualifier la crise financière actuelle. « Le chocolat de qualité est la solution nec plus ultra, il est peu coûteux, donne satisfaction instantanément et vous aide à vous sentir mieux », se vante le responsable. Comme le disait Francis Picabia, le luxe n’est pas un plaisir, mais le plaisir est un luxe…
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