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Borloo out, certains radicaux cherchent des passerelles avec Sarkozy

Mardi 18 Octobre 2011 à 12:01 | Lu 4026 fois I 5 commentaire(s)

Laureline Dupont
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre En savoir plus sur cet auteur

A défaut d'avoir un candidat à la présidentielle, certains au Parti radical espèrent avoir un programme. Patrice Gassenbach, patron de la fédération parisienne du PR, compte sur l'élaboration d'« une plateforme de gouvernement ». Histoire de peser dans le débat électoral. Et de participer au gouvernement Sarkozy II.


Borloo out, certains radicaux cherchent des passerelles avec Sarkozy
Dépités mais pas résignés, certains soutiens de l’ex-candidat putatif Jean-Louis Borloo espèrent bien peser dans le débat présidentiel, avec ou sans l’accord de leur leader fantoche.
 
Seulement deux semaines se sont écoulées depuis le renoncement télévisé de ce dernier, et déjà le patron valoisien de la fédération de Paris, Patrice Gassenbach, s’est chargé d’envoyer une missive à ses adhérents dans laquelle il présente avec fermeté la feuille de route du Parti radical pour les mois à venir. 
 
« La majorité doit être rééquilibrée et cela ne pourra se faire sans notre participation », prévient Gassenbach. Pas question donc de soutenir une autre candidature que celle de Nicolas Sarkozy, « le plus européen des candidats ». Et tant pis pour les militants et la poignée d’audacieux Radicaux qui plaident aujourd’hui pour un engagement aux côtés de François Bayrou. Le PR sera sarkozyste - le temps de la campagne électorale -, ou ne sera pas. 
 
Mais après avoir voté leur départ de l’UMP, juré qu’ils auraient un candidat capable de brandir l’étendard humaniste à la présidentielle et d'incarner cette alternative que le peuple français attend, les Valoisiens prêts à soutenir Sarkozy savent aussi que leur retournement de veste implique de peaufiner un tantinet les apparences. Alors, pour faire taire les mauvaises langues et donner le sentiment que ce ralliement futur résulte d’une longue négociation, Patrice Gassenbach compte sur l’élaboration d’une « plateforme de gouvernement présentée le 21 janvier 2012 et fondée sur dix idées, pour discuter avec la majorité dans le cadre d’un nouveau contrat de législature ». Le tout, porté par un Parti radical indépendant de l'UMP.
 
A ceux qui seraient tentés de parier sur un retour au bercail umpiste des députés radicaux, le patron de la fédé de Paris rétorque : « 93 % des Radicaux ont voté notre sortie de l’UMP, ce n’est pas pour y retourner ! » Pourtant, le courant humaniste lancé mercredi dernier par Jean Leonetti compte dans ses rangs quatorze députés valoisiens, autant d’élus qui auront bien du mal à couper le cordon qui les relie au parti majoritaire. « Ce n’est pas de l’intérieur qu’on peut faire bouger l’UMP », tempête Patrice Gassenbach. 
 
Mais quelle que soit la volonté de ce dernier, le Parti radical peut-il vraiment espérer « se mettre à son compte » et présenter ses propres candidats aux législatives ? Les ambitions d’Hervé Morin, les désaccords des uns et des autres ont fini de ruiner la déjà fébrile Alliance républicaine écologiste et sociale (Ares). Or, sans accord avec le Nouveau centre, membre de l'Ares, le PR a peu de chance de compter un nombre suffisant de députés pour constituer son propre groupe à l'Assemblée nationale. De plus, en concourrant sous la seule étiquette radicale, les députés prennent le risque de se retrouver avec un candidat UMP face à eux. A moins que la menace de candidats indépendants ne soit qu'une ruse de la direction du PR pour négocier quelques postes en cas de réélection de Sarkozy. Ou à faire passer la pilule d'un soutien automatique au candidat de l'UMP.








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